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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Chang
Pyojeok (The Target)
Sortie au BIFFF les 13 et 16 avril 2015
Article mis en ligne le 13 avril 2015
dernière modification le 16 avril 2015

par Charles De Clercq
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Film : 60/100

Synopsis” BIFFF : Avec ses huit années d’études, son crédit à vie et ses horaires à vous briser trois mariages à la suite, Tae-jun était en droit d’espérer mieux de sa formation de médecin urgentiste ! Voyez-vous, la veille, il a fait son boulot en soignant un inconnu blessé par balles. À peine a-t-il fini de tricoter la panse sanguinolente qu’une armada de flics débarque aux urgences et isole le patient en ne faisant même pas l’aumône d’une explication sommaire. Probablement un vilain qui a fait des choses pas très catholiques. Et tout ça pourrait s’arrêter à l’anecdote amusante si Tae-jun n’avait pas reçu un appel anonyme quelques heures plus tard lui demandant, non pas son film d’horreur préféré, mais de faire sortir le fameux patient de l’hosto s’il veut revoir sa femme enceinte jusqu’aux yeux… Evidemment, il se voit mal demander à la police s’il peut emprunter le monsieur dans les vapes, mais l’heure tourne et Tae-jun va devoir prendre une décision car, primo, des tueurs viennent de débarquer aux urgences avec des pralines et un silencieux et, secondo, son fameux patient se réveille enfin, se présentant comme un redoutable mercenaire peu enclin à écouter une blouse blanche en train de se faire dessus…

Présentation par le BIFFF : Cette intrigue vous parle ? Normal, il s’agit du remake coréen de A Bout Portant, l’excellent thriller hexagonal signé Fred Cavayé ! Et qui s’y colle ? C’est notre ami Chang, dont on avait déjà projeté Death Bell au BIFFF 2009. Avec un tel scénario et une mise en scène incroyablement musclée, The Target a évidemment fait exploser le box-office coréen avant de remplir avec impatience les travées des Beaux-Arts ! Oui, pour toi, ô public adoré…


Il s’agit donc d’un remake coréen, totalement assumé (dès le générique) d’A bout portant de Cavayé par Chang (et non Zhang Yimou comme l’écrit Allociné !). Et qui dit film coréen dit aussi : beaucoup de moyens et pas mal de violence. Ici, nous sommes servis. Deuxième film de Chang, après Gosa (Death Bell à l’international) The Target impose un rythme endiablé et soutenu durant un peu plus d’une heure trente. Difficile d’en dire plus que le synopsis sans « spoiler », mais l’histoire importe peu finalement parce qu’elle est prétexte à des poursuites, des enjeux entre policiers, bandits, et les « bons » pris dans un engrenage qu’ils ne peuvent arrêter.

Il y a des analogies avec John Wick, sauf qu’ici on ne tue pas le chien et qu’il y a des policiers pas très honnêtes. Il y est donc question, notamment de vengeance après une histoire qui a très mal tourné et dont nous découvrirons l’origine grâce à plusieurs flashbacks. Les « bons » ne sont pas invincibles, ils prennent des coups, certains meurent : là aussi, c’est différent de John Wick. Mais comme pour ce dernier, la violence est ici aussi jubilatoire, parce que cathartique et que les mauvais, en définitive... Quoique ! Il y a un petit plus à découvrir après le début du générique final, qui se situe 4 ans avant le dernier plan (probablement trop sentimental) et qui oblige à se poser quelques questions sur l’éthique du système.

Alors le film fait ce qu’on attend de lui. Ce n’est ni un grand ni un bon film pour cinéphile, mais pour qui a envie de se détendre sans se prendre la tête tout en la remplissant d’images et d’une bande-son qui renforce et accentue les moments de tensions ce sera un bon moment de détente entre amis.

En résumé : le film est « efficace » et « classiquement coréen ». Les coups et la violence sont attendus et classiques et il manque probablement le souffle du film de Cavayé. Occasion peut-être de revoir celui-ci pour comparer et le (re)découvrir.

Pour ce qui a trait à l’ambiance BIFFF, cela a commencé comme souvent avec la pleine implication du public par ses réactions, ses commentaires.... jusqu’à ce qu’autre chose se passe : celui-ci était captivé (de captif : prisonnier !) par le film jusqu’à ne quasiment plus réagir et à garder le silence. C’est un peu comme si nous nous retrouvions dans une salle classique, mais sans pop corn ! Et donc, si l’ambiance typiquement BIFFF n’était pas au rendez-vous pendant les deux derniers tiers du film, c’était une autre ambiance, oserais-je écrire : religieuse ! Comme si, tout en étant conscient des limites et faiblesses du film et du scénario, le public recevait ce film comme un cadeau qui rejoignait certaines de ses attentes.

Pour les sous-titres, la synchronisation était parfaite. Ceux-ci n’étaient que la traduction de l’anglais et non du coréen. Cela arrive de plus en plus fréquemment, ici au BIFFF comme ailleurs. En revanche, dans le cas présent, c’était un moindre mal. En effet, la plupart du temps il y a trop de texte (alors qu’il s’agit de le réduire à l’essentiel) et il faut choisir entre lire le texte ou regarder les images. Dans le cas présent, cette traduction rendait la lecture agréable puisqu’elle respectait la convention de concision requise pour le sous-titrage.


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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