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Destin Daniel Cretton
Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux
Sortie du film le 01 septembre 2021
Article mis en ligne le 6 septembre 2021
dernière modification le 7 septembre 2021

par Julien Brnl

Genre : Aventure, action, fantastique

Durée : 134’

Acteurs : Simu Liu, Tony Leung Chiu-wai, Awkwafina, Michelle Yeoh, Benedict Wong, Tim Roth, Ben Kingsley...

Synopsis :
Shang-Chi va devoir affronter un passé qu’il pensait avoir laissé derrière lui lorsqu’il est pris dans la toile de la mystérieuse organisation des Dix Anneaux.

La critique de Julien

Vingt-cinquième film du MCU et deuxième de la phase IV, « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux » a la particularité de mettre en scène pour la première fois un protagoniste d’origine asiatique, Shang-Chi, créé par le scénariste Steve Englehart et les dessinateurs Al Milgrom et Jim Starlin, alors apparu en décembre 1973 dans un comic book issu des Marvel Comics. Réalisé par Destin Daniel Cretton, dont on avait apprécié « Le Château de Verre » (2017) et « La Voie de la Justice » (2019), ce film de super-héros offre ce qu’on attendait de lui, voire même un peu trop (dans le sens du poil).

Incarné par l’acteur chinois Simu Liu, immigré depuis l’âge de 5 ans au Canada, lequel s’offre ici son premier rôle au cinéma, « Shang-Chi » raconte l’histoire d’un valet qui doit affronter son passé, et dès lors son père (Tony Leung), leader du groupe terroriste des Dix Anneaux (déjà apparu dans « Iron Man »), lui qui a passé son enfance à travailler pour lui, en tant qu’assassin, avant de le fuir, traumatisé, à l’âge de 14 ans, pour s’installer à San Francisco, où il adoptera le nom de « Shaun », et rencontrera sa meilleure amie Katy (Awkwafina).

Tous les ingrédients sont ici réunis, tels qu’un duo - fan de karaoké - qui fait la paire, dont un héros qui s’ignore et qui va découvrir qui il est vraiment, ainsi qu’une bonne dose d’humour décomplexé à la Marvel, des scènes d’action au souffle divin marquées par des chorégraphies d’arts martiaux parfaitement exécutées, ou encore un bestiaire mythologique digne de ce nom, sans oublier du fan-service avec quelques apparitions très plaisantes incorporées au scénario, histoire de rattacher tout ça aux Avengers (malgré deux scènes post-génériques qui ne servent à rien). Aussi, le film évite l’écueil des clichés et stéréotypes asiatiques typiques du genre, que ça soit au sein de son humour que de l’aventure même, tandis que le périple auquel sera confronté Shang-Chi présente plusieurs pistes d’antagonistes plutôt intéressantes, qu’elles soient personnelles, familiales, ou démoniaques, alors que l’histoire, elle, traite d’une éternelle quête initiatique, mais par le prisme de la filiation et du deuil, ce qui est plutôt inédit dans le MCU, et donc à souligner, même si l’ensemble ne repose pas sur des bases scénaristiques très solides.

Outre quelques effets visuels pas très excitants dans ses débuts, des petits problèmes de rythme dans sa troisième partie, ainsi que des personnages secondaires pas assez exploités, et un protagoniste principal trop peu expressif, cet énième origin-story n’en demeure pas moins divertissante, et généreuse, tandis qu’elle nous invite à un voyage dans l’imaginaire de la culture ancestrale chinoise super-héroïque.