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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Tim Burton
Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children
Sortie le 28 septembre 2016
Article mis en ligne le 28 septembre 2016
dernière modification le 3 octobre 2016

par Charles De Clercq
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Tim Burton retrouve sa magie, ses fantasmes, ses monstres pour notre plus grand plaisir. 84/100

Synopsis : À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs… et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

Acteurs : Eva Green, Samuel L. Jackson, Kim Dickens, Judi Dench, Asa Butterfield, Allison Janney, Chris O’Dowd, Rupert Everett, Terence Stamp.

 Du roman « fantasy » à l’écran

Le titre français du film est Miss Peregrine et les enfants particuliers, mais on ne saurait trop conseiller de voir le film en version original, d’autant plus que, contrairement aux apparences, le dernier Tim Burton n’est pas particulièrement destiné aux jeunes enfants. Tim Burton adapte un roman homonyme de Ransom Riggs, publié en 2011 et destiné à un jeune public. En réalité, il y a trois tomes et c’est le premier qui est mis en scène ici. L’éditeur présente ainsi le roman : « Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître... » Le tome 2 s’intitule en français Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tome 2 - Hollow City et le troisième Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tome 3 : La bibliothèque des âmes. Est-ce à dire que l’on aura droit à une ou plusieurs suites par Tim Burton ? Ce n’est pas sa façon habituelle de travailler. Le film ne ferme pas cette hypothèse, mais est là, simplement conforme, semble-t-il au roman (que nous n’avons pas lu !).

 La « fantaisie » de Tim Burton

Demander à Tim Burton d’adapter à l’écran un roman pour enfants, c’est prendre le risque d’ouvrir la boite des cauchemars ! Et, à découvrir les premières images du film, il semble bien qu’il n’en soit rien. C’est très classique. Les minutes passent et nous n’avons pas l’impression d’avoir affaire au grand Burton. Serait-il tombé de son piédestal ? Aurait-il perdu son génie ce que certains pensent au vu de ses derniers films ? Ce n’est pas exactement ce que nous pensons, mais comme nous sommes - souvent - bon public notre jugement peut paraître suspect. C’est dire que le premier quart d’heure du film paraît très sage, beaucoup trop sage. Pas normal, cela... du moins jusqu’à ce que l’on vire au... paranormal ! C’est que les histoires racontées par le grand-père (Terence Stamp) à son petit-fils (Asa Butterfield, excellent acteur, d’autant que malgré ses dix-neuf ans il arrive à rendre crédible un ado de 15/16 ans !) ne sont peut-être pas aussi saugrenues qu’on voulait le faire entendre. Que peut-être bien qu’il n’était pas dément et qu’il voyait des choses que les autres ne voyaient pas... jusqu’à disparaître en perdant les yeux, la vue... et la vie ! C’est qu’ils ont des yeux et ne voient pas alors même que tout va basculer !

 Et tourne, tourne, la boucle !

L’on se doute bien que les choses ne seront pas ce qu’elles sont au vu du commun des mortels : ordinaires. Place à l’extraordinaire et c’est là que tout à coup on en prend plein la vue et l’on se dit que l’on a retrouvé Burton dans toute sa splendeur, du moins dans sa dimension magique et merveilleuse. Notre jeune Jacob ne va pas tomber dans un puits ni prendre une échelle, mais trouver - malgré lui, à son corps acceptant, on le comprendra plus tard - un passage pour retrouver l’orphelinat de son grand-père, Mis Peregrine (étonnante et envoutante Eva Green), mais aussi nombre d’enfants, avec leurs qualités, leurs défauts - somme toute les mêmes personnalités que l’on découvre chez les enfants sans parents dans le film d’animation Ma vie de Courgette (la critique n’est pas encore en ligne) -, mais aussi leurs particularités. C’est un peu ce qu’aurait pu être les X-Mens à leurs débuts... mais des « mutants » à la sauce Burton. C’est que Jacob va découvrir une étonnante boucle temporelle (Les X-Mens ont aussi exploré le temps) d’une durée de 24 heures et que Miss Peregrine, comme d’autres de ses semblables peut utiliser pour protéger ces (ses) enfants « particuliers »... ici de l’explosion d’une bombe en 1943 qui fera exploser l’orphelinat. Si Jacob peut sortir - impunément ? - de la boucle, les autres ne le peuvent, car le temps « perdu » celui qui se sera écoulé hors de la bulle, les rattrapera, soit vieillir d’un coup de plus de septante ans !

 Comment (s’en) sortir ?

Tout semble merveilleux dans le meilleur des mondes possibles... mais nous sommes chez Burton qui certes adapte un roman, mais va lui donner sa couleur propre. Les familiers de Burton connaissent ses univers où les cauchemars ne sont jamais loin, de même que les créatures fantastiques, les monstres et les squelettes et quelques méchants aux yeux blancs... même si l’un est noir (Samuel L. Jackson). C’est là qu’apparaît la magie (noire ?) de Burton, pour notre plus grand plaisir. Le réalisateur (se) joue de nos peurs, de nos frissons et de nos angoisses enfantines. On tremble pour nos héros et leurs oiseaux rapaces (vous comprendrez à l’écran) encagés pour prendre possession de leurs pouvoirs et obtenir la vie éternelle. Mais cela n’ira peut-être pas dans le sens voulu par les êtres maléfiques ! C’est que l’une des enfants qui sort de la bulle peut sortir de son corps d’autres bulles, d’air qui peuvent faire remonter tant de choses à la surface. De quoi naviguer sur la mer vers le présent avec des marins, voire des combattants qui se sont fait de vieux os. C’est là que les uns et les autres pourront unir leurs forces pour le bien commun. On vous laisse le plaisir de découvrir ces combats à l’écran. Certains confrères critiques estiment que cette seconde partie du film est plus faible que la première. Ce n’est pas notre cas et nous pensons que Burton arrive vraiment à faire revivre dans le présent les fantômes du passé. Il sera temps alors de conclure le film et l’histoire, de la boucler d’une certaine manière, de franchir les couloirs ou les boucles du temps, de s’engager, prendre la mer et rêver ensemble à un avenir sans fin.

 Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


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