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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Julien Abraham
Made in China
Sortie le 26 juin 2019
Article mis en ligne le 3 juillet 2019
dernière modification le 6 juillet 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • second film du cinéaste Julien Abraham après « La Cité Rose » (2013), et avant « Mon Frère », qui sortira également courant de l’année ;
  • tourné en partie dans le quartier chinois de Tobiac, dans le 13ème arrondissement de Paris ;
  • troisième fois que Frédéric Chau et Medi Sadoun tournent ensemble après « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » et sa suite.

Résumé : François, jeune trentenaire d’origine asiatique, n’a pas remis les pieds dans sa famille depuis 10 ans après une violente dispute avec son père Meng. Depuis, il essaie toujours d’éviter les questions sur ses origines, jusqu’à mentir en faisant croire qu’il a été adopté.
Mais lorsqu’il apprend qu’il va être père, il réalise qu’il va devoir renouer avec son passé et ses origines. Poussé par sa compagne Sophie, il se décide à reprendre contact avec les siens et retourne dans son XIIIème arrondissement natal pour leur annoncer la bonne nouvelle, accompagné de son meilleur ami Bruno. François est accueilli à bras ouverts par sa famille, à l’exception de son père et de son jeune frère.
Le retour dans sa communauté ne va pas être si simple…

La critique de Julien

Frédéric Chau, le nom de ce comédien ne vous dit peut-être. Pourtant, son visage vous est sans doute familier, étant donné qu’il interprétait le rôle de Chao Ling, l’un des maris d’une des filles de la famille Verneuil, au grand dam de ses parents campés par Chantal Lauby et Christian Clavier, dans la comédie à succès de Philippe de Chauveron, « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », et sa suite.

Né à Hô-Chi-Minh-Ville, au Viêt Nam, de parents issus de la minorité chinoise du Cambodge, il n’avait alors que six mois lorsque ses parents ont immigré en France, dans le quartier de Marx-Dormoy, dans le 18e arrondissement. Tandis qu’il a reçu une éducation stricte, et un baccalauréat scientifique, puis un DUT en télécommunication, il s’est pourtant pleinement consacré à sa carrière de comédien à partir de 2009, après avoir été révélé dans le Jamel Comedy Club trois ans plus tôt. Alors qu’il a réalisé et écrit son premier court métrage « Un Pas Vers Elle » en 2016, Frédéric Chau s’est mis ensuite à co-écrire ce scénario, aux côtés de Kamel Guemra, dans l’optique de montrer des personnages l’on ne voit pas habituellement, et par la même occasion de casser les clichés sur la communauté asiatique des quartiers. Ils ont alors été rejoint dans cette tâche par le cinéaste Julien Abraham, lequel s’est également empressé d’accepter la demande des producteurs quant à la réalisation de « Made in China ».

Alors que l’on s’attendait à découvrir une comédie bien grasse et stéréotypées autour des différences culturelles et du racisme existant entre Occidentaux et Asiatiques, « Made in China » passe allègrement à côté de cela, étant donné qu’il est question ici d’une histoire de relation paternelle difficile, autour des origines et d’une quête de filiation descendante. Frédéric Chau interprète ici le personnage central en la personne de François, un jeune trentenaire d’origine asiatique, lequel évite les questions liées à ses origines, tandis qu’il va bientôt être papa. Sauf qu’il n’a pas remis les pieds dans sa famille depuis dix ans suite à une violente dispute avec son père, Meng, face à son choix de carrière professionnelle (photographe plutôt qu’ingénieur), dans une famille où soit, tu obéissais aux volontés des parents soit, tu quittais le foyer ; ce qu’il a donc décidé de faire. François va pourtant devoir reprendre contact avec les siens, dont son père, pour lui annoncer la nouvelle, et ainsi assurer à son enfant de connaître sa famille, entière.

« Made in China » joue davantage sur la corde de la tendresse que celle de l’humour, malgré la présence au casting de Medi Sadoun dans le rôle de Bruno, un moniteur d’auto-école et meilleur ami (envahissant mais très gentil) de François, lequel va l’accompagner dans sa périlleuse mission de (re)prise de contact (le père de François est loin d’être un de Funès), et surtout tomber maladroitement amoureux de Lisa (jouée par l’actrice Mylène Jampanoï, née d’une mère française d’origine bretonne et d’un père chinois). Maintenant, le film ne passe pas à côté de quelques vannes sur les Asiatiques et leurs soi-disant manières d’être, mais elles restent soit légèrement piquantes, soit très fades. À choisir, c’est mieux qu’elles soient comme ça plutôt qu’irrespectueuses. Mais le film parvient, en partie, à rigoler de sa contradiction avec les préjugés établis sur cette communauté.

Gentillet, attendus dans certains segments, et forcément prévisible dans son déroulement, le film parvient tout même à nous toucher par rapport à ce qu’il a à nous offrir, notamment lorsque vient le moment de regarder en arrière, et de se rappeler les êtres chers disparus, et d’autres instants douloureux, afin d’entrevoir l’avenir d’une meilleure manière, mais surtout d’ouvrir les yeux sur le présent, et ce qu’il a à nous offrir.



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