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CINECURE
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Paolo Sorrentino
The Hand of God (È Stata la Mano di Dio)
Sortie du film le 15 décembre 2021 sur Netflix (et depuis le 01 décembre sur certains écrans de cinéma - dont aux Grignoux, à partir du 22 décembre)
Article mis en ligne le 5 janvier 2022

par Julien Brnl

Genre : Drame, biographie

Durée : 130’

Acteurs : Filippo Scotti, Toni Servillo, Teresa Saponangelo, Luisa Ranieri, Renato Carpentieri, Massimiliano Gallo...

Synopsis :
Naples dans les années 80. Fabietto Schisa, adolescent mal dans sa peau, vit avec sa famille excentrique et haute en couleurs. Mais son quotidien est soudain bouleversé lorsque Diego Maradona, légende planétaire du football, débarque à Naples et le sauve miraculeusement d’un terrible accident. Cette rencontre inattendue avec la star du ballon rond sera déterminante pour l’avenir du jeune homme.

La critique de Julien

Dans un changement de style radical, loin de l’exubérance de son précédent film « Silvio et les autres » (2018), dans lequel il dépeignait un portrait acide et sulfureux du magnat des médias et homme politique Silvio Berlusconi et de son entourage, Paolo Sorrentino revient à du cinéma nettement plus posé, et personnel, avec « The Hand of God », dans lequel il fait référence de manière autobiographique à sa jeunesse. Le cinéaste italien filme alors ici un passage à l’âge adulte magnifiquement filmé dans le Naples des années 1980.

Faisant référence au célèbre but marqué de « la Main de Dieu » par Diego Maradona, validé à la suite d’une erreur d’arbitrage, et ayant permis à l’Argentine de battre l’Angleterre lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1986, « The Hand of God » nous raconte l’histoire du jeune Fabietto (Filippo Scotti), lequel vit avec son père Saverio Schisa (Toni Servillo) et sa mère Maria Schisa (Teresa Saponangelo), à Naples, tandis qu’il partage sa chambre avec son frère aîné (Marlon Joubert). Alors que ce dernier l’emmène à des auditions pour le prochain film de Fellini, Fabietto, lui, souhaite étudier la philosophie à l’université, lui qui n’a pas beaucoup d’amis et pas de petite copine, et passe ainsi son temps à écouter de la musique, le walkman à la ceinture et le casque autour du cou. Les deux frères portent par contre une grande affection pour leur tante émotionnellement troublée, Patrizia (Luisa Ranieri), et partagent une passion pour Diego Maradona, lequel sera d’ailleurs embauché par le SSC Napoli. Mais une tragédie frappera alors leur famille, très dysfonctionnelle et excentrique, remettant dès lors en question leur avenir, et leur faisant atteindre la maturité de la manière la plus cruelle qu’il soit...

Parsemé de références à des cinéastes italiens de l’époque ou encore au folklore napolitain, « The Hand of God » est un film très introspectif, au travers duquel son metteur en scène se remémore ses jeunes années, et ce qui l’a indirectement poussé à entreprendre une carrière de cinéaste, alors qu’il n’en était rien au départ. Grand Prix du Jury et prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir pour Filippo Scott à la Mostra de Venise 2021, son film prend alors le temps de nous imprégner de l’insouciante innocence dans laquelle il a grandi, avant que le destin, tragique, ne vienne frapper à sa porte.

Également filmé d’une main de Dieu, son film est une carte postale qui fige dans le temps ce récit et ces somptueux paysages napolitains, bordés par le Vésuve, là où se rendra Fabietto, profondément interprété par Filippo Scotti, avec son visage d’ange. Le réalisateur met alors à profil tout son savoir-faire pour capturer des moments de cinéma des plus épurés, au regard de la narration de son film, lente et longue, mais au service de l’authenticité de sa démarche, au travers desquels des émotions de la vie aussi diverses qu’opposées se côtoient, et viennent à notre tour nous bousculer. Et même si cette vie ne nous concerne pas, Paolo Sorrentino parvient à nous en imprégner, et à nous toucher, en parlant ici de thèmes universels.

Alors que ledit but de Maradona - donnant son titre au film - émanait d’une tricherie manifeste, celui que marque ici le réalisateur récompensé aux Oscar pour « La Grande Bellezza » en 2014 n’a rien d’une tromperie, le spectateur étant également lui-même arbitre de ces quelques jours d’été, entre comédie et drame, où la vie d’un jeune homme, devenu aujourd’hui cinéaste reconnu, s’est forgée...



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