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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Nanni Moretti
Mia Madre
Sortie le 2 décembre 2015
Article mis en ligne le 25 septembre 2015
dernière modification le 7 août 2019

par Charles De Clercq

Synopsis : Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable…
Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Acteurs : Nanni Moretti, Margherita Buy, John Turturro

Un film dans un film, cela me fait penser à La nuit américaine de François Truffaut. Alors, bien sûr c’est tout autre chose, ici, chez Moretti qui, après La chambre du fils, nous fait passer dans celle de la mère. Le réalisateur nous propose un film à la fois touchant et politique qui se veut également une réflexion sur le cinéma. Touchant parce qu’il nous permet de découvrir Ada (Giulia Lazzarini,81 ans, excellente dans son rôle) sur un lit d’hôpital, face à ses deux enfants. Face à la mort attendue, annoncée, chose dont le spectateur « omniscient » ne doute pas un instant, il y a la tranquille acceptation de Giovanni, le fils (Nanni Moretti) et le refus, le déni, de Margherita (Margherita Buy), alors même qu’elle est d’une certaine façon cinéaste du réel. C’est qu’elle tourne non un documentaire mais un film sur une occupation d’usine et ses conséquences.

Le plan inaugural du film (et justement duquel suis-je occupé à rendre compte ?) est d’ailleurs tout un programme car il nous confronte, autrement, à la réalité et à son rapport à la fiction. Dans celle-ci, quel regard faut-il privilégier ? celui de la réalisatrice, du cadreur, du cameraman ? Et la première, que veut-elle montrer ? Qu’en est-il quand elle laisse entendre à ses acteurs qu’ils ne doivent pas s’effacer devant leur rôle mais qu’en revanche, ils doivent être présents... tout en s’effaçant ! Car il faut que le spectateur reconnaisse (et, ici, c’est moi qui joue sur le verbe !) l’acteur. Et qu’en est-il lorsque l’on est confronté à Barry Huggins (John Turturro, criant de vérité) un acteur qui semble cabotiner, qui (se) raconte des histoires avec Kubrick, qui blague, et en même temps, semble refuser les diktats d’une réalisatrice ? Et plus encore quand nous découvrons au gré des photos de l’équipe de tournage que la faille est ailleurs !

A travers ce film dans le film, Moretti délivre un message « politique » et si celui-ci est « second », il n’en est pas pour autant « secondaire » ! Par ailleurs la force de caractère dont la « réalisatrice » fait preuve durant le tournage s’épuise lorsqu’elle est confrontée à la perte et au deuil futur ! Occasion de nous faire découvrir ses souvenirs mais aussi ses cauchemars ! Son frère sera un soutien tranquille et sûr durant la période difficile qui prépare la mort. Mais peut-on s’y préparer ? Comme faire un « travail » de deuil ? Est-ce que finalement nous ne sommes pas seuls face à la mort de l’autre (et à la sienne) ? Que faire de nos mourants ? « Vivre leur mort » avec eux, à la maison où les laisser loin, « désincarnés » dans un hôpital ? Quelles leçons peuvent donner et laisser ceux qui partent ?

A quoi penses-tu avant de mourir ? A demain !



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