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CINECURE
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Constance Meyer
Robuste
Date de sortie : 02/03/2022
Article mis en ligne le 28 janvier 2022

par Charles De Clercq

Synopsis : Lorsque son bras droit et seul compagnon doit s’absenter pendant plusieurs semaines, Georges, star de cinéma vieillissante, se voit attribuer une remplaçante, Aïssa. Entre l’acteur désabusé et la jeune agente de sécurité, un lien unique va se nouer.

Acteurs : Gérard Depardieu, Déborah Lukumuena, Lucas Mortier, Steve Tientcheu

Les journalistes étaient peu nombreux lors de la vision presse : était-ce dû à un désintérêt ou au fait que celle-ci avait lieu un vendredi après-midi ? Peu importe, car je ne suis pas vraiment entré dans le film. Cette mini-critique s’écrira à la première personne, abandonnant le traditionnel nous de modestie, pour faire place au pur subjectif de mon ressenti. Et, assez paradoxalement, s’agissant de faire passer l’humain avant la fonction, rejoindrait assez un des fils conducteurs de Robuste. Précision aussi : j’avais visionné la veille, avec de bien plus nombreux journalistes, Maigret avec un excellent Depardieu à l’écran ! Cela a peut-être joué également.

Quoiqu’il en soit, la majorité de mes consœurs et confrères avaient largement apprécié Robuste, faisant remarquer au passage que le personnage « Georges » aurait pu être appelé Gérard, car il est évident que la fiction mettant en scène une star de cinéma désabusée est en consonance avec l’acteur qui l’interprète. Et s’il arrive de devoir reprocher à un acteur d’écraser son personnage en ne s’effaçant pas assez (par exemple dans Eiffel où notre confrère Grégory Valens écrit que « derrière la barbe d’Eiffel, on ne voit que Romain Duris » (Positif N°727, septembre 2021, p. 41). C’est tout le contraire ici, tant est (ou semble) assumé le fait que le film est un hommage (paradoxal ?) à Depardieu, à tel point que les échanges de fin de séances pointaient que c’est probablement parce que c’était lui, que c’était de lui qu’il s’agissait que Depardieu a accepté d’endosser le costume de Georges. Cependant, il faut aussi relever que l’acteur avait déjà tourné sous sa direction dans ses courts-métrages : Frank-Étienne vers la béatitude (2012, 12’), Rhapsody (2016, 15’) et La belle affaire (2018, 23’) et que c’est simplement le fait de bien se connaître qui fait que Depardieu a accepté de tourner à nouveau avec Constance Meyer.

L’on comprend que pour ce premier long métrage, Constance Meyer met en scène deux personnages « de poids », hors des canons esthétiques pour les amener à découvrir leurs ressemblances, leurs affinités, leurs fragilités. Notamment grâce aux univers qui sont les leurs : le laisser-aller de l’acteur dans sa luxueuse villa, sa solitude, son manque de prise au sérieux du rôle qu’on lui confie dans un film historique ; la difficulté pour Aissa de mêler le job et sa passion pour la lutte, sa difficulté de trouver quelqu’un qui l’aime vraiment, même si elle fait l’amour avec Eddy (Lucas Mortier) au gabarit si dissemblable que l’on finirait par penser qu’il cherche du sexe par facilité voire par fétichisme ! Tout cela pour conclure le film par une tirade, non pas du nez mais du film dans lequel joue Georges, où celui-ci fera siens les mots « je suis comme un enfant », répétés à plusieurs reprises. Il nous semble que sur ce thème la réalisatrice aurait pu faire un quatrième court-métrage plutôt qu’un long !

En effet, nombre de scènes paraissent apportées dans l’intrigue sans véritablement y apparaitre nécessaires : la relation de Georges avec son très jeune fils et - téléphonique - avec la mère de celui-ci, mais qui parait bien bizarre pour cet acteur largement septantenaire ! Ajoutons l’histoire du chien (anecdotique), l’aquarium pressurisé avec des poissons des abysses qui doivent rester dans l’obscurité et dont on se demande quand il va péter...(spoiler : [1]) et qui est censé (je suppose) faire comprendre la solitude de Georges. Bizarre aussi le fait que lors des séances de lutte la partenaire d’Aïssa soit plutôt un poids plume et que l’on comprend difficilement la cohérence d’un combat avec des carrures si dissemblables. L’on peut ajouter la scène de restaurant où Georges s’invite avec ses gros sabots qui permet le cliché classique, la case à cocher pour dramatiser l’intrigue « est-ce que tu l’aimes ? » ou encore, autre cliché et case à cocher, la musique vocale a capella (genre Roland de Lassus ou autres compositeurs du XVIe, en latin) dans des scènes sans dialogues, pour ajouter à la dramatisation et pour que les spectateurs comprennent bien.

Pour conclure, je m’abstiens de noter le film, car c’est peut-être moi (même si je me retrouve dans la brève recension de l’excellent site Critikat et dans les notes très moyennes sur IMDB) et vous invite à lire d’autres avis que le mien.



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