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CINECURE est le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour les radios RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Les critiques de Julien Brnl
Le Collier Rouge
Réalisateur(s) : Jean Becker
Article mis en ligne le 26 avril 2018
dernière modification le 29 juillet 2018

par Julien Brnl
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« Le Collier Rouge » fait figure de film à l’ancienne, classique et sage dans sa mise en scène, qui s’oublie de plus aussitôt vu, la faute à son manque de consistance scénaristique, et de force. Par écrit, ça passe sans doute, mais pas ici. - 12/20

➡ Vu au cinéma Caméo des Grignoux - Sortie du film le 28 mars 2018

Signe(s) particulier(s) :

  • adaptation du roman du même titre de Jean-Christophe Rufin, paru en 2014, et ayant reçu le prix Maurice-Genevoix la même année ;
  • François Cluzet retrouve le réalisateur Jean Becker 35 ans après « L’Été Meurtrier » ;
  • deux chiens (des beaucerons) ont été utilisés pour les besoins du tournage.

Résumé : Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…

La critique

Il commence à se faire vraiment âgé, Jean Becker, du haut de ses quatre-vingt-quatre ans. Et son dernier film, Le Collier Rouge" en porte malheureusement le poids. Cette adaptation peu entraînante du roman de Jean-Christophe Rufin nous conduit tout droit dans une prison, où un juge (Lantier, interprété par François Cluzet) est chargé de démêler les raisons de l’arrestation d’un héros de guerre (Morlac, interprété par Nicolas Devauchelle), tandis que le compagnon de guerre de ce dernier, qui n’est autre que son chien, est attaché dehors, en face de la prison, en attendant son maître, en ne cessant d’aboyer...

Le film se suit donc comme un (long) interrogatoire, duquel on découvrira le parcours de ce soldat (sous forme de flash-back), jusqu’à la raison de son emprisonnement (que le spectateur connaîtra lors du dénouement), ainsi que celle pour laquelle il refuse fermement de revoir sa femme.
La particularité du parcours et du discours de Morlac, c’est qu’il remettra en question les valeurs fondamentales et éthiques du juge (qu’il avait jusqu’alors toujours défendues), tandis que l’on suivra aussi, mais en parallèle, la rencontre de Lantier avec la femme de Morlac (Valentine, interprétée par Sophie Verbeeck), attendant quant à elle le retour de son mari à la maison...

Dans la peau de Lantier, François Cluzet porte bien l’uniforme, et convainc par son personnage juste, droit, et en fin de carrière, désirant la vérité, ainsi que le meilleur pour tout le monde. Dans un autre style, Nicolas Duvauchelle incarne un soldat dont la vision de la guerre a considérablement changé après son retour du front, remettant en cause les raisons d’y envoyer les hommes. Mais son discours manque ici d’épaisseur par rapport à sa position prise. Enfin, le personnage de Sophie Verbeeck se positionne entre deux chaises, avec tout d’abord un refus d’obtempérer, avant de lancer un appel à l’aide. Elle apporte cette touche de sensibilité au récit.

Le problème du film, c’est que son manque de dimension dramaturgique. En effet, le dénouement peine à soulever l’émoi du spectateur, en reposant sur des faits et gestes que les principaux intéressés auraient très bien pu s’éviter en réfléchissant un peu plus, afin de ne pas se mettre dans une telle situation. Car finalement, on a déjà vu des choses bien plus graves que celles-là.
Enfin, le film marque une amitié assez carrée entre un chien et son maître, ne la mettant pas assez en valeur, malgré sa grande importance dans l’affaire...



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