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Liesl Tommy
Respect
Date de sortie : 08/09/2021
Article mis en ligne le 27 août 2021

par Charles De Clercq

Synopsis : Un biopic inspiré de la vie de la chanteuse Aretha Franklin, de son enfance avec un père révérend et activiste des droits civiques à sa carrière prolifique comme diva de la soul.

Acteurs : Jennifer Hudson, Forest Whitaker, Mary J. Blige, Marlon Wayans, Tate Donovan

Respect est un biopic consacré à la reine de la soul, Aretha Franklin (n’hésitez pas à consulter la fiche Wikipedia très complète de l’artiste). La sortie du film a été retardée du fait de la pandémie du SARS-Cov2. Aretha Franklin (1952-2018) était impliquée dans ce projet de longue date. Le film a été réalisé par la Sud-Africaine Liesl Tommy, dont c’est le premier long métrage.

Aretha est interprétée par deux actrices, Skye Dakota Turner (née en 2008 et qui a 11 ans au moment du tournage) pour son enfance tandis que la chanteuse et actrice Jennifer Hudson lui donne corps à l’âge adulte. C’est Aretha elle-même qui l’avait choisie pour jouer son rôle. Comme Jennifer est née en 1981, son jeu manque de crédibilité lorsque son personnage a 18 ans. Et si l’on a l’habitude de découvrir des adultes interpréter des adolescent·e·s, ceux-ci sont encore « juvéniles » (ainsi, parmi de nombreux exemples, Ker Smith dans son interprétation de Jack McPhee dans la série Dawson’s Creek) ce n’est pas le cas ici et il faut donc faire « comme si », de même que pour son père joué par Forest Whitaker qui ne semble pas vraiment vieillir.

Le biopic est assez classique et donne l’impression d’être fidèle dans la mesure où il n’évacue pas les zones d’ombre de la célèbre chanteuse et de son entourage. Le titre du film est celui de la chanson éponyme qui « devient en 1967 un hymne féministe et le symbole du combat de la communauté afro-américaine pour sa liberté. ». Ceux et celles qui connaissent bien Aretha seront en territoire connu. Les fans de soul seront ravis, tandis que ceux qui ne le sont pas, découvriront ce genre musical et d’autres : jazz, gospel et rhythm and blues (mais il est probable que ceux qui ne tomberont pas sous le charme risquent de trouver le film de près de 2h30 un peu trop long). Au terme d’un parcours de vingt ans, à savoir la vie d’Aretha de 1952 à 1972, le film se conclut sur son on ne peu plus célèbre album Amazing Grace et la chanson homonyme tout aussi célèbre.

Le film fait découvrir la toxicité des relations familiales d’Aretha. La toxicité de son père, celle de son (futur) mari, celle d’Aretha avec ses enfants... C’est aussi l’abus dont elle fut victime durant son enfance et l’on peut parler carrément de viol pour celle qui eut son premier enfant à l’âge de douze ans. Il est difficile d’être en empathie avec de nombreux protagonistes de Respect, y compris pour Aretha. Certaines situations et attitudes sont pénibles mais l’on se met à penser que sans ces difficultés, ces ambiguïtés, ces ambivalences, ces « démons », ces souffrances, le racisme parfois, la mort de Martin Luther King, les combats pour l’égalité des droits, les souffrances des uns et des autres, la jalousie parfois, la concurrence auront creusé le lit de l’étonnante carrière d’Aretha et de la qualité de son répertoire et surtout de ses interprétations.



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