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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Les critiques de Julien Brnl
The Glass Castle (Le château de verre)
Réalisateur : Destin Daniel Cretton
Article mis en ligne le 18 octobre 2017
dernière modification le 6 août 2019

par Julien Brnl

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 27 septembre 2017

Signe(s) particulier(s) :

  • inspiré de l’histoire vraie de la chroniqueuse mondaine Jeanette Walls, d’après son propre roman autobiographique « Le Château de Verre » ;
  • Jennifer Lawrence était un tant soit peu convoitée pour le rôle de Jeanette, avant qu’il ne soit finalement destiné à l’actrice oscarisée Brie Larson ;
  • la ressemblance avec « Captain Fantastic » (2016) de Matt Ross est, d’extérieur, inévitable, bien que les deux récits, au-délà du road trip, du thème de l’éducation et des relations familiales, soient bien différents.

Résumé : Jeannette Walls, chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique, inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable, elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

La critique

Il y a des films qui vous laissent, comme ça, mine de rien, des marques indélébiles dans la tête, en parlant de la vie, de ses rêves, et de ses réalités, ainsi que de l’importance de la famille. Adapté du roman autobiographique de Jeanette Walls, « Le Château de Verre » est de ceux-là.

Faisant écho au « Captain Fantastic » de Matt Ross, dans lequel Viggo Mortensen interprétait un père de famille veuf élevant ses six enfants à son éducation (hors-système), « Le Château de Verre » en est une version plus dense, plus psychologique, donnant énormément d’importance à la relation père-fille, et donc du regard de cette dernière sur son père. Alors que le personnage de Viggo Mortensen élevait ses enfants à la dure, celui de Woody Harrelson ne cherche ici qu’à fuir les créanciers, et montrer à ses enfants toute l’importance des vraies choses dans la nature, ne se préoccupant pas forcément de leur éducation. Alors oui, il est aussi question d’un road trip, mais les raisons en sont ici toutes autres. C’est pourquoi la ressemblance avec ce film s’arrête ici, tant « La Château de Verre » tend vers une autre voie.

Dans ce film adapté d’un roman autobiographique, il est donc question de l’histoire de Jeanette Walls, fille de Rex Walls et de Rose Mary Walls, un couple de nomades ne répondant pas tout à fait à leurs devoirs de parents. Avec ses deux sœurs et son frère, ils n’ont cessé de vivre au rythme de leurs parents, parcourant le pays à la recherche d’un endroit où habiter, fuyant les créanciers dès qu’ils les rattrapaient.
Le père de famille est ici interprété par Woody Harrelson, qui nous offre à lui seul une partition qui nous renverse. Il est certes un père irresponsable, porté sur la bouteille, utopiste, colérique, mais il est surtout un homme qui n’a jamais cessé de faire croire à ses enfants en un monde de rêves. D’ailleurs, le titre du film tire son nom du palais de verre que ce père leur avait toujours promis, jusqu’au moment où ils fussent assez grand pour comprendre que les fondations de celui-ci ne resteraient qu’un trou à ordures... C’est aussi un père qui faisait comprendre à ses enfants l’importance de suivre son instinct, et ne pas se cacher derrière des idées préconçues, et ses peurs. Et cela, peu importe la manière, comme le montre une scène assez dure et forte du film, où Rex balance sa fille dans l’eau pour lui apprendre à nager, et surtout lâcher le bord, afin de ne jamais se faire couler (par autrui). Traumatisé par des souvenirs d’enfance, le personnage de Woody Harrelson ne laisse pas le spectateur indifférent, tant ses actes et paroles, aussi extrêmes soient-ils, reflètent un personnage incroyablement touchant.

Naomi Watts incarne quant à elle la mère de famille, tout aussi irresponsable, mais tout de même un peu plus réfléchie au niveau de la situation vécue par ses enfants. Cependant, elle les laisse se faire à manger eux-mêmes, pendant qu’elle peint des tableaux à longueur de journée (faut-il encore qu’il y ait quelque chose à manger dans le frigo, dans une maison sans électricité).

Mais le personnage central ici, c’est bien celui de Jeanette, incarnée par Brie Larson, puisqu’il est avant tout question ici de sa propre vision de l’histoire. Elle y joue une fille qui a toujours cru en son père, malgré ses déboires, mais jusqu’au moment où ses promesses firent non tenues, et où, à partir de là, son regard changea vis-à-vis de son père.

« Le Château de Verre » tire, d’une part, sa force de ses dialogues, d’une justesse folle, qui en disent suffisamment pour vous émouvoir, et, d’autre part, de ses acteurs et de leur jeu de regard, qui en disent également bien assez pour en deviner et comprendre toutes leurs émotions, qu’elles soient heureuses ou non. Bien qu’on soit vraiment à un niveau d’interprétation très puissant, c’est l’histoire en elle-même et les rapports qu’elle installe entre ses protagonistes qui rendent ce film si pertinent dans son genre.

Maintenant, et étant donné qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman, on ne peut que constater le caractère nuancé des propos, afin d’atteindre leurs buts, ce qui a tendance à fausser, notamment, les gestes du père, par toujours tendres, voire pardonnables. De plus, on reste parfois confus des réactions du personnage de Jeanette face à cette situation, qui peuvent changer du tout au tout, comme le comportement de son père.

Bande-annonce :

Lien vers la critique de Cinécure



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