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Les critiques de Julien Brnl
Ready Player One Movie
Réalisateur(s) : Steven Spielberg
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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Une chose est certaine : Steven Spielberg (et son incroyable équipe artistique) s’est amusé à mettre en joue un univers virtu/réel hors du commun, infiniment créatif, et vivifié par la pop-culture. « Ready Player One » est de ceux qui se profitent, et qui ne ménagent pas leurs efforts pour nous offrir un spectacle de science-fiction rétroactif inoubliable. - 16/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 28 mars 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du best-seller « Player One » de Ernest Cline publié en 2011 ;
  • second film de l’incroyable Steven Spielberg à sortir sur nos écrans cette année après « Pentagon Papers ».

Résumé : 2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

La critique

Avec « Ready Player One », Steven Spielberg nous plonge dans « l’OASIS », un monde virtuel dans lequel Wade Watts (un jeune orphelin de 18 ans vivant à Columbus) doit accomplir trois missions à caractère énigmatique, afin de remporter le gain laissé par le créateur du jeu, James Halliday. En effet, à sa mort, ce dernier a décidé de léguer toute sa fortune et sa société à la personne qui réussira à trouver « l’easter egg » (littéralement « œuf de Pâques »), caché dans « l’OASIS »... Prêt pour un saut démentiel dans la pop-culture ?

Co-écrit par Zak Penn et Ernest Cline (d’après son propre livre), le scénario du film se veut visionnaire, et évoque à n’en pas douter l’importance prise par Internet dans le monde réel, et de tous ces jeux en ligne, dans lesquels s’évade un nombre grandissant de joueurs de tout âge, et de tout horizon. Un point de départ pertinent, tant la technologie informatique évolue à vitesse V, et, surtout, une mine d’or inimaginable pour notre vieil ami Steven Spielberg, profitant de l’occasion pour nous (re)plonger dans la culture pop des années quatre-vingts et nonante, dont il est grand fan.

Alors que le film installe une mise en scène jouant en parallèle sur le monde réel dans lequel vivent nos personnages principaux, et le monde virtuel où ils font progresser leurs avatars, « Ready Player One » nous invite à une partie de jeu, mais cinématographique, que l’on vit en même temps que les personnages, et où l’on découvre un monde foisonnant crée de toute pièce, appelé « l’OASIS ».

Même si l’ensemble ne révolutionne pas le genre, la prouesse technique est totale, tant elle joue sur différents aspects, tels que la motion capture, ou encore la réalité virtuelle. Mais c’est surtout pour la richesse de ses références à l’atmosphère d’une époque révolue (mais toujours bien présente dans les mémoires) que le film exalte par son univers visuel. Ainsi, même si vous n’avez pas joué à des jeux Atari, ni même vu « Retour Vers le Futur », il y en aura quand même pour tous les goûts. À vrai dire, il faudrait plusieurs visions de ce film pour n’en louper aucune des incommensurables références, et clins d’œil, qui s’y trouvent, au travers des trois épreuves vécues par les avatars des personnages. La culture cinématographique et du jeu vidéo se côtoient alors ici pour nous livrer un spectacle dantesque où l’on ne peut s’empêcher de prendre notre pied, et de (re)faire un bon dans le passé. Car « Ready Player One », c’est aussi une dose de nostalgie à foison ! Et quelle dose ! De « Mortal Combat » à « Chucky », en passant par « Duke Nukem », sans oublier « L’Agence tous Risques », chacun d’entre nous se retrouve à jouer en même temps que les héros, mais pas de la même façon.

Autant dire que c’est moins pour la tournure de son histoire que pour le visuel ahurissant que le film nous livre qu’il casse la baraque. En effet, tandis que « Parzival »/ Wade et ses amis tenteront de trouver la clef de l’accès à « l’easter egg », ceux-ci devront empêcher Nolan Sorrento (PDG de la multinationale Innovative Online Industries), de prendre le contrôle de « l’OASIS », lui qui profite en plus de son pouvoir, en transgressant les règles du jeu (tiens donc)…
Mais alors que l’expérience se vit initialement en solo, celle-ci se verra parsemée de rencontres en cours de parties, qui deviendront, de fil en aiguille, de l’entraide, contre un même et seul ennemi commun. À travers cette coopérative, le film nous glisse aussi un petit message d’acceptation à la différence, à l’égard de la première rencontre réelle entre les cinq joueurs (semblant pourtant assez surréaliste, à coup de « je ne t’avais pas imaginé comme ça »), qui n’avaient alors pu communiquer qu’à travers le jeu, sans pouvoir mettre de visage humain derrière les avatars respectifs de leurs camarades de jeu/d’équipe.

Trois épreuves, pour trois clefs à trouver : la partie à accomplir relève autant du défi que de la logique, où il faut remonter dans les souvenirs du concepteur du jeu pour en venir à bout des énigmes. Steven Spielberg nous immerge alors dans trois joyaux cinématographiques à nous faire pleurer de joie. Certes, la course-poursuite dans un New York virtuel jalonnée de dangers, ou encore la bataille finale à la « Seigneur des Anneaux » (mais avec « Batman », « Le Géant de Fer » ou encore « Freddy Krueger ») se regardent comme des feux d’artifice de couleurs et de détails, mais la scène où nos personnages se retrouvent enfermés dans une version numérisée de « Shining » est d’une intensité à nous faire pâlir. Un moment de cinéma inscrit à son panthéon, respectant même le grain d’origine de l’œuvre de Stanley Kubrick ! Énorme !

Occupé sur la musique de « Pentagon Papers », John Williams a cédé sa place ici à Alan Silvestri, le grand fidèle de Robert Zemeckis. Gage de qualité, la partition du film est à l’image de sa bibliothèque référentielle, endiablée, faisant le même effet que lorsque nous entendons le « Saturday Night Fever » des Bee Gees ! Oui, on y a aussi droit ! Mark Rylance, quant à lui, est de retour pour la troisième fois devant la caméra du réalisateur, après « Le Pont des Espions » (2015) et « Le Bon Gros Géant » (2016). Ainsi, là où le film réussit aussi à exister (outre la résonance actuelle de ses propos) en dehors de son monde virtuel, c’est par le jeu de ses acteurs. Frais, émouvant, et dirigé d’une main de maître, l’ensemble du casting rajoute une pierre à l’édifice de ce divertissement, qui saura combler la plus large partie du public.



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