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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Ryan Murphy 2014
The Normal Heart
Direct to DVD le 3 décembre 2014
Article mis en ligne le 6 décembre 2014
dernière modification le 23 février 2016

par Charles De Clercq
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89/100

JPEGSynopsis : The Normal Heart est le récit des débuts de la crise du SIDA à New York au début des années ‘80. Nous voyons un monde dans lequel les activistes pour les droits des homosexuels luttent aux côtés de leurs alliés du monde médical pour une seule et même cause : révéler au grand jour la vérité sur cette nouvelle épidémie dans une ville et un pays qui refusent de voir la vérité.

Le mois de décembre est inauguré par la journée mondiale de lutte contre le sida. A cette occasion, j’aimerais attirer votre attention sur un téléfilm produit par la chaîne HBO, The Normal Heart que je viens de visionner après avoir acheté le BluRay au Canada. Si le film n’est pas disponible sous ce format en Belgique ou en France, en revanche, Warner Home Video le distribue en DVD en Belgique depuis le 3 décembre. Le sujet est difficile, pointu, quasi « communautaire » s’agissant de l’apparition du sida dans la communauté gay de New-York au début des années 1980. Et je dois avouer que HBO y va très fort et que l’on ne peut que saluer le projet.

Des acteurs de talents sont au service de ce film qui est quasiment une action « politique » au sens noble du terme. On retiendra en particulier le rôle du docteur Emma Brookner, joué par Julia Roberts ; celui de Mark Ruffalo dans le rôle de l’écrivain Ned Weeks, activiste gay ; Alfred Monina, dans le rôle de son frère Ben ; Matt Bomer dans celui de son amant Felix Turner, journaliste, mais également le fait que Brad Pitt est un des producteurs exécutifs du film !

Le film pourra paraître « à première vue » ! très communautaire, ciblé LBGT (et là-dedans, plus « G » que les autres) mais, même si c’est indéniable, on aurait tort de passer à côté de ce film qui relate un véritable combat, à défaut d’une guerre qui se situe il y a près de trente-cinq ans ! Dès le premières images le ton, ou plutôt une tonalité est donnée : nous sommes dans un microcosme gay, très très libéré, où se vit une sexualité totalement assumée et qui pourra paraître aux yeux de certains totalement débridée qui y verront probablement une totale débauche. Certaines images sont d’ailleurs surprenantes, même pour un spectateur averti et même si cela se situe dans un flou à l’écran. Ces images et ce climat pourront paraître too much, inutiles et l’on se rendra compte, à la fin du film, qu’elles étaient nécessaires. En effet, elles font apparaître de façon dramatique le contraste entre la vie insouciante et les premiers symptômes d’une malade alors indicible et innommable : une toux, des vertiges et malaise, des tâches sur la peau. Dès ce moment, tout bascule et l’on quitte ce monde « féérique » pour basculer dans ce qui deviendra l’horreur en particulier dans les nombreux sarcomes de Kaposi qui furent un des signes externes de ce que l’on commença à appeler alors « le cancer gay ».


On ne savait rien de plus et si quelques-uns soupçonnaient une transmission par voie sexuelle, certains parmi ceux qui étaient atteints ou risquaient de l’être à plus ou moins court terme y voyaient une façon de les empêcher de vivre leur sexualité de façon totalement libérée !

La sensibilisation sera donc très difficile parce qu’elle sera contrecarrée au sein même des groupements et associations de gays ! C’est tout un combat contre la mort qui frappe et frappe encore ceux qui sont considérés comme des pestiférés, que l’on ne veut même pas ensevelir, eux que certains pensent qu’ils sont frappés d’une malédiction divine à cause de leur vie dissolue.

C’est aussi un combat contre l’administration, celle de New-York, ces des Etats-Unis et en particulier du président Reagan qui tardera très longtemps à prononcer le nom de cette maladie alors si mortelle et d’y engager des fonds.

Alors, il est vrai que ce sont les homosexuels qui ont payé alors le plus lourd tribu à cette maladie, il est vrai que les remèdes et recherches étaient quasi inexistants (voir aussi le très beau film Dallas Buyer Club qui, moins « communautaire » a pu avoir droit aux grands écrans avec également de grands acteurs de talents !). Il n’empêche : c’est un film à voir de toute urgence pour tout homme/femme de « bonne volonté » qui veut s’ouvrir à des réalités du monde. Aujourd’hui, le sida est une maladie chronique et quasi « banalisée » du moins en Occident, parce que son caractère mortel semble dépassé. Le film peut donner l’impression que c’est le genre de vie des gays qui a répandu la maladie mais ce serait une erreur. Nous découvrons aujourd’hui, avec le virus Ebola, que nos société mondialisées sont très fragiles et que, d’une manière ou d’une autre, les organismes pathogènes arrive(ro)nt à se transmettre dans le monde entier à cause de la facilité et de nos moyens de transport.

Au-delà de la question même du sida, le film interroge sur la fragilité de nos sociétés, sur les difficiles combats à mener contre l’obscurantisme et le repli sur soi. Malgré son sujet difficile et controversé et son aspect « communautaire », The Normal heart est à recommander à toute femme, à tout homme qui se sent citoyen d’un monde à construire où des guerres et des combats (non armés) doivent sans cesse être menés.

Voici ce que précise le communiqué de presse :

The Normal Heart, téléfilm HBO réalisé par le lauréat aux Emmy® Awards Ryan Murphy (Nip/Tuck, American Horror Story, Glee) et écrit par le nominé aux Oscars® Larry Kramer, remporta deux Emmy® Awards lors de la dernière cérémonie, dont celle du Meilleur Téléfilm. Le film est basé sur la pièce de théâtre du même titre de Kramer, couronnée d’un Tony® Award, et nous offre une vision choquante sur la politique américaine en matière de SIDA.

Avec le nominé aux Oscars® Mark Ruffalo, Matt Bomer, Taylor Kitsch, le lauréat aux Emmy® Awards Jim Parsons, et l’oscarisée Julia Roberts, le film peut compter sur une palette d’acteurs exceptionnels, interprétant avec maestria cette histoire captivante. The Normal Heart est disponible en DVD à partir du 3 décembre (en bonus : How To Start A War).

On pourra prolonger utilement la lecture de cet article par celle de cette critique sur le blog du cinéma.

Deux bandes annonces (la deuxième non sous-titrée !).

http://www.youtube.com/embed/B_stBv0qY9o
The Normal Heart – Bande Annonce Officielle (VOST) / Julia Roberts / Mark Ruffalo - YouTube
http://www.youtube.com/embed/fZxR9XHS0H8
The Normal Heart | official trailer (2014) HBO Mark Ruffalo Jim Parsons - YouTube

flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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