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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Michel Hazanavicius
Le prince oublié
Date de sortie : 19/02/2020
Article mis en ligne le 1er février 2020
dernière modification le 18 février 2020

par Charles De Clercq

Synopsis : La vie de Djibi tourne autour de sa fille Sofia, qu’il élève seul. Tous les soir, il lui invente une histoire pour l’endormir. Ses récits extraordinaires prennent vie dans un monde imaginaire où l’héroïne est toujours la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais l’entrée au collège de Sofia marque la fin de leur rituel. Désarmé, Djibi va devoir accepter que sa fille grandisse et s’éloigne de lui. Dans le monde imaginaire comme dans le réel, le Prince va alors devoir affronter la plus épique de toutes ses aventures pour conserver une place dans l’histoire.

Acteurs : Omar Sy, Bérénice Bejo, François Damiens, Oudesh Hoop, Néotis Ronzon.

La bande annonce nous conduisait à mettre ce film aux oubliettes (on comprendra l’allusion en découvrant l’intrigue) mais le nom du réalisateur, Michel Hazanavicius, suffisait pour accorder un chance au film. Hélas, l’intuition première s’est avérée. Ecrivons de suite que cet avis est très personnel et que d’autres critiques sont entrés dans la magie de ce film.

L’idée de départ est très intéressante. Tout comme dans En liberté, un parent (là la mère, ici, le père) raconte des histoires à un enfant. Dans les deux cas, c’est le père qui est mis en avant, là pour mettre le père sur un piédestal (et dont on découvrira qu’il n’a aucune raison de s’y trouver, bien au contraire), ici, pour être et rester en lien avec sa fille, tout en glorifiant le père de façon royale ou plutôt princière. Mais ce qui marche à 8 ans ne fonctionne plus à 11 ans, lorsque la transition vers l’adolescence se profile rapidement et qu’un jeune garçon charmeur prenne une place de Prince (charmant et charmeur).

Dans Le Prince oublié, l’univers du Prince se situe dans un imaginaire qui mixte une aventure du type moyen-oriental en le transposant dans une mise en scène de type cinématographique. Une histoire est écrite, il y a des interprètes qui ont leurs rôles, leurs feuilles de route et il n’y a quasiment que le Père/prince et Max (le petit prince) qui sont à la fois dans la vie réelle et dans le conte. Celui-ci donne occasion de découvrir plusieurs personnages, dont certains sont des « oubliés » (et, de nouveau, l’on comprendra le sens de cette expression reprise dans le titre), et, en particulier François Damiens dans le rôle de l’antagoniste (de l’histoire).

Bien plus que l’histoire racontée, narrée et visualisée à l’écran, ce sont les interactions avec la vie réelle qui sont importantes et, tout particulièrement, ce qui est l’essence même du film, à savoir le deuil qu’un père (des parents) doi(ven)t faire de l’enfance de leur progéniture. Comment lâcher prise, ici par rapport à sa fille, faire le deuil de l’innocence de son enfance, mais également faire le deuil de l’épouse décédée, puisque Djibi est veuf ? En effet, l’arrivée d’une nouvelle voisine, Clotilde (Bérénice Bejo) va troubler le père. Comment vivre cette rencontre ? Comment l’appréhender, par rapport à Sofia (la sagesse, prénom bien nommé ici !) ? Peut-il construire quelque chose de nouveau avec elle ?

Ce sont tant de thèmes avec tant de richesses qui peuvent ici être exploités et permettre une lecture à deux niveaux, les parents et les enfants qui devraient entrer facilement dans ce film. Ce ne fut pas notre cas et on le regrette bien. Et la faute en revient à l’acteur principal, Omar Sy. Tout comme nous le signalions dans Knock et dans Chocolat, l’acteur auréole son personnage et écrase celui-ci. On voit Omar Sy et pas Djibi. Et pourtant, ce n’était pas le cas dans Samba ! Preuve qu’il est capable de s’effacer. A moins, comme le suggère un confrère, que l’on ait demandé à l’acteur de « faire du Omar Sy » ? En revanche, il est probable que cela fera plaisir au fan de l’humoriste qui se rueront dans les salles. Il se dit que Sy n’était pas le premier choix du réalisateur qui aurait souhaité Jean Dujardin. Il semblerait qu’un conflit l’opposant à Michel Hazanavicius empêche (pour le moment ?) toute collaboration. L’on se met alors à rêver de ce que l’acteur vedette de Le retour du héros aurait pu apporter au film en gardant cette tonalité !

Enfin, s’agissant des acteurs, soulignons le jeu tout en lumière et gouaille du jeune Néotis Ronzon dont c’est le premier rôle au cinéma.

https://www.youtube.com/embed/gntyId_b1Ws
Le Prince Oublié - Bande-annonce officielle HD - YouTube


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