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CINECURE
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Cinécure est historiquement lié aux émissions radio consacrées au cinéma par Charles De Clercq sur RCF. Depuis l’automne 2017, Julien apporte sa collaboration au site qui publie ses critiques.

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Les critiques de Julien Brnl
Le Jour de mon retour / The Mercy
Réalisateur(s) : James Marsh
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 07 mars 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • s’inspire de l’histoire vraie de Donald Crowhurst, homme d’affaires anglais passionné de voile, porté disparu durant la course autour du monde « Sunday Times Golden Globe Race » de 1968, après l’avoir abandonné secrètement tout en transmettant de fausses positions pour faire croire qu’il effectuait réellement le tour du monde comme prévu, lui qui aurait manifestement sombré dans la folie et fini par se suicider en sautant par-dessus bord ;
  • son histoire a déjà été relatée au cinéma en 1982, dans le film « Les Quarantièmes Rugissants » de Christian de Chalonge, ainsi que dans le documentaire « Deep Water » de Louise Osmond et Jerry Rothwell, en 2006.

Résumé : 1968. Donald Crowhurst, un homme d’affaires anglais, passionné par la voile, est au bord de la faillite. Pour sauver son entreprise et vivre l’aventure dont il rêve depuis toujours, il décide de participer à la première course à la voile en solitaire pour remporter le grand prix. Soutenu par sa femme et ses enfants, il se lance alors dans cette incroyable odyssée à travers les mers du monde. Mais mal préparé et face à luimême, Crowhurst rencontre très vite de graves difficultés…

La critique

Après la biographie « Une Merveilleuse Histoire du Temps » consacrée à la jeunesse du feu physicien et cosmologiste Stephen Hawking, James Marsh s’intéresse aujourd’hui au cas de Donald Crowhurst, ce père de famille parti, sans trop d’expérience, faire un tour du monde à la voile, lors de la « Golden Globe Race », afin de sauver les meubles de son entreprise, et (aussi) réaliser son rêve, lui qui était pourtant un navigateur amateur...
Aidé par une grande confiance en lui, et une série d’échecs desquels il se relevait sans cesse pour alors s’engager dans des défis encore plus insensés, Donald Crowhurst disparut pourtant en mer à la suite de cette course, lui qui émettait sa dernière transmission radio (toute aussi floue que les autres sur sa position) à la date du 29 juin 1968. Son bateau fut alors repéré, à la dérive, le 10 juillet, tandis qu’on y retrouva trois journaux de bord (sur quatre), dont un dernier message (daté du 1er juillet) révélant dès lors sa supercherie, tandis que les écrits indiquaient des fausses indications et observations célestes. Préférant mentir plutôt que d’assumer son nouvel échec, lui qui avait alors hypothéqué sa maison et son entreprise pour construire son bateau, Crowhurst aurait sombré, seul, dans la folie.
Aujourd’hui, sa famille défend toujours l’hypothèse de l’accident, tandis que le gagnant de la course (Robin Knox-Johnston) a offert ses gains à la veuve de Donald Crowhurst.

Plutôt que de nous immerger en compagnie de Donald Crowhurst sur son bateau, la mise en scène du film alterne les allers-retours entre la maison familiale du navigateur, et son périple en mer. Ainsi, à chaque message radio envoyé, on découvre en parallèle les ressentis de sa famille, entre espoir et fierté, ou encore inquiétude, lorsqu’elle ne recevait plus de messages. Malheureusement, cette manière de procéder ne nous permet pas de ressentir toute l’ampleur et la complexité de son état psychologique perturbé par les événements, accusant dès lors au récit un manque de tension dramatique, empêchant toute empathie de s’installer. On suit donc, malgré nous, de l’extérieur le tragique destin de cet anti-héros audacieux, mais pris à son propre piège.

Tandis que la reconstitution est soignée, Colin Firth et Rachel Weisz, même s’ils tentent le grand jeu, peinent à insuffler suffisamment d’émotions pour venir contrecarrer les plans de cette biographie, qui manque ainsi de force, et même de propos, étant donné qu’on finit par s’y ennuyer, une fois y ayant compris sa manœuvre.



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