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Thomas Ancora et Grégory Beghin
Losers Revolution
Sortie du film le 01 juillet 2020 (sortie initiale le 11 mars 2020)
Article mis en ligne le 10 juillet 2020

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • premier film issu de l’appel à projets cinématographiques consacré aux productions légères lancé il y a deux ans par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie Bruxelles ;
  • l’ex-Premier Echevin de la Ville de Bruxelles, Alain Courtois, s’est vu offrir un rôle dans le film !

Résumé : Simon, Mehdi et Fred, 3 amis d’enfance, sont conviés à l‘enterrement de Juan, un de leur ancien camarade de classe qui a une dernière volonté : que les garçons prennent leur vengeance à la réunion des anciens en balançant sur ceux qui les martyrisaient ses cendres et créer un mouvement de « révolution des losers » sur les réseaux sociaux. Avec 30 followers, compliqué de créer un buzz. Mais qui de mieux qu’Henry, petit frère de Simon, star de la télé réalité et gourou des réseaux sociaux pour les aider à atteindre leur but ? Si ce n’est qu’à un détail près : Henry et Simon se détestent.

La critique de Julien

Premier film réalisé dans les conditions légères lancées par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie Bruxelles, « Lovers Revolution » n’est pas tout à fait le genre de films qu’on a l’habitude de voir dans le paysage cinématographique belge ! Et c’est tant mieux, car c’était justement le but !

Présenté comme un « Very Bad Trip à la belge », cette comédie très connectée marque les débuts à la réalisation pour le grand écran de Thomas Ancora, comédien et anciennement animateur de télévision. Mais il est aidé dans sa tâche par Grégory Beghin (connu de la publicité et de la télévision, lequel a rencontré le succès avec le succès grâce aux webséries de la RTBF, « Euh » et « Burkland »). Ancora porte ici une triple-casquette, soit donc celle de co-réalisateur, mais également de scénarise, tandis qu’il y tient ici l’un des rôles principaux, aux côtés de Clément Manuel (« Ennemi Public »), Kody Kim (la star du « Grand Cactus » sur la RTBF) et Baptiste Sornin (vu plusieurs fois chez les Dardenne). Ces trois derniers campent alors ce qu’on appelle communément des « losers », qui vont alors se rebeller (d’où le titre on ne peut plus clair) contre ceux qui les martyrisaient à l’école, et cela à la demande de Juan, récemment décédé, lequel souhaitait comme dernière volonté que ses amis Simon, Mehdi et Fred lancent ses cendres sur ces derniers, à la prochaine réunion des anciens, créant ainsi à l’occasion un mouvement de révolution des « losers » sur les réseaux sociaux. Et qui de mieux placé pour cela que le frère de Simon (Clément Manuel), Henry (Thomas Ancora), prototype du beau gosse narcissique (et tête à claques) à souhait, et star de la télé-réalité « The Real Alpha Belga Boys of Brussels » ? En effet, avec son aide, et en incrustant cette émission, ils pourraient parvenir à leur fin. Sauf ce n’est pas gagné d’avance, étant donné que les deux frères se détestent, et que leurs profils ne correspondent pas (du tout) à ceux des « ABB »...

Peu mature et très « americanisé », « Losers Revolution » amène un vent de fraîcheur dans le cinéma belge, dans le sens où il s’agit là d’un film qui ne se prend pas du tout au sérieux, ce qui fait (un temps) du bien. Bien qu’il soit mis en scène avec peu de moyens, et que cela se ressent en termes de cinéma (ici assez brouillon), le film s’en sort plutôt bien au niveau de son rythme et de sa capacité à maîtriser constamment une ligne de conduite humoristique, volontairement clichée et (trop) référencée, alors que le scénario, lui, se transforme en un buddy movie quelque peu insipide, et fatiguant, tant le ton sur lequel il est raconté est totalement décomplexé. Bref, une heure, passe encore, mais une demi-heure de plus, et sans un scénario qui tient la route, c’est plus compliqué. Reste alors une tranche de rire plutôt grasse qui dénonce au triple degré le harcèlement scolaire et le monde nombriliste et superficiel de la télé-réalité et des réseaux-sociaux, tandis que le film réserve quelques surprises, telles que des seconds rôles et guests bien barrés (dont Tania Garbarski, Alex Vizorek ou encore Fabrizio Rongione).

Qui a dit qu’il n’y avait que des films d’auteur financés en Belgique francophone ? « Losers Revolution » marque ainsi une rupture - certaine - avec les productions habituelles de notre cinéma. Mais taillée sur-mesure par (et pour) son auteur, cette comédie lourdingue et sans limites (si celle de ne pas « heurter les minorités » - pas sûr qu’elles ne soient épargnées) déconcerte à force de tirer sur la même ficelle. Bref, à voir (ou non) uniquement entre potes, en fin de soirée...

https://www.youtube.com/embed/CHy8uLKP15Q
Losers Revolution - Bande Annonce - YouTube