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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Cédric Le Gallo et Maxime Govare
Les Crevettes Pailletées
Sortie le 8 mai 2019
Article mis en ligne le 24 mai 2019
dernière modification le 10 juin 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • inspiré de la véritable équipe de water-polo gay les « Shiny Shrimps » (« Les Crevettes Pailletées » en version française), dont le co-réalisateur du film, Cédric Le Gallo, fait partie depuis 2012 ;
  • le 04 mai 2019, le magazine sportif quotidien français « L’Equipe » a consacré son 1920e numéro à la lutte contre l’homophobie dans le milieu sportif tout en la dénonçant aussi de manière générale, en présentant alors une image de couverture d’un baiser entre deux athlètes, agrémentée du sous-titre « Embrassez qui vous voudrez », tandis que les deux hommes ne sont autres que le co-réalisateur du film Cédric Le Gallo (à gauche) lui-même, et l’un de ses coéquipiers Adrien Leongue (à droite) ;
  • Prix du jury au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez 2019.

Résumé : Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est condamné à entraîner « Les Crevettes Pailletées », une équipe de water-polo gay, davantage motivée par la fête que par la compétition. Cet explosif attelage va alors se rendre en Croatie pour participer aux Gay Games, le plus grand rassemblement sportif homosexuel du monde. Le chemin parcouru sera l’occasion pour Mathias de découvrir un univers décalé qui va bousculer tous ses repères et lui permettre de revoir ses priorités dans la vie.

La critique de Julien

Quelques mois seulement après le succès du « Grand Bain » de Gilles Lellouche, dans lequel huit bras cassés retrouvaient la foi en la vie en pratiquant la natation synchronisée masculine, en marge aux championnats du monde organisés dans cette discipline en Norvège, « Les Crevettes Pailletées » s’intéresse quant à lui à un autre sport aquatique pratiqué par des hommes, à savoir le water-polo. À la différence près qu’il s’agit ni plus ni moins ici de l’équipe nationale gay de water-polo. Alors non, le film ne traite pas en lui-même de cette discipline, mais il l’utilise pour nous parler plus généralement d’un sujet trop souvent tu dans le milieu sportif, à savoir l’homosexualité, et dès lors de l’homophobie qui en découle. Ici, après avoir connu une défaite et perdu son sang-froid en tenant des propos homophobes à la télévision lors d’une interview, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est « condamné » à entraîner « Les Crevettes Pailletées » (l’équipe gay en question), en vue de sa participation aux Gay Games en Croatie. Père absent, personnalité très antipathique, le jeune homme va devoir ravaler sa fierté et son ego démesuré, ainsi que faire preuve de retenue et d’application s’il espère participer aux prochains mondiaux de natation, en amenant ainsi les Crevettes Pailletées à la victoire, en Croatie.

Co-réalisé par Cédric Le Gallo (faisant lui-même partie de la véritable équipe de water-polo gay) et Maxime Govare (« Toute Première Fois », « Daddy Cool »), cette comédie dramatique effraie gentiment durant ses premières minutes. C’est-à-dire que le protagoniste principal du film n’est pas le seul à faire la connaissance de chacun des membres de l’équipe gay de water-polo, composée de Jean, Cédric, Alex, Damien, Joel, Xavier, Fred et Vincent. Or, certains d’entre eux semblent extrêmement maniérés, et ne cessent de gigoter et crier dans tous les sens. Dès le premier bain, on a ainsi l’impression d’assister en une démonstration festive des clichés gay, ici en milieu sportif, et façon « grande folle » puissance dix. Pourtant, à ne pas s’y méprendre, le co-réalisateur du film, Cédric Le Gallo, connaît son sujet, et ses condisciples, lesquels ne sont pourtant en rien ici surjoués par une brochette d’acteurs attachants, et parfaitement motivés par les messages que dégage le film. Et puis, c’est apéritif un peu refroidissant n’est rien comparé à la pluralité, à l’ouverture d’esprit et à la chaleur humaine qui se dégagent crescendo du film.

En effet, le film se transforme très vite en un improbable road movie flamboyant (à bord d’un car pour touristes), au travers duquel nous avons alors le privilège de découvrir une véritable famille, laquelle va (sans surprises) s’agrandir, étant donné la rédemption prévisible du personnage principal. Tandis que chacun des personnages traîne ses propres casseroles, et n’est pas arrivé là par hasard, on apprend alors à les connaître, eux qui transpirent une tendresse et une folie incommensurables. « Les Crevettes Pailletées » se joue alors de la part festive du public dont il traite, tout comme sa soif de liberté, comme d’outrance. On y chante, on y montre des fesses (sans complexe), et on se retrouve même à un moment dans une énorme piscine transformée en un night-club gay. Bref, on s’y amuse ! On passe alors du bon temps avec ces personnages hauts en couleur, et leurs histoires plus ou moins pertinentes, étant donné que certains segments sont traités en surface, ou desservent l’ensemble, en témoigne la scène finale, cherchant l’émotion forcée, mais heureusement rattrapée par une démonstration de groupe dans toute son aisance. Mais la plus grande réussite du film reste sans doute sa capacité à faire rire des clichés liés à l’homosexualité, lui qui nous invite à en rigoler avec lui, mais jamais dans une optique péjorative, mais bien celle de casser des barrières, et de rapprocher.

Outre ses fards et paillettes, le film invite à réfléchir de manière débridée sur la question de l’homosexualité dans le sport, tout comme il permet de nous mettre à la place de personnes homosexuelles. Vivre ainsi caché, ou s’assumer (bien que cela ne soit pas aussi simple) ? À différents passages du film, les crevettes se retrouveront d’ailleurs confrontées aux moqueries, et pire que cela, à la violence. Mais c’est bien ici la joie et l’amour qui l’emportera sur toute cette haine qui sévit encore de nos jours autour de la question de l’homosexualité. A cet égard, il n’y a qu’à y regarder le jeu de Romain Brau, dans le rôle de Fred, une véritable personne transgenre, qui illumine l’écran par sa personnalité extravagante, lui qui n’a ainsi pas peur des regards, mais qui en fait sa force.

Lien vers la critique de Cinécure.

Diaporama : film et tournage

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Copyright Carolina Jaramillo / Cesar Chabrol / Thibault Grabherr

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LES CREVETTES PAILLETÉES Bande Annonce (2019) Comédie Française - YouTube


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