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Les critiques de Julien Brnl
Love, Simon
Réalisateur(s) : Greg Berlanti
Article mis en ligne le 25 juin 2018
dernière modification le 26 juillet 2018

par Julien Brnl
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À l’heure où les producteurs d’un gros blockbuster avec des dinosaures viennent de retirer toutes insinuations relatives à l’homosexualité de l’un de ses personnages, « Love, Simon » sonne d’autant plus comme un souffle qui s’est fait attendre, et dont l’existence sera, à n’en pas douter, inspirante pour d’innombrables jeunes aussi courageux que Simon. Sans révolutionner le genre, mais bien ses possibilités, voilà un film qui fait du bien, et qui s’ouvre aux autres, et surtout à un monde tolérant. Et rien que pour ça, il mérite un point supplémentaire. Bref, courez à la rencontre de Simon ! - 15/20

➡ Vu au cinéma Acinapolis Jambes - Sortie du film le 20 juin 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du roman pour jeunes adultes de Becky Albertalli, « Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens » ;
  • première fois (enfin) qu’un gros studio de production américain produit un film mettant en scène un jeune héros gay au cœur d’une histoire d’amour et de coming-out ;
  • le film vient de remporter le MTV Movie & TV Awards 2018 du Meilleur baiser pour Nick Robinson et Keiynan Lonsdale.

Résumé : On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour le jeune Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille qu’il adore, et est entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret : personne ne sait qu’il est gay. Mais Simon apprend qu’un autre adolescent gay de son lycée vient de dévoiler sa sexualité anonymement sur internet, sous le pseudonyme « Blue ». De façon anonyme également, Simon commence à communiquer avec ce garçon. Les deux adolescents vont vite se confier l’un à l’autre et tisser un véritable lien. Mais quand les messages qu’il échange avec « Blue » tombent entre de mauvaises mains, la vie de Simon va commencer à changer.

La critique

Teen movie des plus classiques dans sa forme, « Love, Simon » nous permet d’entrer dans le quotidien presque tout à fait banal de Simon, un jeune homme prêt à terminer ses années de lycée, vivant dans une famille formidable, et entouré d’amis qui le sont encore plus. Sauf que Simon a un secret que personne ne sait encore : il est gay. Mais sa vie va changer le jour où il va commencer à échanger par mail avec un autre adolescent gay de son lycée, venant de dévoiler sa sexualité anonymement...

On ne va pas se cacher que « Love, Simon » n’est pas l’archétype même d’une histoire d’amour se déroulant dans un contexte social difficile, dans le sens où l’entourage qui entoure Simon un peu trop rose par rapport à la réalité. À titre d’exemple, les parents de Simon sont beaucoup trop ouverts d’esprit et réceptifs, tandis les mensonges, les petites trahisons et les rancœurs entre certains personnages s’effacent bien plus vite qu’ils ont mis de temps à s’engendrer. Finalement, tout est bien qui finit (trop) bien dans le meilleur des mondes lors du dénouement de cette romance pour adolescents. Mais ce film est pourtant d’une importance capitale, dans une société contemporaine où l’homosexualité est encore punie dans certains pays, voire globalement réprimée, et même supprimée (en Tchétchénie, et pas que).

Autrement dit, « Love, Simon » devrait ouvrir des portes, et à le mérite de mettre en images une histoire suffisamment attendrissante, universelle et juste dans sa représentation du coming out que pour être le premier film porte-parole LGTB distribué par un major. Oui, on y est !

« Love, Simon » réussit tout d’abord à retranscrire avec spontanéité la vie d’un jeune lycéen de bonne famille, vivant dans un quartier relativement huppé d’Atlanta, en la personne de Simon, interprété par Nick Robinson, vu notamment dans « Jurassic World » de Colin Trevorrow (2015), ou encore l’été passé dans « Everything, Everything » de Stella Meghie. Ses amis ne sont pas non plus en reste, en commençant par Katherine Langford (vue dans la série « 13 Raisons Why »), ou encore Alexandra Shipp (la nouvelle « Tornade » dans la sage « X-Men »), sans oublier Logan Miller, dans la peau d’un parfait loser de service.

Dans la description de la vie étudiante de Simon, on aurait presque tendance à s’y retrouver à différents moments de nos jeunes années d’étude, tout comme dans sa recherche identitaire.

On aime aussi dans ce film la manière naturelle dont est représenté ce jeune homosexuel qui se cherche, loin des poncifs et des extravagances que certains auraient tendance à imaginer. Simon est un garçon comme un autre, relativement discret et très sympathique, qui mérite plus que tout autre de ne plus vivre caché, mais bien de vivre au grand jour. Et ça, c’est tout ce qu’on lui souhaite, en découvrant son parcours et sa riche personnalité.

En plus de s’amouracher pour ce personnage on ne peut plus touchant, le spectateur ne peut rester sur le banc de touche au regard de la mise en scène qu’épouse le film. Porté par une bande-originale résolument pop et actuelle, ce récit initiatique saura vous concerner d’une manière ou d’une autre, malgré le cadre de vie stéréotypé de son héros.



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