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Les critiques de Julien Brnl
Sauver ou périr
Réalisateur(s) : Frédéric Tellier
Article mis en ligne le 6 décembre 2018

par Charles De Clercq, Julien Brnl
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Standard et linéaire dans sa forme, mais sincère et touchant dans la manière de parler du drame et de la reconstruction, « Sauver ou Périr » est un film magistralement joué. Maintenant, on se demande si tel était le but premier de ce film, qui aurait sans doute mérité un meilleur traitement. 13/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 28 novembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • deuxième long-métrage réalisé par le scénariste et cinéaste Frédéric Tellier après « L’Affaire SK1 » (2015), lui a qui l’on doit aussi des téléfilms et des séries télévisuelles ;
  • inspiré en partie de plusieurs faits réels dont a eu connaissance (par des recherches, des témoignages) le réalisateur autour de tragédies vécues par les sapeurs-pompiers de Paris.

Résumé : Franck est sapeur-pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. À son réveil dans un centre de traitement des grands brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

La critique de Julien

On connaissait déjà les talents de comédien de Pierre Niney, d’ailleurs récompensé du César du meilleur acteur en 2015 pour sa prestation dans le film « Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert. Mais pour son rôle de sapeur-pompier fauché par le drame à l’aube d’une carrière lumineuse à sauver des vies, l’acteur atteint ici un niveau de qualité d’interprétation supplémentaire dans ce drame psychologique, finalement bien plus centré sur le combat intérieur d’un homme pour se reconstruire après un grave accident, plutôt que sur le métier de pompier en soi.

Dans « Sauver et Périr », il est ainsi question du basculement irrémédiable de la vie d’un homme forcé de vivre avec le trauma, aussi physique que psychologique. On y suit alors le long chemin vers l’acceptation de cette nouvelle vie, de ce corps amputé, mais aussi les répercussions qu’ont ces graves séquelles sur une histoire d’amour. Outre qu’au travers de sa première demi-heure, le film n’est donc pas une publicité pour l’héroïsme des sapeurs-pompiers de Paris...

Frédéric Tellier peut remercier ses deux acteurs principaux, tous les deux d’une authenticité folle. Pierre Niney et Anaïs Demoustier interprètent un couple dans l’impasse, voyant s’envoler ses projets de vie, alors qu’ils viennent en plus d’être parents. L’acteur, ayant suivi un entraînement intensif en immersion, et pris 9 kilos de muscles pour le rôle, avant de les perdre pour les besoins du film, est extrêmement convaincant, si bien qu’on pourrait le confondre dans ce corps meurtri.

Pierre Niney s’offre donc une nouvelle corde à son arc, dans la peau d’un homme ordinaire dévoué à sauver des vies, mais qui se retrouvera à devoir sauver la sienne. L’acteur est définitivement la principale raison d’acheter un ticket pour voir ce film. Mais Anaïs Demoustier mérite aussi largement les applaudissements, elle dont le visage innocent intensifie crescendo ses émotions par la place centrale occupée par son personnage dans l’histoire, entre l’attente et la fatigue. Il serait d’ailleurs naïf de croire qu’il n’y a qu’une seule victime dans cette histoire... Que du contraire.

Le film fait preuve d’un joli travail sur la psychologie de l’effondrement personnel, ainsi que de l’exploration des ressources permettant de rebondir, entre moments de désespoir, et lueurs d’espoir. « Sauver ou Périr » ne propose dès lors pas une vision manichéenne de ses propos, et invite à la remise en question de ses personnages, au processus lent, éprouvant et complexe de la prise de conscience des bonheurs que peut encore offrir la vie après un tel drame. Par contre, trop, c’est de trop...

On aime aussi la finesse générale apportée aux dialogues, qui offrent de très beaux moments de tendresse et d’émotions par leurs rayonnements, et qui renforcent la profondeur d’état d’âme des personnages.

On regrette par contre la trop grande part réservée au drame, au contraire d’un hommage plus global aux soldats du feu, étant donné que le film bascule rapidement dans le mélodrame plus ou moins classique, suivant les étapes connues d’une certaine forme de guérison, ici avec soi-même, et avec la vie. Et puis, le scénario tire un peu trop en longueur, et appuie avec excès de pessimisme les conséquences de ce corps ravagé.



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