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CINECURE
L’actualité du cinéma sur RCF

CINECURE pas un blog mais le complément sur le web des émissions radio du même nom produites par Charles De Clercq pour la radio RCF en Belgique. Celui-ci est sensible aux émotions dont il se nourrit et aime analyser les rapport entre films et romans lorsque ceux-ci sont adaptés au cinéma.

Martin P. Zandvliet
Land of Mine (Under sandet)
Sortie le 25 janvier 2017
Article mis en ligne le 20 mars 2016

par Charles De Clercq
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Les enfants paient la faute des pères et les victimes se font bourreaux ! 93/100

Synopsis : Quelques jours après la capitulation de l’Allemagne en mai 1945, quelque 2000 jeunes prisonniers de guerre allemands ont été remis aux autorités danoises avec ordre d’enlever plus de deux millions de mines que les Allemands avaient placées dans le sable le long de la côte danoise. Dans des conditions effroyables, à mains nues, en rampant dans le sable, ces adolescents ont été contraints d’effectuer ces dangereux travaux. Très peu en sont revenus indemnes.

Acteurs : Roland Møller, Mikkel Følsgaard, Laura Bro, Joel Basman, Leon Seidel.

Primé lors des des 29e European Film Awards 2016

Land of Mine est un film basé sur des faits historiques danois qui ont été quasiment occultés. Nous vous proposons en fin d’article des liens qui vous permettront de prolonger votre réflexion. Ce film est le grand vainqueur du LuxFilmFest.

Dès le début du film, nous sommes confrontés à une violence, sourde, malsaine, celle d’un officier danois face aux Allemands vaincus que l’on évacue. Il y a un prix à payer pour l’agression, un prix qu’il veut faire payer à l’ennemi et qui se traduit par une violence qui est comme un miroir, un boomerang de celle que lui-même et/ou son pays ont subie.

Nous retrouvons ce sergent face à des jeunes gens, des gamins, ces jeunes Allemands, ils ont 14 à 16 ans et ont été enrôlés de force par les dirigeants nazis. Ils n’ont qu’un désir, rentrer chez eux, dans leur pays détruit et ce qu’il reste de leurs familles. Ils ne voulaient probablement pas de cette guerre, lourd et sombre héritage d’un passé douloureux. Et ces jeunes, ces enfants, sont chargés d’une tâche terrifiante et dangereuse : déminer les côtes, engrossées de mines par leurs pères. Elles sont nombreuses et mortelles. Ces jeunes adolescents sont là, à leur corps défendant pour accomplir une tâche surhumaine. Tout l’enjeu du film tiendra à cela. Les fils doivent payer les fautes des pères et les victimes deviennent bourreaux à leur tour. Feu René Girard pourrait écrire des choses là-dessus. Ces enfants sont les victimes expiatoires d’un péché qu’ils n’ont pas commis.

Là où un blockbuster aurait joint les effets spéciaux, les explosions à un surcroit de sentimentalisme ou de bons sentiments, le réalisateur a choisi ici une extrême sobriété. Il y aura peu de gros plans sur les mines qui explosent et les corps déchiquetés. Et pourtant, ils seront nombreux à perdre la vie sur le sable de ces plages maudites. Mais à l’horreur qui se déroule sur celles-ci, à l’extérieur, il en est un autre, à l’intérieur, où ces jeunes vivent un univers concentrationnaire. Ils sont enfermés et quasi affamés sans aucune compassion à attendre de celui qui les commande et des quelques rares habitants de la région.

Il nous est donné de voir et de vivre une radicale inuhumanité. Mais dans le plus sombre de ce qui se passe là, un espace s’ouvre pour une découverte d’humanité. Nous ne dévoilerons pas celle-ci. C’est qu’au sein des officiers (deux excellents acteurs : Roland Møller – Sgt. Rasmussen et Mikkel Boe Følsgaard – Captain Ebbe), des rivalités existent et l’un pourra s’ouvrir un espace de rédemption. Une ouverture aussi pour d’autres vers un avenir moins sombre, malgré la jeunesse irrémédiablement perdue par les horreurs de la guerre.

Ce film nous a beaucoup touché, tant par l’interprétation des antagonistes (les militaires danois mais également leurs compatriotes) et les acteurs qui interprètent le rôle de ces jeunes Allemands innocents (acteurs, dont des jumeaux, qui ont l’âge ou à peine plus que celui de leurs rôles). La tension humaine est palpable ainsi que l’inhumanité de certaines situations, le tout dans un climat d’une autre tension, très palpable, lorsque les mains, les doigts sont aux prises avec le sable et les bombes enfouies et que l’on est là, littéralement à quelques doigts de la mort. Une œuvre et une interprétation remarquable pour un film qu’il faut absolument voir.

Nous vous conseillons de lire ce document (en format pdf) : Land of Mine : un sombre chapitre de l’Histoire du Danemark (source) ainsi que l’interview du réalisateur.

Diaporama

Bande-annonce :


flèche Sur le web : Lien vers la fiche IMDB

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