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Ariel Schulman et Henry Joost
Project Power
Sortie du film le 14 août 2020 sur Netflix
Article mis en ligne le 15 août 2020

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • cinquième long métrage du duo de réalisateurs Ariel Schulman et Henry Joost, après notamment les opus 3 et 4 de la franchise « Paranormal Activity », le thriller technologique « Nerve » (2016), ou encore le documentaire « Catfish » (2010).

Résumé : Dans les rues de La Nouvelle-Orléans, la rumeur commence à circuler à propos d’une pilule mystérieuse qui libère des super-pouvoirs différents selon chaque personne. Le problème ? Lorsqu’elle fait dangereusement exploser le crime en ville, un flic s’associe avec une jeune dealeuse et un ancien soldat motivé par une vengeance secrète pour combattre le pouvoir par le pouvoir, espérant que la pilule leur permettra de traquer et d’arrêter ceux qui l’ont inventée.

La critique de Julien

Né de l’imagination du jeune scénariste et producteur Mattson Tomlin, lequel on retrouvera aux crédits du scénario du prochain et tant attendu « The Batman » (2021), aux côtés de son réalisateur, Matt Reeves, « Project Power » semble pourtant tout droit sorti d’un comics, alors qu’il n’en est rien. Et pour cause, il est ici question d’une pilule d’un nouveau genre, capable de vous donner un pouvoir extraordinaire aléatoire d’une personne à l’autre, pendant 5 minutes, ou alors de tuer, instantanément…

Courtisée par plusieurs studios avant que Netflix en acquiert finalement les droits et finance le film à hauteur d’un budget de production de 85 millions de dollars, cette histoire prend source dans un futur proche de la Nouvelle-Orléans. Plusieurs trafiquants s’approvisionnent alors en drogue « Power », dont un jeune homme nommé Newt (Colson Baker, du groupe Machine Gun Kelly), lui-même le principal revendeur de sa cousine Robin (la révélation Dominique Fishback, mais dans un rôle on ne peut plus stéréotypé). Peu assidue à l’école, et n’ayant d’autre choix que de dealer pour couvrir les besoins médicaux de sa mère, cette dernière sera sauvée de trois adolescents malveillants par Frank Shaver (Joseph Gordon-Levitt), un officier de police et client régulier de Robin, tandis que Newt, lui, sera retrouvé par Art (Jamie Foxx), appelé The Mentor, un ancien soldat qui essaie de trouver « Biggie », l’une des sources de la drogue. Ce joli monde, victime d’un système qui profite toujours à ceux qui ont le pouvoir, tentera de percer les secrets de Teleios, une entreprise pharmaceutique en quête d’investisseurs pour son projet « Power »...

Tourné il y a deux ans à la Nouvelle-Orléans et affichant dès lors une photographie reflétant tous ses contrastes, ce nouveau blockbuster est destiné à rencontrer son public, étant donné que tous les ingrédients y sont réunis pour offrir le spectacle attendu à ses millions d’abonnés à travers le monde. Alors qu’il n’hésite plus à mettre la main au portefeuille, et d’autant plus après les récents triomphes de « Tyler Rake » et de « The Old Guard », Netflix prouve qu’il a désormais une mainmise de choix sur le catalogue des grosses productions à venir, auquel le public répondra forcément présent, et d’autant plus avec des films comme « Project Power », lequel remplit du début à la fin son contrat de divertissement assumé, énervé, parsemé de chouettes idées de mise en scène (la séquence de la cage de verre), et emmené par un casting appliqué. Autant remercier la présence de Jamie Foxx, et de Joseph Gordon-Levitt (malgré l’accent) ! Et puis, cette idée de pilule, aux effets variant d’une personne à l’autre une fois ingérée, réserve quelques sympathiques scènes imprévisibles de transformations surhumaines, de courses-poursuites, et de bagarres effrénées. Le film se permet aussi une curieuse métaphore qui pointe du doigt les élites politiques et gouvernementales complotistes, mais toujours perchées en haut de leur tour d’acier, quoi qu’il arrive, ainsi que l’influence du lobby pharmaceutique sur ces dernières, et dès lors sur nos corps, situés en bas de l’échelle. « Project Power » n’a pourtant pas la carrure, ni l’ambition d’aller plus loin que la simple allusion, lui qui n’est autre qu’une série B plaisante, aux ficelles peu nouées, et on ne peut plus dopée...

Nouvelle production Netflix à gros budget, « Project Power » tente de nous faire avaler la pilule, ce qu’il réussit à faire, ne manquant pas d’atouts dans sa poche. Les amateurs de super-héros - pas comme les autres - y trouveront ainsi le compte. Pour les autres, passez votre chemin, car vous en ressortirez sourd, et surtout muet devant tant de laideur, propre pourtant à cette histoire bien sale, et au genre qu’emprunte le film, qui évite ici mieux les balles que les clichés...

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Project Power avec Jamie Foxx | Bande-annonce officielle VOSTFR | Netflix France - YouTube