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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour RCF.

Les critiques de Julien Brnl
The Bookshop
Réalisateur(s) : Isabel Coixet
Article mis en ligne le 19 juillet 2018
dernière modification le 26 juillet 2018

par Julien Brnl
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« The Bookshop » manque clairement du classisisme anglais et de la finesse de son auteure, Penelope Fitzgerald. Quoi qu’il en soit, le film devrait plaire aux nostalgiques pour sa reconstitution, et aux friands de conflits à petite échelle, et de luttes (personnelles). - 12/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 18 juillet 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du roman du même nom de Penelope Fitzgerald paru en 1994 ;
  • Goya du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario adapté lors de la 32e cérémonie des Goya (cérémonie de récompenses cinématographiques espagnoles au même titre que les César ou Oscar) en février dernier ;
  • troisième collaboration entre l’actrice américaine Patricia Clarkson et la réalisatrice espagnole Isabel Coixet, après « Elegy » (2008) et « Learning to Drive » (2014).

Résumé : Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l’Est de l’Angleterre. Mais quand Florence Green, une jeune veuve, décide d’y ouvrir une librairie, elle découvre l’enfer feutré des médisances, puis l’ostracisme féroce d’une partie de la population. Alors que la très influente Violet Gamart monte les habitants contre son projet, Florence trouvera un soutien précieux auprès du mystérieux Mr Brundish, qui trouve que cette petite ville a bien besoin d’un souffle nouveau.

La critique

Nous sommes 1959, en Angleterre, dans la petite ville côtière fictive de Hardborough, dans le Suffolk, où Florence Green, une veuve d’âge moyen, décide, avec passion et sacrifices, d’ouvrir une boutique de livres dans une vieille maison humide, abandonnée depuis cinq ans. Sauf que l’influente Violet Gamart avait en tête un autre projet pour ce lieu, soit d’y installer un centre d’art... Faisant aller ses filons, profitant de son entourage et de sa réputation, elle fera alors tout pour arriver à ses fins, tandis que Florence Green pourra compter sur l’aide de Mr. Brundish, un homme solitaire très respecté, et fidèle client de sa boutique...

« The Bookshop » ravive de vieilles tensions entre gens primitifs et renfermés, bien bornés à vivre dans leurs vieilles casseroles et ressasser le temps passé, et gens ambitieux et optimistes, prêts à tourner sa page, et changer un peu les mentalités.

Dans le cas de cette femme, le pari est d’autant plus audacieux que personne ne semble intéressé par la lecture, d’où l’idée d’une motivation, de partage et d’initiation encore plus forte. Mais c’est sans compter sur la médisance, et le pouvoir de certain d’isoler quelqu’un qui ne plaît pas, de manière injuste et répugnante. C’est Emily Mortimer qui interprète cette femme forte, droite dans ses bottes, et déterminée à croire en son rêve, tandis que Patricia Clarkson joue le sale rôle, bien que son personnage semble très peu assumer son image et ses messes basses. Et puis, il y a tout l’entourage de cette dernière, et pantin de service, venant cracher, d’une manière ou d’une autre, son venin sur cette boutique de livres. Heureusement, deux personnages viennent contrebalancer cette ignoble méchanceté, dont celui qu’interprète Bill Nighy.

Arriérée, la réalisation d’Isabel Coixet se devait de moderniser ses propos, ne fût-ce que par sa mise en scène, afin de ne pas rendre le tout désuet. Malheureusement, force est de constater qu’on a l’impression d’assister à un téléfilm plan-plan bien plus qu’à une œuvre de cinéma. Et puis, on a bien du mal à comprendre l’acharnement suranné en cause contre cette pauvre femme, et davantage la vision artificielle, et sans approfondissement, des rapports humains ici établis.



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