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CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Clint Eastwood
Sully
Sortie le 30 novembre 2016
Article mis en ligne le 29 octobre 2016
dernière modification le 5 décembre 2016

par Charles De Clercq
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Une histoire remarquable qui condense le temps et rend gloire à des héros ordinaires.
Sully, un « capitaine fantastique » : 40 ans d’expérience... jugé sur 208 secondes. 83/100

Synopsis : Le 15 janvier 2009, l’incroyable se produit : un avion qui vient de subir une terrible avarie réussit à se poser sans encombre sur les eaux glacées du fleuve Hudson, au large de Manhattan. Bilan : les 155 passagers ont la vie sauve ! Un exploit hors du commun accompli par le commandant « Sully » Sullenberger, bientôt relayé par les médias et l’opinion publique. Partout dans le pays, la presse s’empare du « miracle sur l’Hudson ». Et pourtant, alors même que le pilote est salué comme un héros, une enquête est diligentée qui menace sa réputation et sa carrière…

Acteurs : Tom Hanks, Anna Gunn, Laura Linney, Aaron Eckhart.

 Encore une histoire vraie par Eastwood !?

Les derniers films de Clint Eastwood s’ancrent dans la « vie réelle » (J. Edgar en 2011, Jersey Boys en 2014 et American Sniper la même année) en nous proposant des mises en scènes de faits « réels » que l’on ne peut qualifier de « divers » ! Plusieurs pensaient ou pensent le réalisateur trop âgé, réactionnaire et mettant en valeur des figures emblématiques de la droite républicaine. A tel point qu’un jeune critique de mes amis terminait son article sur American Sniper par : « Il faut se faire une raison, la belle époque de Clint est belle et bien derrière nous. ». J’étais, et de loin, plus enthousiaste sur ce film, même si à la question qui m’était posée à l’antenne « Un Clint Eastwood qui semble-t-il réussit très bien comme réalisateur ?  » je répondais « Clint !? Il vieillit un peu... » en ajoutant que l’on aimerait « vieillir comme cela et aussi que d’autres jeunes et fougueux réalisateurs fassent aussi bien que le Clint de 2014 » ! Ici encore, deux ans plus tard, Clint Eastwood arrive à émerveiller avec la mise en valeur d’un pilote ’ordinaire’ qui a fait de l’extraordinaire, Chesley ’Sully’ Sullenberger, un « capitaine fantastique ». Il est interprété brillamment par Tom Hanks qui après un rôle éblouissant dans Bridge of Spies avait déçu dans A Hologram for the King (mais le problème ne tenait pas à lui, c’était le film lui-même, boiteux, caricatural et aux nombreux clichés, qui posait problème) ou dans Inferno sur lequel on ne s’appesantira pas. Cette fois, Clint Eastwood adapte le roman Highest Duty : My Search for What Really Matters (en) de Chesley Sullenberger et Jeffrey Zaslow.

 L’histoire vraie de héros ordinaires

L’histoire remonte à 2009. C’est celle du vol 1549 US Airways et de l’amerrissage d’urgence dans le fleuve Hudson, face à Manhattan, cinq minutes après le décollage. C’était le troisième amerrissage connu d’avions de ligne dont tous les passagers et membres d’équipage sont sains et saufs. C’était le 15 janvier 2009. Un événement dont tout le monde ne se souvient pas, mais qui m’avait marqué, car c’était deux jours après le décès de mon père dont je célébrais les funérailles, le lendemain, vendredi 16 janvier 2009. Une seule chose dont je n’avais pas le souvenir : le « procès » qui a suivi les événements (j’y reviendrai). Autant dire que le film était sans aucun suspens tant l’issue était connue.

Et c’est tout le talent du réalisateur de n’avoir pas fait un banal « film catastrophe ». En revanche, il insiste sur l’humain avant tout. Si le film montre bien un exploit extraordinaire, celui d’un homme, il montre également que si l’avion a pu se poser dans l’Hudson avec l’ensemble de ses occupants en vie, ceux-ci ne doivent leur salut qu’à la rapidité des secours (à cette époque de l’année, la température de l’eau est glaciale). Clint Eastwood et Sully rendent ainsi témoignage à de très nombreuses personnes. Malgré le titre du film, c’est donc à celles-ci qu’un hommage est rendu. Toutefois, le film ne se limite pas à mettre l’accent sur ces hommes et ces femmes qui ont permis que tous soient en vie (les deux photos de ce paragraphe sont celles celles du 15 janvier 2009 !).

 Un suspens malgré tout ?

Si j’ai intégré le souvenir de cet exploit à un autre lié à ma sphère familiale, c’était pour mettre en avant que je n’avais aucun souvenir du passage devant une commission mise en place par la National Transportation Safety Board et dont une photo est mise en tête de cet article. Normal, car les auditions n’ont débuté qu’un an et demi plus tard. Le film les place quelques heures après l’amerrissage et même si cela se fait au détriment de l’historicité, ce ne sera pas au préjudice de la vérité. Le film ajoute de la fiction ou modifie le temps pour ajouter à l’intensité dramatique et faire basculer le suspens dans une autre dimension puisque l’issue de ce vol de cinq minutes est connue de tous. En revanche, celle des décisions prises par le Conseil National de la sécurité des transports ne l’est pas. Toute la question sera de savoir si le pilote et son copilote Skyles (qui n’avaient fait connaissance dans la vraie vie que quelques jours auparavant !) ont pris la bonne décision. Or, il semble bien que les simulateurs de vol disent le contraire, tant lors de simulations informatiques qu’« humaine » (ce sont de vrais pilotes qui ont été filmés dans ces simulateurs). C’est là où l’intrigue apporte son lot de suspens. Certes, il y a bien une réitération des images d’amerrissage, mais pas du tout dans le sens d’un « film-catastrophe » !

 Les atouts du film !

Sully est donc un film à voir absolument. Tout d’abord pour la qualité et le sérieux du travail de Clint Eastwood qui puise également dans une expérience personnelle, lorsqu’il était militaire à 21 ans : « Le temps était orageux et l’avion a piqué du nez vers Point Reyes, en Californie, et s’est posé en plein Pacifique : je me suis retrouvé dans l’eau, à nager sur quelques kilomètres en direction du rivage, en me disant que 21 ans était un peu jeune pour mourir ». Il poursuit : « J’imagine qu’après avoir vécu une situation un peu semblable, si j’avais été pilote, j’aurais tenté un amerrissage plutôt que de prendre le risque de faire atterrir l’avion sur une zone sans piste d’atterrissage », et encore « Sully connaissait bien les lieux (...) Il savait où se trouvaient les héliports et les ferrys, si bien qu’il a choisi l’endroit où les secours pouvaient rapidement accéder aux victimes. Ce n’est pas comme s’il avait posé l’avion en plein océan : il savait qu’on les repérerait assez vite ». Le réalisateur a également rencontré différents protagonistes dont certains jouent dans le film, parfois même leur propre rôle (sans compter, à la fin, les passagers sauvés et le « vrai » capitaine Sully, témoignant devant l’appareil sauvé des eaux, lui aussi et exposé au Carolinas Aviation Museum (en) à Charlotte, en Caroline du Nord). Ajoutons un Tom Hanks tout en finesse et profondeur et physiquement très ressemblant, avec à ses côtés Aaron Eckhart dans un second rôle d’une étonnante sobriété par rapport aux quelques derniers films dans lesquels il a tourné. Outre la qualité de la préparation, il faut ajouter les lieux de tournages proches des lieux réels (et parfois identiques), ainsi que la qualité de reconstitution des faits. Ainsi le tournage dans un immense bassin est criant de réalisme et l’on ne peut que deviner que les arrière-plans ont été inclus en postproduction ! Un gros coup de cœur pour un très bon hommage de Clint à Sully. Chapeau bas (ainsi qu’à Tom Hanks et à toute l’équipe).

 Diaporama

Photos : © 2016 WARNER BROS ENTERTAINMENT INC. ALL RIGHTS RESERVED

 Bande-annonce


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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