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Lee Isaac Chung
Minari
Sortie du film le 30 juin 2021
Article mis en ligne le 6 juillet 2021

par Julien Brnl

Genre : Drame

Durée : 115’

Acteurs : Steven Yeun, Ye-Ri Han, Youn Yuh-Jung, Alan Kim, Will Patton, Scott Haze...

Synopsis :
Une famille américaine d’origine sud-coréenne s’installe dans l’Arkansas où le père de famille veut devenir fermier. Son petit garçon devra s’habituer à cette nouvelle vie, et à la présence d’une grand-mère coréenne qu’il ne connaissait pas.

La critique de Julien

Récit semi-autobiographique de l’éducation du réalisateur et scénariste coréano-américain Lee Isaac Chung, « Minari » a, avant d’atterrir tardivement dans les salles, fait beaucoup de bruit autour de lui, en rapportant de nombreux prix tels que le Grand Prix du Jury et le Prix du Public au Festival de Sundance 2020, ainsi que le Golden Globes 2021 du meilleur film en langue étrangère ou encore l’Oscar 2021 de la meilleure actrice dans un second rôle pour Youn Yuh-jung. Et ces récompenses sont toutes méritées, et on vous dit pourquoi.

L’intrigue de ce film suit la famille Yi, des immigrants sud-coréens ayant quitté la Californie pour s’installer dans l’Arkansas rural, en 1983, alors que Jacob (Steven Yeun), le père de famille, espère cultiver des légumes sud-coréens pour les vendre à des vendeurs à Dallas en visant le marché de la communauté coréenne aux États-Unis. Jacob et son épouse Monica (Han Ye-ri), qui travaillent en parallèle très dur dans une entreprise de sexage de poussins, devront alors faire face à plusieurs épreuves, telles que la maladie du cœur de leur fils David (Alan Kim), leurs disputes à répétitions sur la vie difficile qu’ils mènent et les risques qu’ils encourent, ainsi qu’aux difficultés d’approvisionnement en eau de leurs cultures. Mais pour soulager les enfants, et la solitude de Monica, cette dernière fera venir de Corée Soon-ja (Youn Yuh-jung), sa propre mère. Le petit David devra alors quant à lui apprendre à partager sa chambre avec sa grand-mère, et accepter des coutumes d’un pays dans lequel il n’a jamais vécues...

Nouvelle preuve que le « rêve américain » ne touche pas que les anglophones d’Amérique et les habitants de partout ailleurs dans le monde, « Minari » est un drame intimiste familial des plus simples, touchants et honnêtes qu’on ait vu récemment, parlé en sud-coréen, mais parsemé de mots dans la langue de Shakespeare. Et autant dire qu’on ne doute guère au vu du résultat que ce récit est inspiré du parcours de son metteur en scène et scénariste Lee Isaac Chung, né à Denver, dans une famille sud-coréenne, alors que sa famille a vécu brièvement à Atlanta avant de déménager dans une petite ferme rurale de Lincoln, dans l’Arkansas. Porté par un formidable trio d’acteurs qui rendent leurs rôles encore plus humains que leur écriture l’est, « Minari » est une incursion à la fois pudique et chaleureuse au sein de cette famille, qui tente alors de joindre les deux bouts, alors que le père donne le tout pour le tout afin de réussir quelque chose dans sa vie, et ainsi montrer à ses enfants qu’il peut y arriver, bien que renoncer est parfois plus prudent pour le bien des siens.

Ancré dans la culture coréano-américaine, « Minari » est une ode poignante à la solidarité des pairs, à la complexité de l’amour et de la confiance mutuelle quand l’espoir aveugle doucement, mais sûrement la réalité et la nécessité actuelle. C’est aussi une rencontre bienveillante et constructive entre un jeune immigré et sa grand-mère maternelle, et les difficultés de se plier aux exigences d’une culture qui n’est pas la sienne, venant ainsi parfois contrer l’image qu’on attendait d’autrui. Mis en musique par le compositeur et pianiste américain Emile Mosseri nommé aux derniers Oscar pour la meilleure musique originale pour son travail inspirant sur ce film, « Minari » est un film qui nous prend par la main pour alors ne plus la lâcher.



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