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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Guy Ritchie
The Gentlemen
Sortie du film le 26 février 2020
Article mis en ligne le 27 février 2020

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • avant de s’intituler « The Gentlemen », le onzième film de Guy Ritchie s’appelait « Toff Guys », puis « Bush » ;
  • produit par Miramax, l’un des personnages du film se voit ici rencontrer un producteur de la société de production dans ses bureaux, afin de lui vendre son idée de scénario, tandis que l’on peut y voir sur un mur une affiche du film « Agents très spéciaux : Code UNCLE » (2015), réalisé par Guy Ritchie.

Résumé : Quand Mickey Pearson, baron de la drogue à Londres, laisse entendre qu’il pourrait se retirer du marché, il déclenche une guerre explosive : la capitale anglaise devient le théâtre de tous les chantages, complots, trahisons, corruptions et enlèvements… Dans cette jungle où l’on ne distingue plus ses alliés de ses ennemis, il n’y a de la place que pour un seul roi !

La critique de Julien

Après un passage (éclair, mais pas des moindres) chez Walt Disney Pictures, avec son adaptation en prise de vues réelle du film « Aladdin » de 1992 et son milliard de dollars de recette dans le monde, Guy Ritchie revient à ses premiers amours avec « The Gentlemen », situé dans la veine de ses deux premiers films qu’étaient « Arnaques, Crimes et Botanique » (1998) et « Snatch : tu braques ou tu raques » (2000). Pimpante et menée tambour-battant, cette comédie d’action anglaise, développant son intrigue dans le milieu de la drogue, est à savourer comme un bon moment popcorn. Et on vous explique pourquoi !

Plantons le décor en quelques mots (et autant dire que ça parle dans ce film !) : Big Dave (Eddie Marsan), rédacteur en chef du tabloïd Daily Print, est snobé par le baron du cannabis Mickey Pearson (Matthew McConaughey). Humilié, il engagera alors un enquêteur privé (et sacré filou) nommé Fletcher (Hugh Grant), afin d’enquêter sur ses affaires. Fletcher proposera alors de vendre ses nombreuses découvertes (tapées comme un scénario intitulé « Bush ») au bras droit de Pearson, Raymond (Charlie Hunnam), pour 20 millions de livres sterling, alors que Pearson, qui avait commencé à vendre de la marijuana à des camarades privilégiés à l’Université d’Oxford avant de construire son propre empire criminel par la violence, prévoit de vendre son entreprise au milliardaire américain Matthew Berger (Jeremy Strong) pour 400 millions de dollars, afin qu’il puisse prendre sa retraite pacifiquement avec sa femme Rosalind (Michelle Dockery). Évidemment, cette nouvelle va vite se répandre dans toute la ville, et attirer les convoitises, dont notamment celles de Dry Eye (Henry Golding), un underboss travaillant pour le gangster chinois Lord George (Tom Wu), ainsi que, malgré eux, des combattants amateurs d’arts martiaux mixtes, entraînés par « le Coach » (Colin Farrell)...

Pour mettre en scène son scénario, Guy Ritchie a choisi de nous embarquer tout d’abord dans un savoureux flashback raconté au présent, mais dont les retombées suivront plus tard dans le récit. En effet, dans une démarche et mise en abîme dont on comprendra les intentions, l’hilarant Flechter (personnage campé par Hugh Grant, plein d’auto dérision) mettra en place un sacré chantage envers Raymond (excellentissime Charlie Hunnam, qu’il s’offre ici son meilleur rôle), bras droit du trafiquant de drogue sur le départ Mickey Pearson (McConaughey, puissant, imprévisible, intimidant, roi !), et cela vis-à-vis de tout le remue-ménage qu’il a pu photographier autour de la soi-disant mise en vente du business de ce dernier. Raymond écoutera alors, avec attention et exaspération, son interlocuteur lui faire sa petite démonstration, tandis que le spectateur, lui, en découvrira tous les subterfuges et acteurs, venant sans cesse relancer les dés, et donc nos interprétations. Et autant dire que ce petit tour de manège aboutira sur des conséquences et objet(s) de toutes les considérations, mais plus inattendues qu’attendues pour certain(s) !

Même s’il faut quelques minutes pour s’y retrouver étant donné la multiplicité des personnages et de leur(s) rôle(s), « The Gentlemen » est une partie de plaisir pour le spectateur, car pleine de rebondissements en tous genres propres aux films de gangsters, mais tout en gardant une certaine classe. Les acteurs jouent quant à eux ici à contre-emploi dans des rôles succulents, enlevés, et n’ayant pas peur de mouiller la chemise, tandis que l’on sent que cet univers est particulièrement affectionné par son auteur, lui qui marque ainsi ses retrouvailles avec ses vieilles recettes, mais avec panache et habilité. Et à vrai dire, c’est tout cela que l’on retiendra de ce film très divertissant, et pas bête du tout au niveau de son écriture. Maintenant, on n’est pas certain que le film fera longue date pour ce qu’il a à nous dire, c’est-à-dire pas grand-chose...

Jouissif, maniéré et « so british », « The Gentlemen » est un pur film de gangsters et plaisir coupable dont il serait dommage de se priver si l’on apprécie bien évidemment le genre, que Guy Ritchie rafraîchit d’ailleurs ici autant qu’il le maîtrise, mais sans pour autant l’innover.

https://www.youtube.com/embed/8LbwEwJirvQ
THE GENTLEMEN - Bande-annonce VOST - YouTube

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux



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