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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Camille Fontaine
Par accident
Sortie à Flagey le 20 juin 2016 à 20h00
Article mis en ligne le 19 juin 2016

par Charles De Clercq
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Un film réalisé « par accident » ?
« Accident de parcours » pour Emilie Dequenne en mode sur-jeu ? 33/100

Présentation BRFF : Une jeune femme renverse un piéton par accident. Elle culpabilise et s’inquiète pour le blessé qui est tombé dans le coma. Une autre femme dépose son témoignage à la police affirmant que l’accidenté s’est jeté sous les rues de la voiture. Mais pourquoi diable affirme-t-elle cela et se rapproche-t-elle de la conductrice au point de devenir son amie. Vous l’aurez compris le film commence comme un drame du quotidien pour se décliner comme un thriller au suspenses de plus en plus oppressant, qui n’est pas sans rappeler l’inquiétant Harry, un ami qui vous veut du bien. Emilie Dequenne, presque méconnaissable, apporte la désinvolture et le trouble nécessaire à son personnage. Un premier film bien maitrisé par Camille Fontaine plus connue comme scénariste.

Acteurs : Hafsia Herzi, Emilie Dequenne, Mounir Margoum, Emmanuel Salinger.

Il s’agit du premier film réalisé par la scénariste Camille Fontaine (qui n’a aucun lien de famille avec Anne Fontaine) et nous ne sommes pas allé le voir « par accident ». C’est que la présentation de Par accident par l’équipe du BRFF le plaçait dans la lignée de Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll (2000). A la sortie d’un film techniquement assez court (84 minutes qui nous ont semblé durer le double) nous pouvons résumer celui par la boutade d’un confrère : « un film réalisé par accident ! ».

Nous sommes plusieurs journalistes déçus par ce film ! Serions nous différents de nos confrères français qui pour la plupart ont apprécié le film, sauf, par exemple, Rémi Geoffroy du site Abus de Ciné dont nous rejoignons sensiblement la critique. Le dossier presse semble nous vendre un autre film et la réalisatrice se place sous le parrainage non seulement du film de Dominik Moll, déjà cité, mais aussi de Soupçons d’Alfred Hitchcock et même d’A bout de course de Sidney Lumet. Excusez du peu ! Avec d’aussi augustes références, il ne nous resterait donc qu’à nous retirer et à nous taire.

On vous dira quand même que nous avons eu l’impression de découvrir un film manquant singulièrement de vraisemblance (certainement pas le film social annoncé), d’un scénario qui ne tenait pas la route avec des actrices qui ne tentent même pas de sauver le scénario. Hafsia Herzi qui était quand même de La graine et le mulet semble hors de son rôle tandis que notre Emilie Dequenne, surjoue beaucoup trop dans son rôle d’une innocente complètement frapadingue où à la masse. Elle se veut angoissante, mais ne rend à l’écran qu’une actrice too much qui écrase son personnage.

Une question est posée à la réalisatrice dans le dossier presse : « Vous transposez ici les codes du genre dans un terrain très social. C’est un procédé assez rare dans le cinéma hexagonal... ».
Elle répond : Il fallait d’abord qu’on croit sans hésiter à la réalité des personnages principaux. D’où l’entrée dans le film par un biais social, caméra à l’épaule. Là seulement le thriller pouvait s’installer. Après, j’aime le genre. Il permet d’aborder des thèmes personnels de façon ludique. On fait croire que tout cela n’est pas très sérieux et que l’on n’est là que pour s’enfoncer dans son fauteuil et s’oublier un peu, le temps d’un film. Il permet aussi de plonger les personnages dans des situations extrêmes et de les révéler dans leur complexité. En les mettant en danger, il renforce leur vulnérabilité. C’est vraiment un genre formidable pour pousser les situations et les enjeux. Et puis j’avais envie de jouer avec le spectateur. Je me disais, si je le surprends, il va s’interroger. Mon ambition, c’était de faire un film qu’on regarderait la bouche ouverte et qui ferait réfléchir. Je ne sais pas si j’ai réussi... J’aimerais bien. (rires).

Alors, désolé, nous on ne rit pas - malgré une scène assez cocasse ou Emilie Dequenne lance une tirade, une ode, rimée, à la bite ! On ne s’étonnera d’ailleurs pas que le film ne sorte pas en salles en Belgique. Espérons cependant que tant pour la réalisatrice que pour les acteurs et en particulier pour Emilie Dequenne ce ne soit qu’un accident de parcours et qu’elle ne s’enferme pas dans des rôles borderline !


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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