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Cinécure est un site appartenant à Charles Declercq et est consacré à ses critiques cinéma, interviews. Si celui-ci produit des émissions consacrées au cinéma sur la radio RCF Bruxelles, celle-ci n’est aucune responsable du site ou de ses contenus et aucun lin contractuel ne les relie. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller
Maria Rêve
Sortie du film le 28 septembre 2022
Article mis en ligne le 2 octobre 2022

par Julien Brnl

Genre : Comédie romantique

Durée : 95’

Acteurs : Karin Viard, Grégory Gadebois, Philippe Uchan, Noée Abita...

Synopsis :
Maria est femme de ménage. Mariée depuis 25 ans, réservée, timide et maladroite, elle ne quitte jamais son carnet à fleurs dans lequel elle écrit des poèmes en secret. Lorsqu’elle est affectée à l’École des Beaux-Arts, elle rencontre Hubert, le gardien fantasque de l’école, et découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l’audace... Dans ce monde si nouveau, Maria, qui a toujours été dévouée et discrète, va-t-elle enfin se laisser envahir par la vie ?

La critique de Julien

Après avoir partagés plusieurs courts métrages ensemble, Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller ont réalisé avec « Maria Rêve » leur premier film. En plus d’y interpréter des rôles secondaires assez cocasses, le duo de réalisateurs offre ici un énième joli rôle à Karin Viard, dans la peau d’une femme de son âge, laquelle va s’émanciper et se retrouver, et cela par le biais de l’art contemporain, et d’une rencontre insoupçonnée. « Maria Rêve », ou le fantasme absolu de la comédie romantique par définition…

Femme de ménage timide, quelque peu nunuche, prude, renfermée, et dont la devise est de « toujours passer une deuxième fois », Maria ne quitte jamais son carnet à fleurs, dans lequel elle écrit des poèmes, en secret. Mariée à l’intentionné Oratio (Philippe Uchan), lequel déprime en écoutant du fado à longueur de journée à la maison, Maria souffre du manque de sa fille Charlotte (Pauline Clément), son mari ayant décidé de couper les ponts avec, depuis que son meilleur ami vit une histoire d’amour avec elle. Isolée dans sa vie, et peu souriante, Maria sera alors affectée à l’École des Beaux-Arts, où elle découvrira un monde méconnu, au travers de sa profession « où l’on est invisible, mais où l’on voit tout », tandis qu’elle y rencontrera Hubert (Grégory Gadebois), le gardien fantasque des lieux, lui qui y vit reclus tel un ours dans sa tanière, alors fan de pâtisserie le Paris-brest, lequel tente de maîtriser le déhancher d’Elvis sur son titre « Such a Night ». Ce nouvel environnement, ce bouillonnement, cette ébullition de liberté, d’ouverture et de talents va alors permettre à son héroïne de rouvrir des portes qu’elle avait fermées, pour désormais mieux les rouvrir, et notamment accepter son corps tel qu’il est devenu, et comprendre que « quand on tombe amoureux, on tombe amoureux ; on ne choisit pas »...

« Maria Rêve », c’est typiquement le genre de film qui se résume à son seul synopsis, et qui répond évidemment par l’affirmative à la question qu’il se pose. Ce n’est pourtant pas pour autant qu’il ne mérite pas le détour, lequel est porté par une certaine fraîcheur, amenée par son duo d’acteurs principaux, que Karin Viard et Grégory Gadebois interprètent avec beaucoup de sensibilité, même si la première à tendance à appuyer un peu trop le visage fermé de son personnage, en début de film. Ensemble, ils forment un couple auquel on croît, bien que celui que Karin Viard joue avec Philippe Uchan est finalement celui de la raison, celui des liens sacrés du mariage, de la sécurité. Mais la raison a-t-elle seulement toujours raison ?

Avec leur chef opérateur, Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller ont donc tourné leur film aux Beaux-Arts de Paris, offrant à leur récit un cadre unique, permettant à leurs personnages de passer d’un patio florentin à un mur tagué, puis d’un escalier majestueux à une immense bibliothèque, tandis qu’ils profitent de cet espace artistique et de ses décors pour mettre en scène de jolies séquences, à l’image de celle du premier baiser, au travers d’une œuvre numérique, au milieu de projections. C’est donc notamment pour son contexte spatial que cette histoire d’émancipation féminine sort du lot, tandis que ses scénaristes s’amusent comme outil de comédie, ici et là, de l’incompréhension des uns et des autres face à l’art contemporain, sans compter sur une gentille critique du corps professoral qui se prend - il est vrai - souvent (un peu trop) au sérieux...

« Maria Rêve », c’est une romance qui évolue dans un lieu propice à l’éclosion des sentiments, à la possibilité d’encore rêver, et d’oser franchir les obstacles, le principal étant sa propre personne. C’est un doux moment de cinéma, qu’on a certes déjà vu, mais qui se savoure par sa sincérité, et la vie, la luminosité retrouvée qui s’en dégagent.



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