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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière
Le Meilleur Reste à Venir
Sortie du film le 04 décembre 2019
Article mis en ligne le 7 décembre 2019
dernière modification le 8 décembre 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • sept ans après le succès de leur film « Le Prénom » (3,3 millions d’entrées en France et une pièce de théâtre jouée dans plus de trente pays), Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière reviennent au cinéma, après avoir notamment mis en scène deux pièces de théâtre (« Un dîner d’adieu » et « Tout ce que vous voulez »), et des scénarios de film (« Papa et Maman » et sa suite") ;
  • Patrick Bruel retrouve non seulement les réalisateurs du « Prénom », mais aussi le comédien Fabrice Luchini, 33 ans après le cultissime « P.R.O.F.S ».

Résumé : Suite à un énorme malentendu, deux amis d’enfance, chacun persuadé que l’autre n’a plus que quelques mois à vivre, décident de tout plaquer pour rattraper le temps perdu.

La critique de Julien

Voilà sept années que les metteurs en scène et scénaristes Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière ont connu un immense succès public et critique avec leur film « Le Prénom », adapté de leur pièce de théâtre jouée en 2010 au théâtre Édouard VII de Paris. Or, revenir autant de temps après, cela peut paraître long. Mais les cinéastes ne sont pourtant pas restés à rien faire durant tout ce temps, puisqu’ils ont notamment continué à écrire pour le théâtre et le cinéma, tandis que le premier a également réalisé le film « Un Illustre Inconnu » (2014). Aujourd’hui, c’est ensemble qu’ils reviennent derrière la caméra pour la tragi-comédie originale « Le Meilleur Reste à Venir », jouée par Fabrice Luchini et Patrick Bruel, lesquels s’étaient déjà rencontrés en 1985 sur le tournage des « P.R.O.F.S » de Patrick Schulmann. Les deux camarades et compères de jeu interprètent ici Arthur (Luchini) et César (Bruel), deux amis d’enfance qui se sont rencontrés au pensionnat. Le premier est alors père de famille divorcé, professeur, et homme coincé et pointilleux, tandis que le second est un charmeur et arnaqueur, peu crédule envers la loi. Bref, deux êtres très liés, que pourtant tout oppose... Mais quand Arthur annonce très maladroitement à César être atteint d’un cancer, ce dernier décide de s’installer chez lui, et de l’aider à réaliser tout ce qu’il souhaite faire avant de mourir. Ou le début d’un quiproquo embarrassant, partant d’intentions protectrices...

On préfère d’emblée Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière lorsqu’ils touchent au théâtre, duquel naît ainsi des situations, des dialogues et répliques mordantes. « Le Meilleur Reste à Venir », lui, n’est pas du tout de cet acabit, et part d’un improbable malentendu, duquel va naître un voyage et une suite de péripéties au travers desquels deux êtres vont se réconcilier avec leur personne, toujours dans l’unisson, malgré le temps qu’il leur reste...

Alors que la bande-annonce sème le doute, le film, lui, dévoile rapidement la vérité, bien qu’il réserve son petit lot de retournements de situation, malheureusement prévisibles, étant donné une construction narrative quelque peu répétitive, et appuyée. Aussi, on n’apprécie guère cette histoire qui part d’un mensonge involontaire autour du cancer (ce qui ne fera rire personne), et l’art qu’elle a de tenir ses personnages dans une situation des plus inconfortables, laquelle ne pourra connaître de fin heureuse (ou pas). Alors oui, Matthieu Delaporte et Alexandre De La Patellière savent où ils vont, et parviennent à faire notamment réfléchir sur l’existence, l’instant présent (et qui nous reste), tout comme sur ce que la vie d’autrui peut nous apprendre sur nous-mêmes (et ainsi nous permettre d’en changer le cours), mais « Le Meilleur Reste à Venir » s’enfonce irrémédiablement vers le tire-larme lourdement dirigé.

La complicité Luchini/Bruel n’est ici pas à remettre en doute, bien que leur jeu, lui, n’est pas des plus convaincants (le rôle de Bruel et certaines de ses répliques font d’ailleurs mouche suite à son actualité plutôt délicate). Ils font ainsi leur job, mais leurs personnages ne parviennent jamais à toucher. C’est plutôt le savoir-faire des réalisateurs à créer certaines séquences émotives et à trouver les mots justes qui permettent ici cela. Le final en est d’ailleurs la preuve-même, lui qui réussira facilement à raisonner chez le spectateur. Mais malgré cela, l’émotion est palpable... Quant aux seconds-rôles, qui gravitent autour du duo principal, ils donnent un peu plus d’épaisseur à leur histoire, entre bons et mauvais souvenirs desquels on ne parvient pas à se défaire.



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