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David et Stéphane Foenkinos
Les Fantasmes
Sortie du film le 18 août 2021
Article mis en ligne le 20 août 2021

par Julien Brnl

Genre : Comédie, romance

Durée : 102’

Acteurs : Ramzy Bedia, Karin Viard, Carole Bouquet, Nicolas Bedos, Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Monica Bellucci, Suzanne Clément, Joséphine de Meaux, Joséphine Japy, Denis Podalydès, Céline Sallette, William Lebghil...

Synopsis :
Face à leurs fantasmes, six couples tentent d’explorer les faces cachées de leur vie intime. Six questionnements sur l’accès au plaisir. Du jeu de rôle à l’abstinence, en passant par l’exhibition, six histoires séparées avec au centre le même questionnement sur le désir aujourd’hui. Le sien mais aussi celui de l’autre...

La critique de Julien

Après la jalousie dans « Jalouse » (2017), les frères Foenkinos s’attaquent aux fantasmes sexuels ! Ludophilie, dacryphilie, sorophilie, thanatophilie, hypophilie et autagonistophilie : ces fantasmes ne vous disent peut-être rien, mais ils existent bel et bien ! Premier film à sketches des deux frères, librement inspiré du film australien « The Little Death » (2014) écrit et réalisé par Josh Lawson, cette comédie partagée en six nouvelles bien distinctes met en scène des couples qui, pour certains, partagent des fétichismes pour des pratiques sexuelles assez particulières, tandis que d’autres sont mis à mal par les envies soudaines et inavouables de l’un des deux partenaires...

Porté par un casting de haut vol, formant ici des couples assez inédits, « Les Fantasmes » allient donc plusieurs courtes histoires mettant en lumière des sources d’excitations sexuelles plutôt étonnantes, et parfois cocasses. Malgré ce que l’on pouvait craindre, étant donné des trames narratives distinctes, le film garde ici une certaine homogénéité, une fluidité, étant donné une unité de ton qui englobe le métrage, et cela notamment grâce à l’utilisation de transitions succinctes entre ces histoires. Cependant, ce ton est ici un peu trop monocorde pour assouvir nos attentes (pour ne pas dire fantasmes, étant donné que le film ne fait pas fantasmer), et ainsi nous permettre de rester connecter à chacune d’elles avec la même attention, la même volonté.

Et autant dire qu’il y a donc à boire et à manger dans « Les Fantasmes », certaines histoires se valant plus que d’autres, car plus incongrues, plus noires, et se focalisant sur le non-dit fantasme, tout en ne s’éloignant pas de sa trajectoire. C’est ainsi que selon nous, les segments « Dacryphilie » et « Sorophilie » sortent du lot pour leurs quiproquos délicieusement embarrassants, tandis que le dernier, « Autagonistophilie », nous a bien fait sourire. Le film évite ainsi la caricature grâce à des personnages facilement identifiables et empathiques, joués par des comédien·ne·s très investis et forcément convaincants. Les sketches se révèlent alors plus vraisemblables qu’extrêmes, ce qui est à la fois une bonne, et une mauvaise chose. D’un côté, cela amène du réalisme à l’ensemble et, de l’autre, pas assez de folie. Ainsi, ces sketches sont ici source de quelques savoureuses situations, tout en gardant une ligne de conduite plutôt sage, et restant en surface...