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Les critiques de Julien Brnl
Sicario 2 : la Guerre des Cartels
Réalisateur(s) : Stefano Sollima
Article mis en ligne le 18 juillet 2018
dernière modification le 26 juillet 2018

par Julien Brnl
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« Sicario : la Guerre des Cartels » marche ainsi sur les traces de son aîné avec une totale efficacité, en dépit d’originalité et de quelques ficelles scénaristiques. Mais il est surtout synonyme de rébellion, d’autant plus dure et inévitable à venir, et que l’on s’empresse déjà de voir. Bref, c’est du beau cinéma, à la fois de divertissement et d’auteur, même si n’est pas Denis Villeneuve qui veut. Mais par rapport à ce qu’on en attendait, le film n’a pas à rougir de sa comparaison ! - 14/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 04 juillet 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • « Sicario », en français « sicaire » (tueur à gages), fait référence aux tueurs opérant pour les cartels d’Amérique latine ;
  • suite du film « Sicario » de Denis Villeneuve sorti en 2015, dans lequel Emily Blunt (volontairement ici absente) interprétait une recrue du FBI idéaliste chargée de faire équipe avec des agents du gouvernement (interprétés par Josh Brolin et Benicio Del Toro) peu orthodoxes dans leur manière de lutter contre le trafic de drogues au niveau de la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique ;
  • trop occupé sur d’autres projets, Denis Villeuneuve a laissé sa place de réalisateur à l’italien Stefano Sollima, lui à qui l’on doit le film « Suburra » traitant de la mafia romaine, ainsi que quelques épisodes de la série à succès « Gomorra » ;
  • après avoir scénarisé une trilogie sur le Nouvel Ouest composée des films « Sicario » (2015), « Comancheria » (2016) et « Wind River » (2017), Taylor Sheridan a rempilé ici pour l’écriture de la suite du premier.

Résumé : Les cartels mexicains font régner la terreur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Rien ni personne ne semble pouvoir les contrer. L’agent fédéral Matt Graver fait de nouveau appel au mystérieux Alejandro pour enlever la jeune Isabela Reyes, fille du baron d’un des plus gros cartels afin de déclencher une guerre fratricide entre les gangs. Mais la situation dégénère et la jeune fille devient un risque potentiel dont il faut se débarrasser. Face à ce choix infâme, Alejandro en vient à remettre en question tout ce pour quoi il se bat depuis des années…

La critique

Peu de temps après la sortie il y a trois ans du film « Sicario » de Denis Villeneuve, ses producteurs lui ont annoncé une suite vu son engouement public et critique. Mais cette fois-ci, le long métrage est centré sur le personnage joué par Benecio Del Toro, Alejandro, sicaire guidé par sa soif de venger sa famille assassinée par un baron de la drogue, et cela en faisant équipe avec l’agent fédéral Matt Graver (Josh Brolin). Exit donc ici le personnage d’Emily Blunt, Kate Macer, pour lequel le scénariste Taylor Sheridan a jugé bon d’en avoir terminé avec son histoire, pour ainsi davantage se pencher sur la forte et sombre personnalité d’Alejandro...

Alors que le terrorisme décime la population et fait régner la terreur, un attentat suicide fait quinze victimes dans un supermarché de Kansas City. Le gouvernement, mettant en avant des liens entre les kamikazes et des passeurs de clandestins à la frontière américano-mexicaine en proie aux trafiquants de drogues, décide d’intégrer les cartels dans la même liste que celle des terroristes. Bien décidé à démanteler ces cartels, il met alors en place un plan pour que ces derniers s’autodétruisent, dirigés par Matt Graver et Alejandro Gillick, mais dont ils vont vite perdre le contrôle...

« Sicario : la Guerre des Cartels » est une suite réussie. En misant davantage le sillon psychologique de son duo de coéquipiers énigmatiques tout en proposant des scènes d’action très efficaces, le film propose ainsi une belle évolution au film de Villeneuve, et des enjeux humains d’autant plus appuyés. Pour rappel, il y a, d’un côté, un agent fédéral aux méthodes incommodes, et, de l’autre, un tueurs à gages ravager par la haine et la vengeance. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne faut pas forcément avoir vu le premier film pour en comprendre ici les propos, étant donné l’écriture des principaux personnages assez complète, et l’action remise en zéro compte tenu de celle qui a déjà été faite.

On prend tout de suite un malin intérêt à suivre cette nouvelle mission au cœur de la frontière américano-mexicaine, dans laquelle il est à la fois question de morale, de corruption, ou encore et surtout de trafics de drogues et d’êtres humains. Tandis que la mise en scène offre au récit une seconde lecture en parallèle à la première permettant de suivre un apprenti passeur de clandestins (sans nul doute en futur lien étroit de rencontre avec le plan du gouvernement), cette dernière propose une véritable atmosphère de violence en territoires inquiétants, rythmée par une caméra généreuse, privilégiant les scènes d’extérieur, et la poussière qui y règne...

La musique, signée Hildur Guðnadóttir (violoncelliste à la base), renforce un sentiment de noirceur se dégageant des événements et engrenages inhumains perpétués autour de ces gangs, et cela jusqu’aux dernières secondes, qui semblent quant à elles marquer le début de ce qu’on pensait voir dans ce film. Mais ce n’est que partie remise...



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