Bandeau
CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Ben Affleck
Live by Night (Ils vivent la nuit)
Sortie le 18 janvier 2017
Article mis en ligne le 14 janvier 2017
dernière modification le 23 janvier 2017

par Charles De Clercq
logo imprimer

A nouveau une excellente adaptation d’un roman de Dennis Lehane par Ben Affleck.
De l’autre côté de la caméra, il est en tout en intériorité et en quête d’une femme. 77/100

Synopsis :
À Boston, en 1926, malgré la Prohibition, l’alcool coule à flots dans les speakeasies. Joe, le plus jeune fils du commissaire adjoint Thomas Coughlin, est déterminé à se faire une place au sein de la pègre. Il tombe dans la criminalité en braquant le bar clandestin d’un caïd local. Pire encore, il séduit la maîtresse de ce caïd. La vengeance de ce dernier ne se fait pas attendre : Joe est emprisonné. Derrière les barreaux, il fait la connaissance d’un vieux parrain, Maso Pescatore, qui se charge de son « éducation ». La « carrière » de Joe va alors décoller...

Cliquer pour lire un synopsis alternatif

« Quand tu te dévoiles dans ce milieu, ça finit toujours par te retomber dessus. Mais jamais comme prévu ». Joe Coughlin n’est pas du genre à écouter les conseils de son père. Bien au contraire, ce vétéran de la Première Guerre mondiale est un insoumis réfractaire à l’autorité. Pire encore, il mène une vie de criminel, alors qu’il est le fils du chef adjoint de la police de Boston. Pourtant, Joe n’est pas une crapule. D’ailleurs, il n’a pas le cuir suffisamment épais pour le type d’existence qu’il a choisi. Contrairement aux gangsters pour lesquels il refuse de travailler, il a des principes et un grand cœur. Une attitude qui le rend souvent vulnérable, dans les affaires comme en amour.

Déterminé à réparer les injustices subies par lui et ses proches, Joe s’engage dans une voie dangereuse, à l’encontre de son éducation et de son code d’honneur. Avec ses hommes, il quitte Boston et son froid hivernal pour s’aventurer dans la moiteur de Tampa, en Floride. Et si la vengeance est sans plus douce que la mélasse qu’il utilise pour son rhum de contrebande, Joe découvrira bientôt que le prix à payer est très élevé…


Acteurs : Sienna Miller, Ben Affleck, Zoe Saldana, Elle Fanning, Scott Eastwood, Chris Sullivan, Brendan Gleeson.

Même si le film pouvait gagner à être plus court de quinze minutes (ou, a contrario, plus long pour développer certains thèmes et intrigues), c’est avec plaisir que nous retrouvons Ben Affleck à la réalisation. Mais également de l’autre côté de la caméra, comme acteur, ce que plusieurs confrères ont regretté de leur côté, estimant soit qu’il ne convenait pas pour le rôle, soit qu’à courir deux lièvres à la fois, il perdait les deux ! Ben Affleck adapte à nouveau un roman du prolifique Dennis Lehane. Si Affleck avait déjà adapté son Gone Baby Gone, on retiendra que l’on retrouve cet auteur derrière Quand vient la nuit, Shutter Island, Mystic River, mais également des séries comme Castle, mais surtout Boardwalk Empire et The Wire !

Live by Night débute par une évocation de la Première guerre mondiale à laquelle Thomas a participé. Le film se termine par des images d’Hitler et l’évocation d’une ...très peu probable guerre ! L’intrigue, quant à elle se focalise sur la fin des années 20 (de 27 à 30), sur deux lieux, Boston et Tampa (en Floride), sur deux « familles », deux mafias que tout oppose, les italiens et les irlandais, entre deux femmes, entre la loi et l’injustice, entre blancs pure souche et les autres...

S’il vit de petits braquages, Joe ne vise pas plus haut « Je ne veux pas être un gangster. Ça fait longtemps que j’ai arrêté de courber l’échine. » Réflexion, typiquement américaine (que l’on retrouve d’ailleurs, semblable, dans la bouche de Deborah Lipstadt (Denial) : « Je suis américaine, je ne baisse pas la tête ! ») à laquelle Maso répondra : « Peu importe ce que tu veux. Tu as choisi cette vie. » Et c’est bien là le hic pour notre « héros », comme le signale le réalisateur : « Joe reconnaît sans la moindre hésitation qu’il a choisi d’être un hors-la-loi dans une ville tenue par des gangsters où les mafias italienne et irlandaise se font la guerre (...) Ce qui me surprend beaucoup chez lui, c’est que tout en enfreignant la loi et en vivant selon ses propres règles, ce sont ses valeurs morales qui l’empêchent de se considérer comme un gangster ».

Thomas Coughlin gère ce conflit personnel, mais qui le dépasse et prend des proportions bien plus vaste sur fond de Prohibition, mais également d’un racisme de plus en plus exacerbé (la montée du Ku Klux Klan) après le krach de 1929 et la grande dépression. C’est tout l’art de l’acteur/réalisateur de se mettre en scène sans emphase, en mode mineur, sombre, intérieur. Et plus que l’expression des sentiments par le visage ceux-ci, ainsi que ses réactions, s’exprimeront par le biais d’un narrateur omniscient, en l’occurrence, Thomas. Cette narration, cette voix off, a pour conséquence un effet (pervers pour certains) : nous savons que cette voix et donc ce « héros » survivra à la fin.

Durant toute la durée du film, de ses enjeux et conflits, le spectateur aura l’occasion de voir une très belle reconstitution des lieux et ambiances d’époque (le budget voitures a dû être élevé !), mais également les jeux troubles des uns (des unes parfois) et des autres. Il ne sera pas en reste avec une poursuite en voiture après un cambriolage et surtout une des dernières scènes où l’on dézingue depuis les caves jusqu’au grenier. C’est totalement inattendu... quoiqu’au détour d’une phrase et d’un tonneau de rhum, une des clés nous sera donnée. La vraie fin du film, elle, sera cruelle et l’on pourrait jouer sur ce « elle », car si l’amour soulève des montagnes il obscurcit aussi le jugement. Et Thomas qui va passer de la passion à la compassion sera probablement celui qui sera surpris par un rire qui lui renverra au visage toute sa naïveté première !

Si donc, il se trouvera bien quelques confrères qui ne seront pas en phase avec cet enthousiasme. N’hésitez pas à les lire et à les écouter... mais faites aussi un détour par la critique de Patrice Steibel, un des rédacteurs du blog Les chroniques de cliffhanger.

Diaporama

© 2016 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. ALL RIGHTS RESERVED.

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB


Mots-clés associés

Au hasard...

0 | 10 | 20 | 30

Petit paysan
le 8 octobre 2017
Tramontane
le 28 janvier 2017
La rançon de la gloire
le 19 décembre 2014
Mountains May Depart (Shan he gu ren)
le 5 décembre 2015
Chevalier
le 1er décembre 2016
Ang babaeng humayo (The Woman Who Left/La femme qui est partie)
le 25 août 2017
Les souvenirs
le 11 octobre 2014
Hight Rise
le 21 mars 2016
Allelluia
le 9 octobre 2014
Brabançonne
le 4 décembre 2014


Plan du site Espace rédacteurs puce

RSS

2014-2017 © CINECURE - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.57