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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Aaron Horvath et Michael Jelenic
Super Mario Bros. le Film
Sortie du film le 05 avril 2023
Article mis en ligne le 8 avril 2023

par Julien Brnl

Genre : Animation

Durée : 92’

Acteurs : Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Charlie Day, Jack Black, Seth Rogen, Keegan-Michael Key, Fred Armisen...

Synopsis :
Alors qu’ils tentent de réparer une canalisation souterraine, Mario et son frère Luigi, tous deux plombiers, se retrouvent plongés dans un nouvel univers féerique à travers un mystérieux conduit. Mais lorsque les deux frères sont séparés, Mario s’engage dans une aventure trépidante pour retrouver Luigi. Dans sa quête, il peut compter sur l’aide du champignon Toad, habitant du Royaume Champignon, et les conseils avisés, en matière de techniques de combat, de la Princesse Peach, guerrière déterminée à la tête du Royaume. C’est ainsi que Mario réussit à mobiliser ses propres forces pour aller au bout de sa mission.

La critique de Julien

Après la désastreuse première adaptation (en live) au cinéma de Rocky Morton et d’Annabel Jankel, portée par Bob Hoskins, John Leguizamo et Dennis Hoppersortie, et sortie en 1993, le mythique jeu Nintendo « Super Mario » a (enfin) droit à une seconde chance ! Or, c’est au studio d’animation Illumination (« Moi, Moche et Méchant », « Tous en Scène », etc.) de Chris Meledandri qu’on la doit, et cela avec le feu vert de Shigeru Miyamoto, directeur mandataire de Nintendo et créateur du personnage iconique de la culture pop. Après les récents succès commerciaux animés de la Paramount des aventures du hérisson anthropomorphe bleu et extraterrestre Sonic capable de courir à des vitesses supersoniques, lequel avait déjà fait la joie de SEGA depuis sa création en 1991 par Yuji Naka pour son jeu de console, place donc à celles des deux frères italo-américains Mario et de Luigi, installés à Brooklyn. Le film s’ouvre alors sur une mise en bouche musclée, où l’on y découvre l’ennemi juré de Mario, Bowser, s’approprier l’étoile Super Star de l’invincibilité après avoir détruit le Royaume Pingouin, lequel a pour objectif de s’attaquer à celui de la Princesse Peach, à moins qu’elle n’accepte de l’épouser. Alors qu’ils viennent difficilement de lancer une entreprise de plomberie malgré les réticences de leur père, les deux frères vont, quant à eux, se retrouver, en pleine mission dans les souterrains de la ville, aspirés dans un célèbre tuyau warp de distorsion, lequel les conduira dans une dimension alternative, qui sera celle du Royaume Champignon, où vivent Bowser et Peach. Sauf qu’ils se retrouveront séparés en chemin, Luigi étant transporté dans les Terres Sombres de Bowser, dirigeant les soldats fantassins Koopas, ressemblant à des tortues. C’est là que le premier rencontrera Toad, un humanoïde avec une tête en forme de champignon, lequel le conduira à la Princesse, tandis que le second jouera l’appât pour Bowser, voyant d’un mauvais œil le rapprochement entre Mario et celle qu’il convoite...

D’entrée de jeu, « Super Mario Bros. le Film » sort l’artillerie lourde, et nous fait comprendre qu’il ne fera pas dans la demi-mesure. Bourré de clins d’œil et d’easter eggs relatifs au jeu vidéo et à ses nombreuses extensions, cette (première) aventure se révèle visuellement très riche. Le film d’Aaron Horvath et Michael Jelenic (à qui l’on doit la série animée et télévisée « Teen Titans Go ! »), écrit entièrement par Matthieu Fogel (qui a coécrit « Les Minions 2 » et « La Grande Aventure Lego 2 »), s’avère surtout être un pot-pourri extrêmement généreux de l’univers de Mario, destiné avant tout aux fans et aux enfants, alors que l’intrigue passe d’un décor à l’autre sans réel lien scénaristique ni pertinence. Il faudra, par exemple, à Mario affronter Donkey Kong au Royaume de la jungle afin que le roi Cranky Kong accepte de l’aider, tandis qu’il tentera une embuscade envers son ennemi en passant - évidemment - en kart sur une route arc-en-ciel. C’est alors lorsqu’il propose des séquences filmées de profil, à l’image d’un digne niveau de jeu de celui d’une Super Nintendo que le film charme, avec en prime l’utilisation de power-ups (d’étoiles, de champignons, de fleur, etc.), permettant à Mario et compagnie d’obtenir des pouvoirs particuliers, qui les aideront au combat.

Le studio Illumination, devenu une filiale indépendante d’Universal à la sortie de « Moi, Moche et Méchant » (2010), étonne alors par la qualité de son animation, fluide et vive, alors que le film a été réalisé dans le studio français Mac Guff Ligne, basé à Paris. Sans temps-morts, « Super Mario Bros. le Film » se regarde sans véritables fausses notes, à un rythme effréné. Mais difficile pourtant de ne pas s’y voir autre chose qu’un produit marketing rondement mené. D’ailleurs, en termes d’enjeux, le scénario suit ici une trame balisée, qui ne sort jamais du cadre, pauvre en messages, outre peut-être celui de la persévérance. Court d’à peine nonante minutes, le film esquisse d’ailleurs, malgré lui, la psychologie de ses petits personnages, pourtant très puissants et en quête d’indépendance. Le passé de Peach et sa condition de Princesse en détresse, ou encore le lien de fraternité entre lesdits frères sont ici contournés au profit de l’action en pilotage automatique et de la démesure de fan-service, nourrie aux champignons malheureusement non hallucinogènes. Aussi, l’humour ne fait guère de vague, si ce n’est via un Luma bleu brillant, soit une créature toute mignonne en forme d’étoile (apparue pour la première fois dans « Super Mario Galaxy »), enfermée ici dans un cachot de Bowser, aspirant alors joyeusement et amusement à la mort, au néant et au vide. C’est que les créateurs du film ne surfent ici aucunement sur les ouvertures établies au sein de jeu pour en faire éclore de l’humour entre ses personnages, préférant ainsi que le film reste le plus accessible possible, et compréhensif pour les néophytes. Outre ainsi le (rare) comique de situation, on peut compter sur Bowser, lequel s’octroie ici de talents de chanteur vulnérable (doublé en version originale par Jack Black) déclarant, au piano, sa flamme à Peach, ce qui va à l’encontre de son image et carrure démoniaque...

Alors qu’il s’ouvre sur le logo Nintendo et le thème musical de Koji Kondo, incorporé d’ailleurs à la partition musicale de Brian Tyler, au même titre que les célèbres « Take on Me » de a-ha ou « Thunderstruck » d’AC/DC, « Super Mario Bros. le Film » devrait donc largement faire plaisir à tous ceux qui ont joué à Mario, empreint de nostalgie et de plaisir à retrouver ses célèbres personnages, ainsi qu’aux familles. Cependant, le film ne s’avère pas aussi créatif que la franchise, tout comme il manque finalement d’un scénario à la hauteur de son adaptation. Bref, c’est un divertissement aussi fun que fade, mécanique, voué à faire la gloire de son effigie, et engendrer des millions de dollars de recette, quitte à vendre son âme au diable...



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