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Anne Fontaine
Police
Sortie le 2 septembre 2020
Article mis en ligne le 8 mars 2020
dernière modification le 5 août 2020

par Charles De Clercq

Synopsis : Virginie, Erik et Aristide, trois flics parisiens, se voient obligés d’accepter une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Sur le chemin de l’aéroport, Virginie comprend que leur prisonnier risque la mort s’il rentre dans son pays. Face à cet insoutenable cas de conscience, elle cherche à convaincre ses collègues de le laisser s’échapper.

Acteurs : Virginie Efira, Omar Sy, Grégory Gadebois, Payman Maadi

Après Perfect Mothers (d’après une nouvelle qu’il serait bien difficile d’adapter aujourd’hui), Gemma Bovary,Les Innocentes, Marvin ou la belle éducation et même Blanche comme neige, la réalisatrice luxembourgeoise Anne Fontaine adapte un roman d’Hugo Boris, Police.

Pour qui a lu le roman, la présentation du titre à l’envers dans le générique ne surprendra pas (voir ci-contre à droite la couverture du livre). En revanche, la construction du film diffère en proposant quatre chapitres : Virginie, Erik, Aristide (tous trois font le premier tiers du film) et Tohirov, le plus long. Les trois premiers couvrent grosso modo la même période, en remontrant certaines scènes selon le point de vue du protagoniste mis en exergue. Le livre n’a pas ce découpage et entre directement dans le vif du sujet (l’histoire reprise dans le synopsis du film). Le dernier segment du film est donc le plus long et, après avoir montré la situation avant l’arrivée des policiers (et notamment la scène inaugurale du film, avant le chapitrage de celui-ci et que l’on comprend alors) va se poursuivre durant quelques heures et une nuit qu’on vous laisse découvrir à l’écran.

En cela, les trois premiers chapitres permettent de découvrir la personnalité des trois policiers qui va entrer en ligne de compte dans les décisions qu’ils prendront ou pas (laisser s’échapper ou pas l’homme qui court à une mort certaine s’il est rapatrié dans son pays). Occasion d’aller plus loin que le film (et le roman) en nous obligeant à penser à ce qu’il en est dans la réalité de nos pays européens. Le film doit beaucoup à ses quatre interprètes principaux d’autant que Virginie Efira arrive à faire oublier l’actrice et qu’Omar Sy, lui, ne fait pas du « Omar Sy », ce qui apporte une densité à son personnage. Enfin, saluons la présence et le jeu de l’acteur iranien Payman Maadi (About Elly, Une séparation), qui traduit bien à l’écran les sentiments de trouble, de peur et de résignation du demandeur d’asile expulsé et qui ne peut s’exprimer dans la langue du pays qu’il espérait voir l’accueillir.