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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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John Chester
The Biggest Little Farm
Sortie le 12 juin 2019
Article mis en ligne le 23 juin 2019
dernière modification le 24 juin 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • documentaire de John Chester, lui a qui l’on doit déjà des courts métrages ainsi que des séries télévisées, tandis que son travail à jusqu’à maintenant été récompensé de Emmy Awards ;
  • relate l’histoire de l’Apricot Lane Farms, soit une ferme de régénération que Chester et son épouse Molly ont créé à Moorpark, en Californie, à partir de 2011.

Résumé : Tout a commencé par une promesse faite à leur chien... Pas loin de Los Angeles, le réalisateur John Chester et sa femme Molly essaient de transformer un terrain aride et usé en une ferme unique, à l’écosystème florissant et autorégulé ; un défi qui présente pas mal d’obstacles. « The Biggest Little Farm » nous montre un portrait franc, magnifiquement photographié, et exceptionnellement touchant de ce long mais fascinant processus pour vivre en harmonie avec la nature, en abordant non seulement les réussites mais également les rudes épreuves à traverser. Un film juste, révélateur et nécessaire, une ode à l’immense complexité de la nature et au cycle de la vie.

La critique de Julien

Il y a huit ans, John et Molly Chester ont reçu une notification d’expulsion de leur appartement de Santa Monica, suite aux aboiements ininterrompus de leur chien adopté, Todd, et cela à chaque fois qu’ils quittaient l’appartement. Pourtant, impossible de s’en séparer, d’autant plus qu’ils lui avaient fait la promesse qu’il ne connaîtrait plus d’autres familles. C’est à ce moment-là qu’est venu au couple l’opportunité de concrétiser le projet de leur rêve, soit régénérer une ferme, où Todd pourraient ainsi aboyer autant qu’il le souhaite, sans jamais gêner personne. Ce choix les a alors amenés à 40 km au nord de Los Angeles, et à 20 km à l’est de Ventura, à Moorpark, en Californie, où ils ont pu acquérir deux-cents hectares de terre à l’aide d’investisseurs très intéressés par leur projet. Le but était alors de redonner vie à cette immense parcelle, dans l’optique de créer un écosystème écologique en parfait harmonie avec la nature, avec l’idée utopique de pouvoir la contrôler... Malheureusement, la terre à cet endroit était dépourvus de nutriments, et souffrait des conséquences d’une grave sécheresse...

« The Biggest Little Farm » retrace alors les huit années de dur labeur réalisé par le couple, aidé par des bénévoles venus des quatre coins du monde, ainsi et surtout que par Alan York, l’un des conseillers et consultants en sol, en plantes et en biodynamie les plus respectés au monde, lequel est malheureusement décédé en février 2014, des suites d’un cancer. Ce fut à l’époque le premier obstacle auquel a dû faire face le couple. Puis, à force d’une série de désillusions, les Chester ont dû abandonner leur idéologie d’une complète coexistence avec la nature. Ou en tout cas, ils ont dû revoir leur copie pour y arriver, soit en prenant le temps de comprendre la complexité, la sagesse, et les règles de la nature, de prime à bord imprévisible. Ils ont alors compris qu’il fallait d’abord l’observer, et trouver des solutions plutôt que de l’affronter, elle qui sera toujours plus forte que l’humain. Avancer au jour le jour, et essayer de nouvelles idées en respect avec la biodiversité afin de rebondir sur les épreuves douloureuses (comme la destruction de leurs arbres fruitiers par les oiseaux, la mort de dizaines de poules par des coyotes, etc.), telle était leur nouvelle devise.

Aujourd’hui, l’Apricot Lane Farm est devenu un écosystème équilibré, où ses sols riches produisent des aliments denses en nutriments, elle qui traite l’environnement et les animaux avec respect. D’ailleurs, les Chester accueillent quotidiennement du public venu parfois de très loin, car intéressé par leur agriculture traditionnelle et régénératrice, laquelle est en train de connaître un essor certain. Et sans doute encore un peu plus avec ce documentaire, réalisé au départ avec des images qui n’étaient pas censées faire partie d’un long métrage. Mais John Chester est un cameraman surdoué, récompensé par cinq Emmy Awards, lequel sait capturer les instants inspirants. D’ailleurs, c’est vrai que « The Biggest Little Farm » l’est totalement, lui qui fédère l’envie de s’y mettre à son tour.

Le documentaire suit ainsi la création de cette ferme dans les grandes lignes, tout en n’oubliant pas de montrer aussi bien les réussites que les échecs passés, lesquels ont pourtant été nécessaires pour ouvrir les consciences, et permettre aujourd’hui de vivre en (parfaite) harmonie sur ces terres avec la nature, en tant qu’alliés. Le montage de John Chester favorise ainsi toutes les bonnes intentions du monde, tout comme l’importance de ne jamais baisser les bras. Aussi, sa voix-off et la bande-originale offrent une touche de sentimentalisme au tout, tandis que John Chester y filme des images colorées de la nature (et même familiales) absolument sublimes, lesquelles apportent aussi leurs graines. On pourrait par contre reprocher au documentaire d’être un peu trop centré sur son cas, et emballé dans sa forme, appuyant ainsi une certaine empathie manipulée. Mais qu’importe, puisqu’elle sert ici le propos, et nous permet de passer un agréable moment de cinéma différent, humain et au contact de la nature, duquel on ressort vivifié, et plein d’espoir...



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