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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Max Minghella
Teen Spirit
Sortie du film le 10 juillet 2019
Article mis en ligne le 31 juillet 2019
dernière modification le 2 août 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • première réalisation pour le comédien Max Minghella, connu notamment pour ses rôles de Divya Narendra dans « The Social Network » de David Fincher, et de Nick Blaine dans la série Hulu « The Handmaid’s Tale » ;
  • produit par Fred Berger, notamment producteur de « La La Land » ;
  • la chanteuse Carly Rae Jepsen a écrit une chanson originale pour le film, intitulée « Wildflowers ».

Résumé :
Violet, une adolescente passionnée par le chant, rêve de quitter sa petite ville et de devenir pop star. Affublée d’un mentor improbable, elle participe aux auditions de TEEN SPIRIT, un télé crochet musical national, une expérience qui mettra à l’épreuve son intégrité, son talent et son ambition…

La critique de Julien

Pour ses premiers pas en tant que réalisateur, l’acteur Max Minghella s’est intéressé au destin de Violet, une adolescente d’origine polonaise, laquelle rêve de devenir une pop-star, et de quitter son petit village de l’île de Wight, loin de son environnement dépressif et de sa vie de famille brisée. Heureusement pour elle, le télé-crochet « Teen Spirit » organise un casting près de chez elle. Soit pour elle l’occasion en or de tenter sa chance, malgré les réticences de sa maman...

On devait déjà à l’acteur principal de la série à succès « The Handmaid’s Tale : la Servante écarlate » le scénario du film inédit d’Alexandre Aja « La 9ème vie de Louis Drax » (2016), d’après le roman à succès du même titre de Liz Jensen (2004). Voilà qu’il signe également celui de « Teen Spirit », dans lequel il dirige la jeune actrice Elle Fanning, devenue le plus jeune juré de Cannes de l’histoire, elle qui faisait partie du Jury de la compétition internationale du 72ème Festival de Cannes, présidé par Alejandro González Iñárritu, en mai dernier. Alors qu’elle reprendra le rôle de la princesse Aurora dans « Maléfique : Maîtresse du Mal » en octobre prochain, on la retrouvera avant cela dans le (dernier ?) film de Woody Allen « A Rainy Day in New York » en septembre. Un film dont on reparlera donc prochainement, étant donné sa distribution compliquée suite à la rupture de contrat d’Amazon Studios avec le cinéaste, suite à la réitération des accusations de sa fille adoptive, Dylan Farrow, datant de 1997, selon lesquelles elle aurait été violée par celui-ci, ce qu’il a toujours nié. Au contraire de ses partenaires de jeu (dont Rebecca Hall, Selena Gomez et Timothée Chalamet), Elle Fanning aurait refusé de s’excuser directement d’avoir travaillé avec le réalisateur controversé, bien qu’elle regrette « d’avoir travaillé » avec Woody Allen si cela « blessait quelqu’un ». Tout cela pour dire que l’actrice semble s’affirmer de plus en plus, elle dont les choix de carrière semblent par contre encore manquer de nuances, en témoigne son premier rôle dans ce drame musical.

Le point de départ du film n’est pour ainsi dire pas des plus originals, étant donné que l’on découvre la vie très amère de son personnage, entre les moqueries qu’il subit à l’école, son manque de confiance en soi, et la situation familiale qu’il vit, étant donné l’absence paternelle, tandis que sa mère se refuse de vendre la maison familiale, dans l’espoir que son père revienne un jour. En attendant, c’est Violet qui doit aider financièrement sa maman à payer les factures... Bref, c’est loin d’être une vie de star ! Mais sa rencontre avec Vlad (Zlatko Burić, notamment vu dans la trilogie « The Pusher » de Nicolas Winding Refn), le client d’un bar dans lequel elle chante pour gagner de l’argent, lequel n’est autre qu’un ancien chanteur d’opéra reconnu à la retraite, va changer la donne, et lui faire pousser des ailes, sous ses conseils de manager !

Malgré sa bienveillance, on a déjà vu mille fois le schéma du poulain pris sous les ailes de son mentor, lequel ne pourra cependant pas tout contrôler, tandis que l’élève devra apprendre de ses propres erreurs. Cela en devient même parfois énervant, tant Violet manque d’expérience, laquelle se laissera d’ailleurs dangereusement manipuler par le monde de requin qu’est celui du divertissement et du disque.

« Teen Spirit » n’est pas donc pas très audacieux en termes d’écriture, et se limite à suivre le quotidien prévisible de cette future artiste à en devenir, qui se découvre aussi bien en tant que femme, qu’artistiquement. Cependant, la mise en scène reste efficace, et dès lors très pop. De ses couleurs néons très flashy à une caméra très vivace filmant de jolis plans-séquences, Max Minghella fait preuve d’une belle maîtrise de son film, renforcée par l’interprétation toute en fraîcheur (pâle) de son interprète principal, lequel parvient ainsi à capter de vrais petits moments de grâce. De plus, la musique signée Marius De Vries (producteur de la bande originale de « La La Land », lequel a également co-écrit la chanson « Start a Fire » aux côtés de John Legend, Justin Hurwitz et Angelique Cinelu, et a joué un petit rôle dans le film en tant que directeur de casting), électrisante, est particulièrement appréciable, quand on sait d’autant plus qu’Ellen Fanning a donné de sa propre voix. Ainsi, les tubes de No Doubt, Ellie Goulding, Robyn, Kate Perry, Owl City, Tegan et Sara, Annie Lennox, ou encore de Major Lazer sont revisités, notamment pour les besoins du concours en question, tandis que l’on a droit à du Sigrid pour le bouquet final, avec son « Don’t Kill My Vibe » ; artiste que l’on adore particulièrement, et que l’on aura la chance d’applaudir le mercredi 20 novembre prochain à l’Ancienne Belgique à Bruxelles ! Tout ça pour dire que le fan de musique pop et commerciale devrait être comblé par les choix musicaux de la bande-originale du film, allant de pair avec la fougue et la jeunesse de Violet.

Pour une première réalisation, « Teen Spirit » ne laissera malheureusement pas de grands souvenirs en tête, tandis que son scénario, déjà pas très épais, ne passe pas à côté de quelques clichés. Par contre, Max Minghella prouve qu’il sait filmer et capter le regard du spectateur, bien que sa mise en scène ressemble à celle des frères Safdie ou à celle de Winding Refn, dans laquelle Ellen Fanning a d’ailleurs déjà pu expérimenter ses talents. Souvenez-vous, c’était dans « The Neon Demon », en 2016. En attendant, la demoiselle grandit, et fait évoluer son jeu d’actrice dans cette version cinématographique de « The Voice », en attendant de la retrouver dans le rôle qui va définitivement changer sa carrière, aux yeux de la critique, et du grand public.



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