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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Réalisateur(s) : Gilles de Maistre
Mia et le Lion Blanc
Sortie le 26 décembre 2018
Article mis en ligne le 31 décembre 2018
dernière modification le 6 janvier 2019

par Julien Brnl
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Dans l’ensemble, « Mia et la Lion Blanc » est bien ce qu’on attendait de lui malgré d’évidentes limites. Réalisé sans fond vert, la complicité entre cette demoiselle et ce lion est grandiose, tout comme elle appelle à un message de protection de l’espèce animale, et à la dénonciation d’une pratique barbare, et qui doit s’arrêter. 13/20

Signe(s) particulier(s) :

  • le réalisateur Gilles de Maistre est un touche-à-tout Français, lui qui est aussi bien journaliste, auteur, globe-trotteur, producteur et (forcément) réalisateur de films, mais aussi de documentaires, tandis qu’il a fait ici appel au spécialiste des lions Kevin Richardson afin de l’aider dans son incroyable projet ;
  • le tournage a été réparti en quatre blocs étalés sur trois années, en Afrique du Sud ;
  • la jeune sud-africaine Daniah De Villiers, onze ans à l’époque, a eu la chance de côtoyer Thor, un lion blanc (nommé ici Charlie), durant trois années, et depuis ses quatre mois (tout comme l’acteur Ryan McLennan interprétant son frère aîné), lequel a été élevé avec Daniah et a été habitué aux caméras et aux micros ;
  • co-production entre la France, l’Allemagne et l’Afrique du Sud.

Résumé : Mia a onze ans quand elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant. Mia découvre alors le secret que cache la ferme : son père vend les lions à des « chasseurs de trophées ». Mia n’aura désormais qu’une obsession : sauver Charlie, à tout prix.

La critique de Julien

Attendu comme le film d’aventure à voir en famille durant ces fêtes, « Mia et le Lion Blanc » nous plonge dans la savane sud-africaine en compagnie de Mia et de son ami assez particulier, puisqu’il s’agit de Charlie, un lion blanc né dans la ferme d’élevage de ses parents. Laissez-vous donc emporter dans cette histoire d’amitié, et plaidoyer important pour la cause animale.

Cela fait maintenant peu de temps que Mia est de retour en Afrique du Sud avec sa famille, composée de ses parents (John et Alice) et de son grand frère, Mick. Pour une raison que l’on découvrira par la suite, les parents de Mia ont quitté par le passé le pays pour Londres, avant d’y revenir aujourd’hui, bien décidés à y rester cette fois, et à s’occuper de leur élevage de félins. Difficile par contre pour Mia d’accepter cette vie, loin de Londres, et perdue au milieu de la brousse africaine. Mais la naissance d’un lionceau blanc va changer la donne, elle qui va se lier d’amitié avec cette bête sauvage, naturellement dangereuse. Malgré les contre-indications de ses parents, la jeune fille va nouer une relation hors du commun avec Charlie, pendant trois années. Mais Mia découvrira le destin de ces fauves élevés en cage (dont Charlie), destinés à la chasse. Elle décidera alors de fuir le domaine avec Charlie, afin de l’en protéger, et de le mener dans une réserve naturelle protégée...

Pratique autorisée en Afrique du Sud, la chasse aux lions est très prisée par de richissimes particuliers venus du monde entier, avides de sensations fortes et de trophées, déboursant d’énormes sommes d’argent pour abattre sans dignité ces magnifiques animaux dans une partie de chasse en conserve (plus ou moins 30000 euros pour un lion, et moins de 4000 pour une lionne). Business économique très juteux, mais pratique inadmissible, il existerait près de 160 fermes d’élevages dans ce pays, tandis qu’il vivrait deux à trois fois plus de lions en cage en Afrique du Sud qu’en liberté ! De plus, la pratique ne cesse de s’intensifier et de se répandre (notamment au Zimbabwe) autour de ces pauvres animaux enlevés de leur état sauvage dès la naissance, et élevés au biberon par les humains (une mère redevient plus rapidement fécondable sans nourrir son petit). Relâchés quelques jours avant de se faire abattre à l’aide d’un fusil ou d’une arbalète, les lions meurent indignement face aux sourires et satisfactions de ces chasseurs, aussi bien masculins que féminins.

La principale raison de découvrir ce film en salle est dès lors de dénoncer cette pratique ignoble et inhumaine, et qui vient à l’encontre de la protection de la faune. Alors certes, beaucoup le font déjà à travers des documentaires, mais la montrer dans un film de fiction destiné au grand public lui permet une plus grande visibilité, et dès lors de faire réfléchir petits et grands, et, peut-être, de les faire agir.
« Mia et le Lion Blanc » met aussi en images une belle histoire d’amitié et d’attachement entre l’humain et l’animal, et suffisamment explicite pour parvenir à nous toucher, bien qu’aidée par une bande-originale aux ambiances ethniques, et collant parfaitement à la peau des terres filmées. D’ailleurs, le travail de préparation, d’interaction et d’imprégnation effectué pour arriver à ce résultat est tout simplement incroyable ! En autres, le tournage s’est étalé sur trois années, il a fallu notamment à l’équipe de tourner dans des cages une fois le lion âgé de deux ans (période qui peut s’apparenter à l’adolescence), tandis que Thor (Charlie) a dû s’adapter au jeu de Daniah De Villers qui, une fois devant la caméra, ne répétait plus les gestes dont il avait l’habitude ! Bref, quelles prouesses, et en plus pour la bonne cause !

Maintenant, point de vue du film, la mise en scène en soi ne casse pas trois pattes à un canard. On a d’ailleurs parfois l’impression de regarder un téléfilm. L’histoire, elle, sent en partie le déjà vu, et manque parfois de crédibilité (surtout, en dernière partie, lorsque Mia se fait la malle avec Charlie). On reste aussi peu convaincu du rôle non-assumé des parents de Mia concernant cet élevage pour lequel ils semblent tout miser. Par contre, l’épisode concernant le mal-être de son grand frère est (malheureusement) très réaliste, car on n’ose imaginer l’horreur vécue... Concernant les interprétations, elles ne sont pas non plus le point fort du film, si ce n’est Daniah De Villers, qui affine son jeu en grandissant, après des débuts stéréotypés dans la peau d’une gamine en plein rejet.



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