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CINECURE
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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Paul Schrader
The Card Counter
Date de sortie : 29/12/2021
Article mis en ligne le 6 novembre 2021

par Charles De Clercq

Synopsis : Après avoir purgé une peine de prison, William tente de reprendre sa vie en main et devient joueur de poker professionnel. Rongé par les atrocités qu’il a commises lorsqu’il était soldat en Irak, il erre seul dans les casinos. Il croise alors la route de Cirk, un jeune homme vulnérable qui ne veut qu’une seule chose : se venger d’un colonel qu’il blâme pour la mort de son père. William voit enfin une occasion de faire quelque chose de bien et le prend sous son aile. Mais garder Cirk sur le droit chemin s’avère plus difficile que prévu. William ne va alors plus avoir d’autre choix que d’affronter son passé.

Acteurs : Oscar Isaac, Tye Sheridan, Willem Dafoe, Tiffany Haddish, Joel Michaely

Le synopsis du film en dévoile quasiment toute l’intrigue et il ne sera donc pas question de dire plus sur le déroulement de celle-ci, non pas tant pour ne pas spoiler que parce que l’intérêt du film réside plus dans le cheminement d’un homme et même de deux qui doivent gérer leurs démons personnels (pour William/Oscar Isaac) et familial (Tye Sheridan). Le premier doit gérer son passé d’interrogateur et de tortionnaire dans la scandaleusement célèbre prison d’Abou Ghraib et le scandale qui a fini par fuiter dans les médias à cause de photos imprudemment partagées. Des prisonniers y étaient physiquement et sexuellement abusés, violés, sodomisés, torturés et exécutés. Suite au dévoilement de ce scandale, comme « exécutant » il en a payé le prix en étant emprisonné de longues années alors que les donneurs d’ordres ont échappé aux poursuites. Il ne s’agit pas ici d’une « histoire vraie » narrée dans un film, mais d’une fiction qui s’appuie sur des événements combien tragiques et indignes de notre humanité ! Toutefois (et cela peut rassurer les âmes sensibles) l’on montrera peu d’images de la prison et des scènes d’humiliation et de tortures. Il y a bien quelques images d’archives (en basse résolution) mais surtout une reconstitution de certaines pièces de la prison, filmée en très grand angle et donnant ainsi une ambiance hallucinante à certaines scènes. William rencontrera ainsi, lors d’une de ses tournées de poker [il compte les cartes et ne joue que de petites sommes pour ne pas (trop) attirer l’attention ou, du moins, s’il est repéré, être considéré comme insignifiant] un de ses anciens supérieurs, joué par Willem Dafoe. Et, à dire vrai, malgré l’aura de cet acteur, il sera très peu présent à l’écran. L’essentiel, du film tient au jeu en nuance, en intensité en tension accumulée d’Oscar Isaac. Face à lui, deux autres personnages sont importants : Linda (Tiffany Haddish) qui est à la tête d’une agence de joueurs de poker et qui aimerait y intégrer William ; ensuite, et surtout, Cirk, interprété par Tye Sheridan. Souvenez-vous : il jouait pour la première fois il y a dix ans dans The Tree of Life de Terrence Malick ! Ensuite Mud de Jeff Nichols, et bien d’autres films dont la saga X-Men où il incarne Scott Summers/Cyclope ! Pas mal de chemin donc. Ici aussi, il est confronté à son passé, ou plutôt celui de son père qui fut également tortionnaire dans la prison d’Abou Ghraib.

William va prendre ce jeune sous son aile, tenter de l’aider (au besoin en changeant les règles de son jeu ! et avec les risques que cela comporte) pour arriver à une double confrontation, avec Cirk tout d’abord et ensuite le colonel John Gordo (Willem Dafoe) pour arriver à une conclusion inattendue et pourtant probablement la seule permettant d’exorciser les démons des uns et des autres ! Le film tient donc beaucoup du développement « psychologique » des personnages, de leur évolution. Si le fait que le « terrain de jeu » du film est l’univers du poker, d’une part et si, d’autre part, il n’est pas nécessaire de connaître ce jeu pour voir le film, il n’empêche que pour seconde (mais pas secondaire) que soit cette dimension liée au monde du poker, la connaissance de celui-ci apportera un plus au spectateur (tout comme un joueur d’échecs appréciera plus un film ou une série qui se déroule dans le milieu échiquéen). En effet, alors que nous ne connaissons rien au poker, il nous a semblé que certaines scènes (possiblement jouées dans de vraies compétitions ?) montraient une « vraie » partie en cours avec ses enjeux, la tension sous-jacente, le bluff, etc.



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