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L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Charlotte de Turckheim
Qui c’est les plus forts ?
Sortie le 03 juin 2015
Article mis en ligne le 10 mai 2015
dernière modification le 10 juin 2015

par Charles De Clercq
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62/100

Synopsis : Sam, au chômage et pom-pom girl à ses heures, se bat pour conserver la garde de sa jeune soeur et pour arrondir les fins de mois difficiles. Avec Céline, sa colocataire et meilleure amie, elles imaginent toutes les solutions pour s’en sortir – du téléphone rose à l’art floral –jusqu’au jour où un couple inattendu vient sonner à leur porte…

Acteurs : Alice Pol, Audrey Lamy, Bruno Sanches, Anna Lemarchand, Grégory Fitoussi, Barbara Bolotner, Julia Piaton.

Il s’agit de l’adaptation d’une pièce de théâtre de Clément Koch, crée au Petit Théâtre de Paris en 2011. L’auteur la situait en Angleterre, dans le nord pluvieux : la fermeture d’un abattoir de volailles à cause de la grippe aviaire ne laissait aux habitants que le football pour rêver. L’auteur français signait là une comédie (dramatique) que plusieurs critiques ont comparée à l’univers de Ken Loch.

On ne va pas comparer l’adaptation cinématographique à Loach, mais nous sommes plusieurs journalistes à reconnaître que le film de Charlotte De Turckheim tenait largement la route en traitant de sujets graves avec beaucoup d’humour et de tendresse. S’il y a un reproche à faire à cette comédie sociale, ce serait de brasser trop de sujets.

Le film débute par une crise dans un abattoir de volaille dont les ouvrières s’opposent à la fermeture. Nous suivrons alors quelques-unes d’entre elles. Comment s’en sortir lorsque l’espoir n’est plus permis ? Surtout pour les femmes ? Les hommes eux auront le foot, en particulier Dylan (Bruno Sanchez) entraîneur amoureux de Sam qui voit en lui un excellent ami.

Nous poursuivons par plusieurs combats de femmes, dont celui pour que la garde de la petite soeur (bloquée mentalement à l’âge de six ans au moment où quelques années plus tôt sa mère mourrait dans un accident de voiture) ne lui soit pas enlevée. Elle sera confrontée à deux fonctionnaires de l’organisme chargé de la protection de l’enfance. Charlotte de Turckheim n’a pas hésité à jouer l’un de ses rôles, s’enlaidissant et se rendant détestable à souhait tant elle veut faire passer la loi au premier plan. Son collègue, Monsieur Buzenval (Patrice Thibaud) la dépasse encore et on aimerait temps qu’il lui arrive quelque chose.

Il faut aussi relever le jeu des actrices principales : Alice Pol, Audrey Lamy véritables complices comme actrices, mais aussi dans leurs personnages. Il faudra mettre le cœur à l’ouvrage pour trouver du travail rémunérateur, passant de l’art floral au téléphone rose, pour en arriver à la gestation pour autrui. Si le thème est analogue à celui de Melody, il est traité ici sur le mode humoristique (sans être grivois), mais les futurs parents sont un couple homosexuel (autant dire que viennent à l’esprit des questions qui ont fait débat à Bruxelles en début mai). Ce couple réside en Angleterre. Ils sont tous deux cultivés, riches, et font partie de la classe moyenne supérieure. Pour couronner le tout, c’est un couple mixte au plan racial, l’un est noir, l’autre blanc. Nous sommes donc dans les questions soulevées par le « mariage pour tous ».

C’est ici que l’on peut avoir l’impression que trop de sujets sont abordés. Mais on peut passer facilement au-dessus, car la réalisatrice excelle à nous décoincer grâce à l’humour. Ainsi la question de l’homophobie de province, par ignorance (des pédés, on n’en a pas chez nous !), deviendra un des déclencheurs dramatiques du film. Je n’en dirai pas plus, sinon que la fin est passablement ouverte et qu’après vous avoir fait rire, il est possible que tout cela vous entraîne à penser plus loin, voire autrement après la séance. Ce serait un joli succès en ces temps où l’intolérance et le rejet de ce qui est « autre » sont toujours présents.

Diaporama

Crédit photos © Christophe Brachet


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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