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Harry McQueen
Supernova
Sortie du film le 18 août 2021
Article mis en ligne le 9 septembre 2021

par Delphine Freyssinet

UNE HISTOIRE D’AMOUR ET DE PREUVE D’AMOUR

Synopsis : Sam (Colin Firth) et Tusker (Stanley Tucci) s’aiment depuis 20 ans. Ils prennent leur vieux camping-car, et sillonnent l’Angleterre pour rendre visite à la soeur de Sam et sa famille, qui vivent dans la maison d’enfance de Sam, où leurs amis vont les rejoindre. Ce retour sur les lieux de leur jeunesse, c’est à la fois un pèlerinage et un voyage d’adieux, leur dernier voyage ensemble. Tusker va mourir. Il a une maladie incurable. Il est atteint de démence précoce. Il décline, même s’il essaie de le cacher et qu’il prend cette échéance avec philosophie.
Face à lui, Sam essaie de faire bonne figure, de tenir, d’être là avec lui jusqu’au bout pour profiter de chaque minute, désormais comptée donc précieuse.

Casting : Colin Firth (Sam), Stanley Tucci (Tusker), Pippa Haywood (Lilly), Peter MacQueen (Clive)

Points particuliers : une supernova est une gigantesque explosion caractéristique de la fin de vie d’une étoile. Une référence à la passion de Tusker, l’astronomie, mais aussi une métaphore de ce conte à la fois intime et universel.

Une main qu’on prend en conduisant pour montrer qu’on est là, des petites chamailleries à propos de l’utilisation du gps ou pas, des éclats de rire quand Sam et Tusker se retrouvent dans le lit d’ado à une place de Sam... Une ode aux petits riens du quotidien, à la tendresse, la complicité, sur fond de paysages anglais d’une beauté à couper le souffle.
Un film qui pose une question essentielle : comment réussit-on à continuer à vivre à aimer et à rire quand on se sait condamné ?

C’est un conte intime et universel à la fois, porté, magnifié par deux acteurs absolument formidables, tout en retenue et en générosité à la fois. Un duo magique, parfait, évident tant l’alchimie entre les deux, Colin Firth et Stanley Tucci, est forte.

Finalement, ce n’est pas un film sur la fin de vie et le droit à mourir dignement même si ces thèmes sont en creux, ce n’est même pas un film parlant d’homosexualité, elle est là, acceptée évidente, ce n’est pas le sujet du film.

Mais c’est surtout un film qui parle d’amour et de preuve d’amour. Sur l’importance de vivre chaque seconde comme si c’était la dernière. L’impuissance de Sam face à la maladie qui emporte son compagnon, sa volonté d’être là jusqu’au bout, quand Tusker lui attend une autre preuve d’amour, celle de le laisser partir.

Des scènes muettes bouleversantes, quand Tusker sort du camping car alors que Sam fait quelques courses, et qu’il disparaît. Sam le retrouve un peu plus loin, Tusker apparaît perdu, confus la caméra les montre en plan large... Autre scène poignante quand Sam découvre que Stanley, écrivain réputé, ne parvient plus à écrire. Des bouts de phrases dans un carnet qui deviennent des gribouillis illisibles au fil des pages, montrant ainsi toute sa personnalité qui s’effiloche.

Il y a de la dignité, de la pudeur dans cette intimité, une sensibilité sans sensiblerie dans ce film qui nous touche profondément.

Pour Tusker, “On ne mourra pas par manque de merveilles, mais par manque d’émerveillement”.

En voyant ce film, on ne risque pas de mourir tout de suite alors, tant on est bouleversé, mélancolique mais émerveillé.