logo article ou rubrique
Jean-Patrick Benes
Le Sens de la Famille
Sortie du film le 30 juin 2021
Article mis en ligne le 2 juillet 2021
dernière modification le 7 juillet 2021

par Julien Brnl

Genre : Comédie

Durée : 91’

Acteurs : Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Christiane Millet, Artus, Jackie Berroyer...

Synopsis :
Un matin, les Morel se réveillent avec un gros problème. Ils découvrent que l’esprit de chacun est coincé dans le corps d’un autre membre de la famille ! Chacha, 6 ans, est dans le corps de Papa, Papa dans le corps de son ado de fils, le fils dans le corps de la grande sœur, la grande sœur dans le corps de la mère, et la mère dans le corps de Chacha... Vous n’avez pas suivi ? Eux non plus. Et ce n’est que le début.

La critique de Julien

Difficile d’entrer dans la salle de cinéma et de rester assis tout le long de cette comédie française, attendue. Alors qu’on préfère garder en mémoire la précédente rencontre entre Franck Dubosc et Alexandra Lamy dans « Tout le Monde Debout », sorti en 2018, « Le Sens de la Famille » met en scène un « body swap », c’est-à-dire un « échange de corps », à la différence que le phénomène ne concerne pas ici que deux personnages, mais bien une famille entière, autrement dit enfants, parents et grands-parents, alors qu’ils les six personnages principaux changeront de corps à plusieurs reprises, et en même temps, sans explication rationnelle. Jean-Patrick Benes (« Vilaine », la série « Kaboul Kitchen ») et ses trois coscénaristes profitent alors de ce changement de corps pour du comique de situation, alors que les personnages vont se découvrir dans un corps qui ne leur appartient pas. Mais le film ne se limite pas à ça, et nous parle de la famille, du couple, de la routine, et même d’éducation. L’intrigue met alors en évidence un père (Dubosc) de famille qui fait le triste bilan de sa vie, surtout professionnel, lequel empiète directement sur son couple, alors que sa femme (Lamy) tente de garder la famille à flots. Bref, c’est l’histoire d’une famille au bord du gouffre, mais qui va se « retrouver ».

Malgré des acteurs qui n’ont pas peur du ridicule, quelques sympathiques quiproquos liés aux différents changements d’identités, mais également à la présence d’un lama (...), ainsi qu’un final en forme de contre-pied vis-à-vis du genre qu’il emprunte, « Le Sens de la Famille » fait vite le tour de son idée principale, en surfant sur les stéréotypes familiaux et générationnels, lui qui utilise de manière peu originale le vocabulaire et les comportements de chacun afin de pouvoir aider le spectateur à identifier qui est qui, dans quel corps, sans oublier le port de t-shirt affublés de la tête du membre de la famille se trouvant dans chaque corps, et donc le style vestimentaire. D’ailleurs, socialement, l’idée des vêtements est un point noir du film, un non-sens, empêchant la famille de paraître « normale » en extérieur. Ainsi, la petite fille porte le manteau de sa mère, étant donné que sa mère se trouve dans son corps. Certes, ce choix appuie encore plus sur le principe du body-swap et la comédie qui en découle, mais ne sert en rien son histoire, laquelle s’éparpille d’ailleurs constamment dans des sous-intrigues (dont certaines hautement fictionnelles) inexploitées, tandis que le montage, un peu chaotique et impersonnel, n’aide pas à traiter en profondeur et émotion ses différents sujets, et cela dans les deux sens du terme. On est alors face à un film qui enchaîne le burlesque à un rythme élevé, mais sans jamais parvenir à trouver le temps d’appuyer sur pause, ni véritablement avancer.