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Quentin Dupieux
Le Daim
Sortie du film le 19 juin 2019
Article mis en ligne le 28 juillet 2019
dernière modification le 30 juillet 2019

par Julien Brnl

Signe(s) particulier(s) :

  • présenté en ouverture à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2019, et donc première venue pour l’occasion sur la Croisette de Quentin Dupieux.

Résumé : Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

La critique de Julien

L’été passé, le plus singulier des cinéastes actuels, Quentin Dupieux, revenait au cinéma avec « Au Poste ! », une comédie emmenée par Benoit Poelvoorde et Grégoire Ludig, et sans doute son film le plus accessible, et le moins perturbé à ce jour, dans sa filmographie plutôt atypique et sans queue ni tête. Pour son nouveau projet intitulé « Le Daim », le réalisateur s’attaque à une histoire qu’il vend comme sa « plus réaliste », et horrifique, étant donné un personnage qui déraille dans une folie soi-disant plausible.

À vous d’en juger, étant donné que Georges (Jean Dujardin) vient d’être plaqué par son épouse, du jour au lendemain, lequel décide de prendre la voiture, peu importe où il arrivera. En chemin, il dépensera plus de sept mille euros en liquide pour une veste à franges 100% daim, tandis que le vendeur (Albert Delpy) lui offrira un caméscope numérique neuf, en guise de geste commercial... Arrivé dans un village de montagne, il se présentera dans un bar comme cinéaste en repérage pour un film, devant Denise (Adèle Haenel), sa sympathique serveuse, également monteur amatrice. Alors qu’il développera tout doucement une obsession pour son blouson, allant même jusqu’à lui donner une voix, il se mettra à tourner un film avec des inconnus en train de renoncer à porter un blouson, tout en leur volant leur vêtement en question, dans le but d’être l’unique propriétaire d’un blouson ! Mais sa folie ne s’arrêtera pas là, tandis que Denise, qui croira en son film, l’aidera pour le montage, tout en lui demandant plus d’images, et plus de sang...

Tourné dans les Pyrénées-Atlantiques, « Le Daim » fait partie intégrante de la cinématographique de son auteur, même s’il faut lui avouer un côté de comédie noire plus appuyé que d’accoutumée. En effet, la folie aveugle et sans pitié qui emporte cet homme, motivé par une quête absurde, prête autant à rire qu’à s’inquiéter. On avait ainsi encore jamais pensé qu’une palme de ventilateur plafonnier (bien aiguisée) pouvait servir à autre chose qu’à faire du vent !

Blague à part, ce film est donc bien plus trash, glaçant et terre-à-terre dans son action que l’était celle des précédents films de l’auteur. Et Jean Dujardin est plutôt étonnant dans son rôle, de... composition ! Par contre, « Le Daim » renferme une part loufoque dans la psychologique de ses personnages, indissociable de la filmographie de Dupieux, et d’ailleurs agrémentée par la présence au casting d’Adèle Haenel, dans un rôle assez étrange, lequel avance sans réel but personnel apparent, bien qu’en tout cas très intéressé par George.

Car finalement, est-ce la veste en daim ou Denise qui obnubile George ? Bref, on se demande ainsi tout au long du film quel mouche a piqué ces personnages pour qu’ils agissent de la sorte... Concrètement, qui se mettrait ainsi à parler à sa veste, et à répondre à sa place ? Qui se mettrait à vider son compte en banque pour financer le film d’un inconnu, quand on sait pourtant que c’est un escroc ? Ainsi, « Le Daim » possède une vraie situation de départ et un personnage qui débloque parfaitement, mais il ne semble pas en mesure d’aller jusqu’au bout de ses idées. Tel en témoigne le dénouement, quelque peu impromptu, et pour le coup sans intérêt, bien qu’installé préalablement au fil des rencontres de George.

Avec « Le Daim », Quentin Dupieux réussit à nous raconter une histoire réaliste portée par des personnages qui le sont moins, bien qu’inaboutie. Mais la confrontation est aussi palpable que réjouissante, et prouve que le cinéaste est capable de se renouveler, tout en conservant son ADN d’auteur ovni, lui qui possède la capacité de raconter des histoires comme personne d’autre. Mais c’est un cinéma qu’il faut aimer...



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