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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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George Clooney
Suburbicon (Bienvenue à Suburbicon)
Sortie le 6 décembre 2017
Article mis en ligne le 25 novembre 2017
dernière modification le 6 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Durant les années 50, la famille Lodge, en apparence parfaite, vit dans la paisible ville de banlieue de Suburbicon. Après un cambriolage meurtrier, cette famille, complètement bouleversée, se tourne vers le chantage, la trahison et la vengeance. S’ensuit une série d’événements suspects au sein de ce foyer...

Acteurs : Matt Damon, Julianne Moore, Oscar Isaac, Noah Jupe, Woody Harrelson, Josh Brolin, Glenn Fleshler.

D’emblée de jeu il faut préciser que nous sommes entré dans la salle de vision presse sans nous être renseigné sur le film que nous allions voir. Seule indication d’un confrère : c’est un film avec Matt Damon. Et de fait, nous l’avons vu à l’écran avec toute une flopée de grands acteurs dont certains à total contremploi ! En tout cas, un casting trois étoiles ! Toutefois, tout du long du film, jubilatoire s’il en est, nous nous sommes demandé quel était le genre du film et même s’il ne s’agissait pas d’un film de genre ! Ce n’est qu’au générique final que nous avons pris acte que le film était de George Clooney, mais surtout que les frères Coen en étaient coscénaristes... Que dès lors, pouvions ranger le film dans la catégorie comédie satirique (et noire ?). Nous jouons là sur les mots et le sens, s’agissant de la couleur, mais pas que !

Le film s’ouvre sur un conte de fées, avec des couleurs typiques des années cinquante. Le cadre est posé, tout est idyllique, l’on entre quasiment dans un livre, dans une histoire qui nous est racontée d’une ville de banlieue américaine où l’on se sent bien chez soi et entre soi, où toutes les maisons et leurs habitants sont semblables ! Tous, pas vraiment, d’est qu’ouvrant une porte, un facteur qui a quitté le livre-BD pour s’incarner dans le réel se trouve confronté à une terrible réalité, une réalité sombre, noire et totalement impensable ! On vous le donne en mille, ou plutôt en trois, une famille noire vient d’aménager dans le quartier ! Trois « nègres » ! Ce n’est pas que l’on ne les aime pas, mais leur place n’est pas ici, dans le quartier où l’on est si bien chez soi sans compter la moins-value immobilière. De tout le film il n’y aura que trois protagonistes de « couleur » ! Cette présence, parfois en creux, est au centre de Suburbicon sans cependant être au centre de l’intrigue ! Quoique !

C’est que l’histoire se déroule selon deux axes narratifs. Le principal, ou du moins celui qui prend le plus de temps à l’écran concerne un habitant blanc (Matt Damon), M. Lodge. Typiquement blanc. Typiquement parfait. Typiquement respectable. Typiquement un modèle pour le quartier, pour son entreprise. D’autant que don épouse est en chaise roulante... Jusqu’au jour ou tout bascule. Pas le jour où les « nègres » sont arrivés (quoique !), mais celui où durant la nuit deux vilains messieurs pas vraiment tranquilles, prennent la gentille famille Lodge en otage, les chloroformant avant de les cambrioler. Il y aura une victime, Madame Lodge, et il s’ensuivra une solidarité des voisins, des collègues, de la famille... Mais derrière les familles blanches, parfaites, est-ce que tout est vraiment clean ?

Car pendant que les blancs se mobilisent pour contester la présence noire, les empêcher de vivre jusqu’à les enclaver (et bien plus encore) ils ne savent pas que derrière les façades, il peut se passer bien des choses ! Celles-ci, on vous les laisse découvrir avec la même jubilation que nous (mais l’on comprendra aisément que le film n’a pas vraiment été apprécié de l’autre côté de l’Atlantique ! C’est que l’on temps à certains américains un miroir pas du tout déformant et qui montre qu’entre les années 50 et aujourd’hui, rien n’a fondamentalement changé ! Sachez que tous les acteurs s’en donnent à cœur joie ainsi Oscar Isaac en agent d’assurance et surtout Julianne Moore qui aime beaucoup préparer boissons et repas, en particulier laitage et tartines au choco !

C’est donc totalement enthousiaste que nous sommes sorti de la salle. Un film envisagé depuis douze ans et que l’on ne peut que recommander malgré quelques faiblesses ! C’est que le poivre de l’histoire est parfois moulu trop grossièrement et que l’on se dit qu’il l’aurait été plus finement (et plus noir !) si les frères Coen avaient réalisé le film.

Bande-annonce :

Lien vers la critique de Julien Brnl



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