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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Philippe Lacheau
Nicky Larson et le Parfum de Cupidon
Sortie le 13 février 2019
Article mis en ligne le 7 mars 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation française du manga shōnen « City Hunter », écrit et dessiné par Tsukasa Hōjō, lequel a notamment été adapté en série animée comptant 144 épisodes, et diffusée en France sur TF1 dans l’émission du Club Dorothée ;
  • après les succès commerciaux de « Babysiting » (ainsi que de sa suite) et « Alibi.com » (sans oublier « Épouse-Moi Mon Pote » réalisé par son compère Tarek Boudali), Philippe Lacheau a eu l’opportunité de réaliser ici un rêve d’enfant, soit d’adapter au cinéma l’un de ses dessins animés d’enfance préférés, et d’enfiler par la même occasion la veste bleue, le tee-shirt rouge et la pantalon noir de Nicky Larson, et cela à la fois pour toute la génération du Club Dorothée, ainsi que pour permettre à la nouvelle de découvrir ce détective hors du commun ;
  • le créateur du manga, Tsukasa Hōjō, détenteur des droits du personnage Ryô Saeba (rebaptisé Nicky Larson en France), a donné un aval très enthousiaste pour cette adaptation, après avoir demandé un droit de regard sur le scénario, écrit pendant dix-huit mois par la même équipe que celle de « Babysitting ».

Résumé : Nicky Larson est le meilleur des gardes du corps, un détective privé hors-pair. Il est appelé pour une mission à hauts risques : récupérer le parfum de Cupidon, un parfum qui rendrait irrésistible celui qui l’utilise…

La critique de Julien

Philippe Lacheau a sans doute une bonne étoile. Après notamment quatre succès publics sans précédents, le comédien et sa célèbre bande (composée ici de Julien Arruti, Tarek Boudali et Elodie Fontan) s’attaque à un projet risqué et des plus audacieux : adapter au cinéma le manga « City Hunter », écrit et dessiné par Tsukasa Hōjō, et connu par chez nous pour son adaptation en dessin animé ayant diverti toute une génération d’enfants au début des années nonante, dans le Club Dorothée sur TF1. Justement, Philippe Lacheau en faisait partie, lui qui réalise donc ici son rêve de gosse. Tout en restant le plus fidèle possible au manga, Lacheau et sa bande ont donc relevé le défi de satisfaire tous ceux qui ont grandi avec le Club Dorothée, ainsi que de révéler aux yeux des plus jeunes ce personnage culte. Alors, pari réussi ?

Une chose est certaine, la bande à Fifi s’est amusée ! Tout d’abord, la transposition des aventures de Nicky Larson de Tokyo à la France est une réussite. Excepté Monaco, aucune autre ville est citée, tandis que les pistes ont été brouillées pour restituer une ville (aux allures futuristes) qui n’existe pas. D’ailleurs, on sent que la production a pu bénéficier d’un gros budget, étant donné des décors impressionnants, et surtout des scènes d’action digne d’un vrai film de genre. Pour être crédible, la production a fait appel à de jeunes cascadeurs professionnels, lesquels ont aidé les acteurs à exécuter des séquences musclées. On repense notamment à celle située dans un casse automobile, filmée à la fois caméra à l’épaule et en caméra subjective, où les coups et le danger viennent de partout, tout comme à la course-poursuite dans les rues de Monaco, ou encore à la scène de l’entrepôt.

Visuellement, « Nicky Larson et le Parfum de Cupidon » met le paquet et n’a pas à rougir de certaines productions américaines. Avec comme inspiration « Deadpool » ou encore « Kingsman », le film met en scène de bons moments d’action, très bien exécutés, et avec ralentis comiques à l’appui. Décidément, Philippe Lacheau est un touche-à-tout ! Cependant, le montage, surtout en première partie, laisse entrevoir des blancs, et donne vraiment l’impression aux différentes scènes d’avoir été tournées à des moments différents...

L’une des grandes difficultés pour l’équipe a été de rendre hommage au manga d’origine et à la série animée japonaise, tout comme de fidéliser de nouvelles personnes. À l’époque, alors que la série prenait déjà des libertés avec le manga éponyme, la version française, adaptée à un jeune public, avait du proposer une traduction plutôt édulcorée des dialogues, renforçant d’ailleurs l’aspect humoristique des aventures de Nicky Larson, en plus de voix et d’intonations stéréotypées affûtées aux différents méchants de l’histoire. Et force est de constater ici que l’on retrouve une bonne partie des ingrédients et du sel faisant des enquêtes de Larson une fantaisie pop-cartoonesque, mêlant autant l’humour que l’action. On y retrouve ainsi le célèbre détective à femmes, toujours aussi porté sur les formes féminines, qui en est d’ailleurs un véritable obsédé. Et ça tombe bien, puisque l’humour relatif au-dessous de la ceinture est une marque de fabrique de Lacheau, ce qui lui permet dès lors d’en profiter. Quel plaisir aussi de découvrir tous les gadgets indissociables de la série, tels que le bazooka, ou encore le marteau. De plus, le jeu du chat et de la souris entre Laura (Elodie Fontan) et Nicky est respecté, tandis que Mammouth (Kammel Guenfoud) est également de la partie. Mais la plus belle surprise du film est certainement l’attention portée par les dialogues à de multiples clins d’œil au manga original, comme à d’autres programmes du Club Dorothée, ou à divers mangas ayant bercé l’enfance de l’équipe. Sympathique, et bienvenu ! Enfin, on peut aussi citer l’apparition au générique de Jean-Paul Césari, l’interprète du générique français de la série d’animation, ou encore de Vincent Ropion, qui prêtait sa voix à Nicky Larson. Sans oublier le caméo de Dorothée !

Malgré toutes ces réussites, le scénario de cette adaptation peine à proposer une histoire qui en vaille la peine. D’accord, l’ensemble des péripéties baigne dans l’œuvre de Tsukasa Hōjō, mais cela ne suffit à en faire un film qui restera dans les annales. De plus, le casting en fait un peu trop à notre goût, et nous éloigne un peu de l’univers de Larson. Chantal Ladesou, Didier Bourdon, Jarry, Gérard Jugnot, Medi Sadoun, ou encore Pamela Anderson ont été appelés pour une série de gags en tous genres, tandis que les deux acolytes de Lacheau, Tarek Boudali et Julien Arruti s’offrent deux one-man-shows à eux-seuls. À des niveaux d’humour différents, toutes ces interventions fusent dans tous les sens, avec un certain comique de situation, mais majoritairement appuyé, et sans véritable... sens. On rigolera donc davantage de la finesse des clins d’œil, tout comme du penchant de Nicky Larson pour les femmes, ce qui caractérise d’ailleurs le personnage. Enfin, on se questionne sur l’obnubilation douteuse que porte Philippe Lacheau sur l’homosexualité. En effet, à plus de trois reprises, l’écriture fait référence à des blagues de mauvais goût, comme si, en dernier ressort, on pouvait toujours rire de cela. On avoue que c’est marrant une fois, mais certainement pas quatre fois...

Loin d’être la catastrophe annoncée, « Nicky Larson et le Parfum de Cupidon » est certainement un pari réussi pour Philippe Lacheau et sa bande. D’un point de vue cinématographique, maintenant, le film se regarde comme une aventure relativement spectaculaire, rocambolesque, surtout absurde, mais au moins fidèle à l’esprit du manga « City Hunter ».



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