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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Guillaume Gallienne
Maryline
Sortie le 15 novembre 2017
Article mis en ligne le 1er novembre 2017
dernière modification le 21 novembre 2017

par Charles De Clercq
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Synopsis :
1. Maryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle « monte à Paris » pour devenir comédienne. Mais elle n’a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d’humiliant mais aussi de bienveillant. C’est l’histoire d’une femme, d’une femme modeste, d’une blessure.

2. Maryline est une épopée, celle d’une femme qui n’a pas les mots pour se défendre. Celle d’une actrice qui l’est devenue malgré tout. Elle ne deviendra jamais Monroe, restera toujours une Norma Jean, modeste et franche, solitaire et touchante. Après une enfance dans un petit village de province dans une maison aux volets clos, entre une mère alcoolique et un père violent, qui ne reçoivent jamais personne, elle « monte à Paris » pour devenir comédienne. Son visage, marqué de silences, intrigue. Elle va connaître tout ce que ce métier peut avoir d’humiliant lors du tournage d’un gros film réalisé par un immense metteur en scène aussi talentueux que tyrannique. On la retrouve alcoolique à son tour, dans un rectorat à trier des papiers comme on travaille à l’usine. Mais le métier la rattrape. Grâce à des rencontres de personnes bienveillantes, elle va s’en sortir, de l’alcool, de la peur des mots et des autres. Ce qui aurait pu être sa vie deviendra une œuvre, dans laquelle elle y jouera le rôle principal, toujours avec force, mystère et modestie.

Acteurs : Adeline D’Hermy, Xavier Beauvois, Vanessa Paradis, Eric Ruf.

Nous sommes sortis déçu de la projection presse. Peut-être attendions-nous de ce deuxième film de Guillaume Galienne après son remarqué et remarquable Les garçons et Guillaume à table. Peut-être avions-nous été induit en erreur par la personne responsable des relations avec la presse qui nous avait dit qu’il s’agissait d’une histoire vraie d’une personne alcoolique. Plus exactement, il dit s’être inspiré de la vie d’une femme rencontrée il y a plus d’une décennie : « Ça fait quinze ans que je veux filmer cette histoire. Elle m’a été inspirée par une femme que je connais et qui m’a raconté sa vie. J’ai porté son récit en moi pendant tout ce temps. Mais ma mémoire en a fait autre chose. ». Mais ce n’est pas vraiment cela que nous avons vu à l’écran mais autre chose, le portrait d’une actrice confrontée au milieu et à ses embuches et qui boit, mais pas que.

C’est aussi une héroïne que a des difficultés d’expression. Elle n’est pas bègue comme dans M de Sara Forestier, mais son verbe difficile ne lui facilite pas la tâche et cela lui sera reproché jusqu’à l’humiliation et la dérision. Pour représenter Maryline, il semble que Galienne aie fait le bon choix en optant pour une sociétaire de la comédie française comme lui. Il dit ainsi : « Je l’avais choisie pour l’adaptation d’Oblomov pour Arte, car j’écrivais déjà Maryline pour elle et je voulais voir comment cela se passait quand je la dirigeais. Je ne l’avais jamais dirigée à la Comédie-Française. Elle prend la lumière de manière incroyable et je l’avais trouvée formidable dans Oblomov. », ajoutant qu’il ne pouvait pas prendre quelqu’un de connu, qu’il lui fallait un visage vierge de toute image.

Pari réussi sur ce point et sur l’interprétation d’ailleurs. Ce qui (nous) a posé problème tient probablement au scénario et à la structure du film. Pour passer du point A (Maryline, âgée de 20 ans qui quitte son village" et prend le train) au point B (Maryline sur un plateau de cinéma) il y a une ellipse. On passe de A à B sans transition, à tel point que découvrant la scène d’après le train, nous pensions nous être assoupi et avoir raté un passage essentiel de film. Il en est ainsi du reste du film qui, d’ellipse en ellipse, nous montre diverses scènes ou divers croquis de la vie de Maryline. Nous aurons donc Maryline à la campagne, Maryline prend le train, Maryline est humiliée sur un plateau, Maryline boit, Maryline tente de s’exprimer, Maryline boit (de nouveau)... Le gros problème est de connaître le focus du film. Que veut nous montrer le réalisateur ?

A l’entendre, ou plutôt à le lire, s’agissant d’un verbe manquant, celui-ci est la clé de son film : « C’est ce qui m’a le plus touché dans cette histoire. Ça me bouleverse. Forcément, quand on n’a pas les mots pour argumenter, il peut arriver qu’on pousse et tape pour s’exprimer : la violence naît souvent ainsi. Et Maryline manifeste sa violence de cette façon ; elle n’hésite pas à envoyer le reste de la terre dans le décor ! Ce qui m’a touché chez ce personnage, c’est son handicap invisible. On en a tous un. C’est bouleversant, parce que c’est mystérieux. » Il ajoute : « Maryline est un film sur le pouvoir du verbe et les conséquences de son absence. Avoir le verbe ou pas, telle est la question. (...) C’est sans doute pour cela que cette histoire de femme qui n’a pas les mots pour se défendre m’a autant bouleversé et habité. Maryline parle peu, mais toujours à bon escient (...). ». Ce verbe manquant... nous a manqué à tel point que le film nous est apparu plusieurs fois long et ennuyeux, nous n’oserons pas écrire « verbeux »... Ce n’était peut-être pas notre jour aussi n’hésitez pas à vous faire votre propre avis après avoir lu d’autres critiques plus enthousiastes que la nôtre.

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Bande-annonce :


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