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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Thomas Lilti
Première année
Sortie le 12 septembre 2018
Article mis en ligne le 15 juillet 2018

par Charles De Clercq
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Synopsis : Antoine entame sa première année de médecine pour la troisième fois. Benjamin arrive directement du lycée, mais il réalise rapidement que cette année ne sera pas une promenade de santé. Dans un environnement compétitif violent, avec des journées de cours ardues et des nuits dédiées aux révisions plutôt qu’à la fête, les deux étudiants devront s’acharner et trouver un juste équilibre entre les épreuves d’aujourd’hui et les espérances de demain.

Acteurs : Vincent Lacoste, William Lebghil, Michel Lerousseau

Quatrième long métrage de Thomas Lilti qui, depuis le deuxième, puise dans ses racines et son expérience pour proposer un univers qui lui tient à cœur, la médecine, tout comme Hubert Charuel rendra compte de ses origines à la ferme dans Petit paysan. Thomas Lilti avait commencé dans un hôpital avec Hippocrate (2014) où il travaillait déjà avec le jeune acteur Vincent Lacoste. Il était difficile de ne pas être touché par ce film, parfois « militant ». Deux ans plus tard, il plonge à nouveau dans son expérience professionnelle avec Médecin de campagne. C’est que le réalisateur est aussi médecin et qu’il souhaite transmettre quelque chose, un message, c’est du moins l’impression qu’il donne.

Avec Première année, Thomas Lilti remonte à l’origine, celle de l’Université, où il faut faire des choix et fait de nouveau appel à Vincent Lacoste qui, pour le coup, à plus l’âge du rôle que dans Hippocrate ! A ses côtés, William Lebghil. Si le premier est en fait un tripleur et veut absolument faire médecine parce qu’il en rêve et travaille dur pour cela, le second lui, suit cette voie, pour suivre celle de son père. Par tradition familiale donc et non pas par goût pour une carrière en particulier. Lui, Benjamin, loge tout près de l’Université tandis qu’Antoine doit faire le trajet vers la banlieue. Il ne s’agit pas d’ailleurs d’une question de moyens financiers (certes il y a de cela) mais des réseaux d’appartenance qui font que l’un a, dès le départ, plus d’atouts que l’autre.

Le film est une alternance de scènes d’étude et d’autres sur les bancs des amphithéâtres. Il a un aspect très (trop ?) documentaire, à l’image de Burning Out, un vrai documentaire de Jérôme Lemaire qui serait ainsi l’aval de la situation. Car la compétition dont il est question au début des études qui mèneront un petit nombre à « faire médecine » va se poursuivre tout au long des études et ensuite lors de l’Internat et ensuite lorsqu’ils et elles seront « casés » professionnellement. Ici, plus encore que dans ses films précédents, Thomas Lilti fait passer un message, veut le faire (et en tout cas, donne cette impression) et puise probablement dans sa propre expérience.

Si le message (voulu ou pas), passe, le revers de la médaille sera une certaine « lourdeur » du film qui n’est pas trop séduisant ni même séducteur. Il y a certes les relations, parfois tendues, entre Antoine et Benjamin qui permettront de maintenir un certain suspens voire une tension tout au long du film jusqu’au surprenant twist final que nous vous laissons découvrir.

A noter aussi que les scènes de cours sont très véridiques de même que les figurants. Nous supposons que ce sont des étudiants de l’Université Paris-Descartes où le film a été tourné (Centre Universitaire des Saints-Pères, Université de Paris Descartes). L’alchimie/symbiose entre les acteurs principaux, les autres acteurs et, nous insistons, les figurants ont permis de donner corps au projet du réalisateur qui clôt ici une trilogie ’dans le désordre !) : « ...une trilogie dans le désordre. Trois personnages masculins à un croisement de leur vie, trois visions de la médecine, trois regards sur la société française. J’ai l’impression que Première année clôt quelque chose. Paradoxalement, c’est aussi un retour aux sources. Le début et la fin en même temps. Mais ce n’est pas du tout un « prequel », comme on en fait souvent maintenant. Évidemment, en retravaillant avec Vincent Lacoste, quatre ans après Hippocrate, on brouille un peu les pistes. Ce n’était pas intentionnel. Mais j’aime les sagas en littérature et ça me plait que le public puisse faire des liens entre les films. ». Le spectateur devra faire un petit effort d’attention puisque le réalisateur n’a pas choisi la facilité en optant pour un film à la pédagogie quasiment documentaire. Au terme, il saura gré à Thomas Lilti de lui avoir ouvert les yeux sur un parcours difficile dès l’origine.


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