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Jon Watts
Spider-Man : No Way Home
Sortie du film le 15 décembre
Article mis en ligne le 16 décembre 2021

par Julien Brnl

Genre : Action, aventure, fantastique

Durée : 148’

Acteurs : Tom Holland, Zendaya, Benedict Cumberbatch, Jon Favreau, Angourie Rice, Jacob Batalon, Marisa Tomei, Benedict Wong, Tony Revolori, Alfred Molina, Martin Starr, Jamie Foxx, J.K. Simmons, Willem Dafoe, Rhys Ifans...

Synopsis :
Pour la première fois dans l’histoire cinématographique de Spider-Man, notre sympathique héros de quartier est démasqué et n’est plus capable de séparer sa vie normale des enjeux de son rôle de super-héros. Lorsqu’il demande l’aide du Docteur Strange, les enjeux deviennent encore plus dangereux et le forcent à découvrir ce que signifie vraiment être Spider-Man.

La critique (SANS SPOILERS) de Julien

S’il y avait bien UN film attendu en cette fin d’année 2021 (voire de l’année tout court), c’est bien la troisième aventure « solo » de l’homme-araignée dans le MCU, interprété par Tom Holland. Et comprend pourquoi, étant donné que depuis la mise en place du multivers, et donc des différentes dimensions au sein du MCU (et encore plus récemment avec les séries « Loki » et « What if... ? » sur Disney+), les spéculations de la presse et surtout des fans allaient bon train sur la présence d’acteurs et de personnages des précédents films Spider-Man, liés aux films de Sam Raimi et de Marc Webb, ce qui sera vite confirmé par la première bande-annonce et le synopsis officiel du film. Et autant dire tout de suite que ce « Spider-Man » joue à fond la carte du fan-service, au-delà même de nos espérances les plus folles, pour alors offrir un spectacle extrêmement généreux, référencé, en adéquation émouvante avec les univers et précédents films autour du personnage, lui qui sonnepour l’occasion l’aventure de la maturité pour le Spider-Man de Tom Holland.

Vingt-septième film de l’univers cinématographique Marvel et quatrième de la phase IV, « No Way Home » fait donc suite à « Far From Home » (2019), à l’issue duquel l’identité de Spider-Man était révélée aux yeux du monde entier, suite à son combat à Londres contre Mystério (Jake Gyllenhaal). Aujourd’hui, le « gamin » est devenu un fugitif recherché par le gouvernement, qui l’accuse du meurtre de ce dernier. Sa vie et celle de ses proches sont donc devenues très difficiles, alors que Peter, M. J. (Zendaya) et Ned (Jacob Batalon) voient leurs candidatures universitaires rejetées en raison de la récente controverse et des accusations qui sont reprochées à Peter ; l’intrigue ayant lieu durant leur dernière année de lycée. Parker consultera alors Stephen - Doctor - Strange (Benedict Cumberbatch) dans le Sanctum Sanctorum, afin de l’aider à se faire oublier des gens qui le connaissent, et ainsi retrouver une vie normale, ce qu’il acceptera, malgré l’avertissement de Wong (Benedict Wong) sur ce qui pourrait en résulter. Mais le sort sera endommagé pendant son exécution, lorsque Peter insistera pour que Strange laisse (évidemment) ses proches se souvenir de son identité, ce qui aura alors pour effet d’altérer la stabilité de l’espace-temps, dont ils ne savent pas encore grand-chose.

Alors que le film devrait réconcilier le grand public avec les salles de cinéma, et ainsi réaliser des démarrages records partout dans le monde (c’est déjà le cas en France), « Spider-Man : No Way Home » se contente pourtant de recycler les différents univers du personnage, tout en le faisant bien. Difficile ainsi de parler du film sans ne rien en dire, étant donné que toute son intrigue repose sur des secrets bien gardés. Cette histoire rappelle donc à l’ordre certaines grandes figures déjà bien connues du public (au risque d’en décevoir - ou non - certain.e.s), jouant ainsi (à fond) d’une part le jeu des retrouvailles avec le public, et d’autre part celui des rencontres avec le Peter Parker de Tom Holland, le Docteur Otto Octavius (Alfred Molina) - ennemi du personnage dans le second opus de la trilogie de Sam Raimi - ne reconnaissant d’ailleurs pas son identité, comme montré dans la bande-annonce. On s’étonne ainsi de voir comment ce nouvel épisode épouse l’héritage des précédentes aventures de l’homme-araignée, Sony Pictures ayant accepté de louer son personnage à Marvel, et bien plus encore ici, puisque « No Way Home » s’appuie carrément sur les films de Raimi et Webb. Dès lors, l’émotion n’en est que plus grande, tandis que plusieurs scènes sont déjà à classer dans les annales. Que c’est, en effet, beau de voir ça à l’écran, tandis que l’on se demande encore comment cela a pu être rendu possible. Voir ainsi tout ce beau monde s’offrir en cadeau dans ce « Spider-Man Verse » est un plaisir coupable de (presque) chaque instant, qui dresse les poils, et nous fera sourire, sous nos masques. Cependant, la présence au casting d’anciens antagonistes, bien qu’extrêmement plaisante, reste peu développée, voire sous-exploitée dans leur psychologie, eux qui sont finalement utilisés ici (par les deux scénaristes) comme des pantins mettant ainsi des bâtons dans les roues d’un Peter Parker n’ayant toujours pas appris de ses bêtises... Or, c’est connu, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». C’est d’ailleurs sur ce point que le film de Jon Watts s’implique le mieux, le jeune personnage de Tom Holland prenant enfin conscience des dangers (pour autrui) qu’engendre son pouvoir, et des choix nécessaires à prendre afin de protéger ceux qu’ils aiment. Or, l’acteur, qui a, pour une fois, réussi à tenir sa langue dans sa poche, s’en sort les honneurs, émouvant comme il ne l’avait encore jamais été.

Mais alors que le film joue la carte de l’émotion, de la nostalgie, et des clins d’œil assumés, « Spider-Man : No Way Home » souffre pourtant de facilités d’écriture et d’incohérences, certes pas bien méchantes en l’état, mais qui prouvent que l’originalité du MCU n’est pas son fort, le scénario se cachant ainsi (à son tour) derrière son exploitation toujours aussi floue du multivers. Aussi, le film prend du temps à mettre en place cette réunion, loin d’être improvisée, tandis que les scènes d’action peinent à se renouveler, cherchant désespérément de nouveaux décors, ici soit en images de synthèse (la scène de la statue de la liberté), soit en papier-carton-plâtre (on n’avait en effet jamais vu des sols de couloirs d’immeubles s’effondrer si facilement sous le poids de combat à mains nues). On retiendra par contre toutes les scènes où Doctor Strange use de ses pouvoirs, comme celle de la Dimension Miroir. Mais que les fans se rassurent et respirent : ils seront comblés d’une manière ou d’une autre par « Spider-Man : No Way Home » qui, même s’il ne répondra peut-être pas à toutes les attentes, sait comment parler à ses millions de fans, lui qui met ainsi en place une toile d’araignée de références, de caméos, de dialogues propres aux précédents films « Spider-Man », dont tout le monde se souvient (ou presque), même si certains de ces films sont mal-aimés. Quoi qu’il advienne de « No Way Home », il restera comme l’épisode du passage à l’âge adulte pour le Peter Parker du MCU, ainsi que de toutes les grandeurs, abusant sans doute ici d’un catalogue bien fourni, avec plus ou moins d’équilibre, ou de décadence envers ses modèles, mais pleinement assumée, ou ignorée. Mais une fois de plus, on insistera ici sur l’exercice et la prouesse de cette réunion de famille, certes loin d’être complète, mais unique en son genre. Enfin, n’oubliez pas de rester dans votre siège de cinéma jusqu’au bout du générique...



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