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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Claude Lelouch
Les Plus Belles Années d’une Vie
Sortie du film le 24 juillet 2019
Article mis en ligne le 24 août 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • suite des films « Un homme et une Femme » (1966) et « Un homme et une Femme : Vingt Ans Déjà » (1986) de Claude Lelouch, tandis que le premier avait à l’époque remporté la Palme d’or au Festival de Cannes 1966, ainsi que les Oscar du Meilleur film étranger et du Meilleur scénario ;
  • présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2019.

Résumé : Ils se sont connus voilà bien longtemps. Un homme et une femme, dont l’histoire d’amour fulgurante, inattendue, saisie dans une parenthèse devenue mythique, aura révolutionné notre façon de voir l’amour.
Aujourd’hui, l’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de sa mémoire. Pour l’aider, son fils va retrouver celle que son père n’a pas su garder mais qu’il évoque sans cesse. Anne va revoir Jean-Louis et reprendre leur histoire où ils l’avaient laissée…

La critique de Julien

Il y a plus de cinquante ans, une script-girl (Anouk Aimée) inconsolable depuis la mort de son mari rencontrait à Deauville un coureur automobile (Jean-Louis Trintignant) dont la femme s’était donnée la mort. Alors que leur histoire d’amour a fait le tour du monde, Claude Lelouch retrouve ses deux personnages qui se sont tant aimés, repoussés, retrouvés, de nouveau aimés, puis séparés, mais jamais sans s’oublier... Tourné en seulement 13 jours, « Les Plus Belles Années d’une Vie » est une balade amoureuse rétrospective, et donc nostalgique, portée par deux acteurs d’une complicité toujours intacte.

Alors que Jean-Louis, sénile, isolé et nostalgique de sa tant aimée, perd la mémoire dans une maison de retraite, son fils (fruit d’une autre relation) décide de prendre contact avec la dame dont il ne cesse de lui parler, Anne, et cela afin de l’aider à aller mieux, ce qu’elle acceptera, tout en gardant l’anonymat... Les retrouvailles de ces deux êtres autrefois amoureux, lesquels n’ont pu construire un avenir ensemble, est d’un apaisement inouï. Lelouch filme avec douceur et spontanéité ces moments de partages du passé, alors que ce n’était pas gagné. En effet, tandis que les deux acteurs principaux étaient très inquiets de se retrouver, le réalisateur n’a pourtant pas souhaité beaucoup de répétition pour eux, en cherchant ainsi l’authenticité du jeu, de la vie. Et cela a payé, car au travers de leur voix posée, de leurs sourires et regards partagés, tout cela se ressent à l’écran. On ne sait donc pas où ils vont, mais on sait par contre où ils sont, et que les instants actuels sont en quelque sorte pour eux un prolongement de leur histoire, que leur offre ainsi la vie. Et dès lors, ces minutes, ces heures, ces jours, ces mois, ces années à venir seront les plus belles de leurs vies...

Évidemment, cette évocation à un amour mythique ne pouvait pas se faire sans l’éternel et entêtant air « chabadabada » du célèbre titre « Un Homme et une Femme » de Nicole Croisille et Pierre Barouh, composée par Francis Lai. D’ailleurs, ce dernier (décédé en novembre dernier) est de nouveau de la partie pour ce film. C’est d’ailleurs lui qui a suggéré Calogero au réalisateur, tandis que Nicole Croisille a refait un immense cadeau de sa présence vocale au cinéaste. Ainsi, la voix des deux artistes, sur une des compositions de Lai et sur un texte de Didier Barbelivien (et qui porte aussi le titre du film), est une alliance parfaite et multi-générationnelle. Aussi, Claude Lelouch a eu la très bonne idée d’un montage entrecoupé d’images du film original, sur lesquelles viennent se superposer à la fois les voix passées et actuelles des personnages. L’ensemble vient alors nourrir leur présent, ainsi que les dialogues, et surtout donner une profondeur psychologique et pertinente à ce film.

Enfin, Claude Lelouch, dans l’optique de foncer dans la réalisation de ses projets et dans la vie tel qu’il l’a fait dans son court métrage « C’Était un Rendez-vous », est justement parvenu à intégrer une partie de ce dernier (d’une durée de près de huit minutes) en métaphore des propos, dans lequel il s’exerçait alors à une traversée de Paris à grande vitesse, sans respecter les feux rouges, et réalisée en un seul plan-séquence, elle qui était filmée depuis l’avant de sa Mercedes-Benz, au petit matin du 15 août 1976, de la porte Dauphine à basilique du Sacré-Cœur.



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