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Les critiques de Julien Brnl
Sale Temps à l’Hôtel El Royale / Bad Times at the El Royale
Réalisateur(s) : Drew Goddard
Article mis en ligne le 31 octobre 2018

par Julien Brnl
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Ce film reste un divertissement très honnête et intriguant, technique bien fichu, et qui saura donc se faire apprécier par les joueurs, et les cinéphiles non-rancuniers. 14/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 24 octobre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • second long métrage du réalisateur et producteur Drew Goddard après « La Cabane dans les Bois » (2012), ayant notamment remporté à cette époque le Saturn Award du meilleur film d’horreur ;
  • Chris Hemsworth retrouve ici le cinéaste après "La Cabane dans les Bois dans lequel il tenait l’un des rôles principaux ;
  • Drew Goddard est également un scénariste très prolifique, puisqu’on lui doit des épisodes des séries « The Good Place », « Alias », « Lost », « Daredevil », tout comme le scénario de films, tels que celui de « Cloverfield » (2008) de Matt Reeves, « World War Z » (2013) de Ben Foster, ou encore de « Seul Sur Mars » (2015) de Ridley Scott (pour lequel il a obtenu une nomination aux Oscars).

Résumé : Sept étrangers, chacun avec un secret à planquer, se retrouvent au El Royale sur les rives du lac Tahoe ; un hôtel miteux au lourd passé, à cheval entre la Californie et le Nevada. Au cours d’une nuit fatidique, ils auront tous une dernière chance de se racheter… avant de prendre un aller simple pour l’enfer.

La critique de Julien

Attendu par les cinéphiles depuis la découverte de sa bande-annonce tarantinesque, « Sale Temps à l’Hôtel El Royale » est d’autant plus existant qu’il est réalisé par Drew Goddard, à qui l’on doit le jouissif « La Cabane dans les Bois », très apprécié des amateurs de cinéma d’horreur parodique intelligente. Fidèle à lui-même, le réalisateur et scénariste du film nous livre un huis clos en compagnie de sept individus ayant chacun leurs petits secrets et propres remords en arrivant dans un hôtel qui, jadis, était un haut-lieu de soirées les plus folles, garnies de personnalités aussi bien artistiques que politiques. Avec ses révélations en crescendo et péripéties en spirale, tout cet innocent (rire !) et beau monde se retrouvera à se taper dessus à l’issue d’une soirée mouvementée...

Il ne faut pas longtemps pour comprendre que quelque chose ne tourne pas rond dans les murs de cet hôtel à la réception design, mais aux chambres assez miteuses, avec miroir sans tain dans chacune d’elle (donnant sur un couloir caché). Pas plus qu’il n’en faut finalement pour faire la connaissance d’individus qui parlent trop, ou pas assez... Il y a un prêtre pas très net (Jeff Bridges), un vendeur d’aspiration trop propre (John Hamm), un réceptionniste pessimiste (Lewis Pullman), une hippie secrète (Dakota Johnson) et enfin une chanteuse de soul un peu paumée (Cynthia Erivo). Sans oublier deux autres invités surprise qui viendront mettre un peu plus d’ambiance au cours de la soirée..

Alors qu’on attendait de « Sale Temps à l’Hôtel El Royale » un scénario à tiroirs utilisant à bon escient ses décors intrigants, il n’en est malheureusement pas grand chose...

Tandis que le film installe ses personnages, soit en solo ou par paires, avec des flash-black à l’appui, ces derniers ne se disputeront jamais autour d’une même quête pré-existante, car tous n’arrivent pas à l’hôtel El Royale avec la même intention de départ...

C’est finalement l’imprudence de l’un, et le fait d’être à un endroit au mauvais moment pour l’autre qui seront les éléments déclencheurs à ce règlement de comptes (qui n’en est pas vraiment un)...

D’un côté, c’est dommage, car on espérait découvrir une histoire faite de manipulations, de mensonges, ou encore de jeux de dupes. Or, force est de constater qu’il ne s’agit pas de cela, ce qui aura pour conséquence de découvrir une intrigue opportuniste qui manque nettement d’enjeux, et portée par des personnages peu charismatiques...

Pourtant, dès que l’on comprend la manœuvre, tout en ignorant comment et à quoi elle va aboutir, alors nous sommes encore capable de changer notre fusil d’épaule (ce n’est pas le temps qui nous manque !), et de regarder le film pour ce qu’il a à nous offrir, lui qui tient parfaitement en haleine, malgré quelques longueurs.

En effet, la mise en scène de Drew Goddard nous permet d’apprécier le film pour sa construction narrative, absolument ludique et ficelée, elle qui dévoile au compte-gouttes les secrets de chacun, puis leurs points de vue suite à leur implication indirecte dans ce qui deviendra un beau bordel, avant d’en être les victimes collatérales. Et dire que tout cela aurait pu être évité si chacun était resté à sa place...

Imprévisible, « Sale Temps à L’Hôtel El Royale » n’est donc pas aussi fouillé, malin et audacieux qu’espéré. De plus, il passe trop à côté de son contexte spatial pourtant intéressant. Mais il reste un divertissement très honnête et intriguant, technique bien fichu, et qui saura donc se faire apprécier par les joueurs, et les cinéphiles non-rancuniers.



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