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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Palais des Beaux-Arts - Bruxelles
Le BIFFF : Célébration d’une passion
Du 8 au 20 avril 2014.
Article mis en ligne le 1er septembre 2014
dernière modification le 10 avril 2017

par Charles De Clercq
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Première mise en ligne le 20 avril 2014.

C’est durant mes études que ma passion pour le cinéma s’est développée, tout particulièrement par la fréquentation du « Musée du Cinéma ». Ce sont aussi certains de mes professeurs au séminaire qui m’ont ouvert les yeux sur l’art de la narration, tant dans la littérature que dans le cinéma. Je m’en explique dans la présentation de ce site complémentaire à l’émission Cinécure. Nos récits bibliques ne sont-ils pas tant d’exercices narratifs pour rendre compte d’expériences autrement indicibles ?

Cette passion a pu se déployer depuis octobre dernier en collaborant à la radio RCF grâce aux émissions Cinécure. La préparation de celles-ci m’a permis d’ouvrir les yeux sur des films que je n’aurais jamais visionnés en salle et sur des festivals auquel je n’aurais pas nécessairement participé, souvent par a priori.

 Le BIFFF

M’ouvrant à ceux-ci, il m’était difficile de passer à côté du BIFFF, tant il est présent dans les publicités en ville et les médias. Il me paraissait important d’y faire écho : plusieurs annonces sur RCF Bruxelles et une interview de Freddy Bozzo, un des membres fondateurs :

Et cela me semblait important, d’autant plus que l’univers du fantastique a plutôt une réputation négative, voire sulfureuse dans notre monde chrétien. Et pourtant, notre univers culturel n’y échappe pas : qu’ils s’agisse de récits apocalyptiques dans la Bible, de représentations picturales, des tympans de cathédrales ou d’églises. A ce titre, le film Noé, de Darren Aronofsky – même controversé dans certains milieux religieux – aurait pu figurer en bonne place dans le cadre du Brussels International Fantastic Film Festival !

Celui-ci en est à sa trente-deuxième année ; c’est dire à la fois sa jeunesse mais également sa vitalité. Il se déroule en avril depuis 2007 (auparavant, c’était en mars, au Passage 44) tout d’abord sur le site de Tour & Taxis et depuis l’an dernier au prestigieux Palais des Beaux-Arts (BOZAR).

 Etre journaliste au BIFFF

Participer au BIFFF comme journaliste, pour la première fois, c’est une sorte d’initiation. Comme pour un baptême d’adulte, il y a des étapes. Connaître d’autres journalistes et l’attaché presse vous ouvre déjà le chemin. Il faut s’inscrire, présenter son média pour obtenir son accréditation. Elle se mérite et ne vous ouvre pas toutes les portes. Pour cette première, ce sont surtout les séances de 14, 16 et 18h, mais pas toute une série d’activités réservées aux « initiés » ni les films de 20h ou 20h30. Il ne suffit pas de s’inscrire mais de participer et activement. Je songeais un peu aux sacrements de l’initiation chrétienne et à la vie chrétienne et je me suis dit que mutatis mutandis, c’était un peu « comme chez nous » !

Je vais donc relire volontairement ce Festival avec ce parallèle à l’esprit, quitte à forcer le trait et les comparaisons !

 Le temple du fantastique

Entrer à BOZAR en période de BIFFF, c’est un peu comme entrer dans une cathédrale ou une basilique au moment de Bruxelles-Toussaint 2006 (vous vous souvenez probablement de cet événement qui a marqué la vie chrétienne bruxelloise). On perçoit que derrière tout cela, cette ruche bourdonnante il y a de très nombreux mois de préparation mais également quantité de travail et de travailleurs, la plupart bénévoles. Le BIFFF, c’est un peu une liturgie qui permet la célébration d’une passion !
Et quelle passion ! Celle pour un cinéma de genre : fantastique, science-fiction, horreur, gore où le meilleur côtoie le pire (mais il en va ainsi dans une librairie ou chez un disquaire !). Un genre qui a ses fidèles qui participent à ces « messes » où ils peuvent se retrouver. Il y a peu d’enfants : sauf exceptions pour quelques films et activités pour les plus de six ou douze ans, c’est pour les plus de seize ans. Mais à partir de là, trois générations sont présentes. Ce ne sont pas que des geeks ! Il y en a, mais toutes les générations et secteurs d’activités sont représentés. De l’étudiant au médecin, du plombier au cadre bancaire, tous partagent une passion commune. Certains viendront des Ardennes ou de France pour la vivre avec d’autres. Une passion qui pourra donc être coûteuse pour certains : l’abonnement à toutes les séances, les frais de train et d’hôtel, de repas à Bruxelles, cela peut vite chiffrer. Je me mettais à rêver de chrétiens qui se passionneraient autant dans leur vie de foi, dans son actualisation dans leurs communautés, leur Unité pastorale.

 Quand la liturgie commence !

Voir un film au BIFFF est une expérience bien différente de celle vécue en séances traditionnelles. Et il faut ici souligner l’esprit d’ouverture de BOZAR à l’expression d’un septième art qui ici, dans ce genre, peut détonner… ou non ! Car, il en fut probablement de même pour certaines oreilles habituées à entendre Bach ou Mozart lorsqu’on leur proposa Steve Reich ou Arvo Pärt, par exemple.

Lorsque les fans se rassemblent, ils n’ont pas peur d’être les uns à côtés des autres. S’ils ne partagent pas du popcorn, en revanche, une même énergie les habite dans un rituel qui a dû prendre forme au cours des années. Rien n’est écrit mais celui qui vient d’arriver participera très vite à l’ambiance collective, même s’il n’en connaît pas toutes les règles ! Il y a donc, si l’on me permet, des fidèles, des ministres, des apôtres même (les fondateurs), des rites…

Dès l’ouverture, la fin du générique du festival se termine par un immense cri : « Welcome » venant de l’assemblée. Un peu comme notre Amen (je rêve que nous puissions mettre autant d’énergie dans notre participation comme peuple ce dimanche des Rameaux et de la Passion ou ce Vendredi-Saint pour crier « crucifiez-le » !). Un rite aussi : lorsqu’un réalisateur, un acteur, ou une équipe viennent présenter le film, il leur est demandé de conclure par une chanson. Et même si le chant manque parfois de justesse, cela sera apprécié par le public. Ne croyez pas que le film commencé, ce sera de tout repos. Dès le début, à chaque élément du générique des applaudissements fuseront de la salle. C’et comme cela, pour rien, pour la fête, pour le plaisir d’être ensemble, de la blague d’un jour qui est devenue rituel de toujours ! Ensuite, il y a quelques habitués qui manifesteront, parfois de façon bruyante et apparemment incongrue ! Cela aussi, c’est le spectacle : devant les yeux et dans la salle. J’avais été informé (Un peu comme Matt Damon dans une publicité célèbre : « Georges m’avait prévenu ! ») : mieux vaut participer aux projections publiques qu’à celles pour la presse !

Il y aura aussi des réactions durant le film : cris, commentaires, applaudissements, réflexions… L’enthousiasme est là, même (et parfois surtout) si le film est mauvais. En effet, si le film est vraiment très bon, les spectateurs peuvent vraiment être captivés et en communion avec l’œuvre qu’ils regardent. Et si le film est franchement nul (si, si, cela arrive !) il y aura eu le plaisir d’être ensemble, en terrain de connaissance, de se reconnaître (à tous le sens du verbe) dans une passion commune et partagée.

 Et chez nous !

Au sortir de salle, je suis donc interpellé. Il y a là quelque chose de quasiment religieux (à la fois comme lien : religare et comme rassemblement : relegere). Des hommes et des femmes, de tous âges, générations, provenance sociale, peuvent prendre du temps, de l’énergie, pour être ensemble, pour se retrouver dans le partage d’une passion et d’un bien commun. Je n’ai pu m’empêcher de faire d’autres liens, avec notre monde chrétien. Si nous pouvions vivre aussi intensément notre foi, nos célébrations, avec un tel enthousiasme : au-delà des pré carrés, des querelles de clochers, des heures de messes,… Si nous pouvions mettre une telle énergie pour construire plutôt que critiquer, un tel enthousiasme pour mettre nos forces au service de tous dans nos Unités pastorales… Quand je vois ce qui est possible au BIFFF pour que puisse se célébrer leurs passions, il n’est pas vain de se dire que ce ne doit pas être impossible pour nous !

 Un retour sur le Festival...

Le samedi 3 mai, je reviens sur l’antenne de RCF Bruxelles pour rendre compte de mon expérience du BIFFF, en dialogue avec Enzo Bordonaro.

(cliquez sur l’icône ci après afficher le lecteur audio pour entendre l’interview).

 Les liens

Le site
Le programme du BIFFF
Infos et coordonnées

 Les prix spéciaux :

  • Youth Jury prize : Figures (Miklos Keleti)
  • Fedex prize : Babysitting Story (Vincent Smitz)
  • La Trois prize : Interférence (John Danvoye)
  • Sabam prize & Be TV prize : Figures (Miklos Keleti
  • UPCB prize : Babysitting Story (Vincent Smitz)
  • And a special mention to Boules of Dead (Manuel Janssens)
  • The Silver Melies & The Grand Prize : Lilith (Maxim Stollenwerk)

 Les longs métrages

  • Audience prize : Witching and Bitching (Alex de la Iglesia)
  • 7th Orbit Award : LFO (Antonio Tublen)
  • A special mention for Wrong Cops (Quentin Dupieux)
  • Thriller Award : Monsoon Shootout (Amit Kumar)
  • Silver Melies : Let us Prey (Brian O’Malley)
  • Silver Raven : Rigor Mortis (Juno Mak)
  • Silver Raven : Horror Stories 2 (Min Kyu-dong, Kim Sung-ho, Kim Hui & Jung Bum-shik)
  • Golden Raven : Witching and Bitching (Alex de la Iglesia)
  • A special Mention for Control by Kenneth Bi



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