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Les critiques de Julien Brnl
Red Sparrow
Réalisateur(s) : Francis Lawrence
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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« Red Sparrow » reste une proposition correcte de cinéma de divertissement dans l’ensemble, à l’ambiance soignée façon John le Carré, mise en images par la caméra de Francis Lawrence (qui sait comment mener une histoire de bout en bout), et devant laquelle Jennifer Lawrence se sent suffisamment bien à l’aise pour oser dévoiler un peu plus son corps. Attention donc de ne pas mettre ce petit moineau devant les yeux des plus jeunes... - 13/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 28 février 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du roman d’espionnage du même nom écrit par Jason Matthews, qui est un ancien agent de la CIA, et premier volet d’une trilogie composée de « Palace of Treason » et « The Kremlin’s Candidate » ;
  • Darren Aronofsky (compagnon actuel de Jennifer Lawrence) devait initialement réaliser le film, avant que David Fincher ne reprenne le flambeau, pour finalement laisser sa place à Francis Lawrence, avec qui Jennifer Lawrence tourne pour la quatrième fois consécutive après la saga « Hunger Games ».

Résumé : Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents.
Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

La critique

Jennifer Lawrence se lâche ! Dans « Red Sparrow », elle incarne « un moineau rouge », soit ces femmes de l’Est entraînées afin de séduire par chantage sexuel, et autres tactiques de manipulation par le corps. Alors qu’une « Sparrow School » existait en Russie dans la ville de Kazan sur la Volga en pleine guerre froide, ce film est l’adaptation du roman du même nom écrit par Jason Matthews, qui n’est autre qu’un ancien agent de la CIA. Sur fond d’espionnage dans la Russie sous Vladimir Poutine, « Red Sparrow » est une fiction empruntant à une réalité que son créateur connaissait bien, même sans avoir jamais mis un seul pied en Russie...

Tout commence avec Nate Nash (Joel Edgerton), en poste à Moscou à l’ambassade américaine, mais surtout un espion en charge d’une taupe ultra-secrète, qui n’est autre qu’un haut dignitaire du pouvoir russe renseignant l’ennemi américain. Malheureusement, suite à une mission ratée, sa taupe, toujours masquée et inconnue, est fichée par les services secrets russes. C’est à partir de là que Dominika Egorova (Jennifer Lawrence) entrera en scène, afin d’amadouer Nate Nash, pour en obtenir le nom de la taupe. Mais évidemment, tout ne se passera pas comme prévu...

On reconnaît en « Red Sparrow » une intrigue assez bien ficelée dans son genre, usant des codes du film d’espionnage dans tous ses états. Dans la peau de Dominika Egorova, Jennifer Lawrence est l’atout majeur de cette histoire, avec son personnage mis à contribution pour user de ses charmes, afin d’obtenir des renseignements chez l’ennemi. Entraînée pour cela, elle possède aussi une longueur d’avance sur quiconque croisera son chemin, dont ici un espion américain, avec lequel elle entamera une relation très ambiguë, en marge de son travail... Alors que le scénariste Justin Haythe (d’après le roman de Jason Matthews) maîtrise suffisamment bien le fil rouge de son histoire pour en jouer, celle-ci ne va malheureusement que dans un seul sens, ne permettant pas une grande flexibilité de rétroaction. En effet, le personnage de Jennifer Lawrence (les fesses entre deux chaises) possède (finalement) si bien ses cartes en main, qu’il en devient vite lassant d’en suivre les péripéties, tandis que ses employeurs s’embourbent avec leur propre invention... Sans en dévoiler plus sur l’intrigue, « Red Sparrow » fait partie de ces divertissements qui en montrent un peu plus que d’habitude, autour d’un jeu de manipulation bien emballé, mais peu habile.

Alors que le film est long de plus de deux heures, on aurait aussi aimé en découvrir davantage sur l’entraînement de Dominika, ou en tout cas qu’il soit encore plus explicite, car les quelques blessures laissées à l’entraînement (qu’elles soient physiques ou psychologiques) ne suffisent pas à justifier l’arme créée. Mais là où « Red Sparrow » risque d’en laisser plusieurs à la frontière, c’est au niveau de son style de narration assez langoureux, mais, par-dessus tout, qui manque d’entrain. D’ailleurs, on remettrait bien un peu piquant... Heureusement, le rebondissement final est de taille.



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