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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
Peppermint
Réalisateur(s) : Pierre Morel
Article mis en ligne le 19 septembre 2018

par Julien Brnl
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Si la mise en scène reste efficace, et Jennifer Garner plutôt impliquée, on reste sans voix face à l’absurdité des facilités scénaristiques qu’il emprunte. 11/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 12 septembre 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • cinquième long métrage du réalisateur français Pierre Morel, lui qui se spécialise dans les films d’action anglophones comme « Taken » ou « Gunman » ;
  • celui faisait plus de dix ans que l’actrice Jennifer Garner n’avait plus endossé un rôle dans un film de ce genre, elle qui avait autrefois incarné l’espionne Sydney Bristow dans la série « Alias ».

Résumé : Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de prêt ou de loin, sont impliqués.

La critique

Alors qu’on a déjà vu pas mal de rôle masculin venger la disparition ou la mort d’un proche, ou même celle d’un animal (vous savez bien entendu de qui on parle), et cela malgré le caractère ordinaire ou non de leur personnage, on n’avait pas encore vu de femme prendre à leur tour le « contrôle des opérations » dans un système corrompu. Dans « Peppermint », Jennifer Garner incarne Riley North, une veuve qui, cinq ans auparavant, a vu son mari et sa fille se faire tuer devant ses yeux. Alors que le système judiciaire n’en fait qu’à sa tête, elle décide de punir elle-même les responsables de ce double meurtre, sachant qu’il ne s’agit-là que d’un gang de narco-trafiquants aux méthodes ultra-violentes...

Passez le manque d’originalité du scénario, ses incohérences monstres et l’épaisseur très fine de ses personnages secondaires, et « Peppermint » devient un divertissement qui se laisse regarder, le cerveau débranché. Sans surprise, le dernier film de Pierre Morel s’inscrit sans trop de difficultés dans sa filmographie, principalement composée de films d’action rythmés non pas par de bonnes idées, mais par des cascades, des fusillades, des courses-poursuites et autres bagarres en tous genres. Certes, l’idée de montrer à l’écran une femme forte et courageuse est pertinente vis-à-vis du climat actuel qui règle dans le monde du cinéma, mais elle demeure ici caricaturée, et totalement invraisemblable. Ainsi, même si on apprend par exemple que le personnage principal a suivi des entraînements clandestins durant cinq longues années afin de se préparer à sa vengeance, on a bien du mal à croire en plusieurs de ses prouesses inhumaines, réalisées seules, et d’autant plus face à ces hommes présentés comme de véritables bouchers, aux gros biscoteaux.

C’est que cette mère, au départ inoffensive, va se transformer, au fil des cinq années qui ont suivi la disparition tragique de sa famille, en une meurtrière sans scrupule, prête à dégainer à tout-va, et fracasser du méchant.

En l’occurrence, cela faisait longtemps que Jennifer Garner n’avait plus joué une héroïne redoutable, ce qui représentait ici un défi majeur pour l’actrice, devenue maman de trois enfants à la suite à son mariage avec Ben Affleck. Et s’il fallait retenir quelque chose de ce film, alors c’est bien son interprétation, et la force qu’elle y met. Convaincante, l’actrice altère des scènes musclées et d’émotions, comme la fameuse scène d’ouverture, où l’on assiste à l’assassinant, lâche et affreux, de sa famille. À vrai dire, il s’agit-là du moment le plus fort du film. Mais comme à son habitude, Pierre Morel sait y faire en matière de films d’action, et livre ici quelques chorégraphies plutôt bien fournies, et violentes. Mais globalement, ça reste du déjà vu.

« Peppermint » est donc un produit ultra-formaté, qui n’apporte malheureusement rien au genre dans lequel il s’inscrit.



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